Transitional - Nothing Real, Nothing Absent

Chronique CD album (33 minutes)

chronique Transitional - Nothing Real, Nothing Absent
Projet industriel-ambiant/drone mené par une entité bicéphale composée de Kevin Laska et Dave Cochrane (Jesu…), Transitional débarque avec son premier album.

Ce premier album de Transitional, tout comme n'importe quel autre album de drone d'ailleurs, est une véritable expérience sonore, un album qui se vit et se ressent plus qu'il ne s'écoute. Croisement étrange entre un Godflesh presque aérien et un Nadja plus excité, ce premier album des anglais de Transitional vient titiller nos sens dès le début. Pourtant, derrière ces deux influences quasi logiques se cachent des inspirations plus lointaines, géographiquement et temporairement parlant. La froideur des titres rappellent par moment Joy Division, tout comme l'utilisation des claviers fera penser au krautrock allemand et aux débuts de Kraftwerk.

Les effluves industrielles de "Nowhere Shining" nous mettent d'entrée de jeu dans l'ambiance, à la fois glaciale, oppressante et très urbaine. Parfaitement efficace et bien mixé, ce premier titre débute sur une montée lente et progressive en intensité laissant entrevoir une tempête sonore. Tempête déferlant avec des beats mid tempo d'une lourdeur accablante et une ambiance trippante à souhait. Le second morceau, nettement plus expérimental et bruitiste, concentré de drone pur, fait penser à la bande-son d'un David Lynch, angoissant et flippant. Le diptyque "This Paradise" repart sur des bases beaucoup plus nuancées, plus martiales et "tribales" à la fois. Pièce centrale de cet album, ce doublé est un brin plus éthéré, usant de voix (très en retrait), et mettant en avant un semblant de mélodie. Les vibrations métalliques et les effets de reverb' offrent un magma sonore lourd mais terriblement hypnotisant, rappelant les petites expérimentations décelées chez Nadja. Après quatre titres prometteurs le duo nous sert "Lustless", à nouveau du drone pur, hypnotique et effrayant à la fois. La montée progressive en intensité accompagnée des discrets beats indus mettent littéralement en transe. L'album se clôture sur "Abandonment", longue plage atmosphérique rondement bien menée, aux légères montées en tensions mettant mal à l'aise.

A nouveau un cd qui se vit et se ressent, un trip sensoriel sonnant parfois un peu comme la bande son de la fin du monde, une danse apocalyptique où nous serions les danseurs. Il est clair que le groupe maitrise parfaitement les règles du genre (encore heureux vu leur CV) et n'hésite pas à tenter quelques expérimentations sonores qui passent très bien. Cependant, ce "Nothing Real, Nothing Absent" reste un album très hermétique dans lequel seuls les initiés pourront s'y aventurer.
photo de DreamBrother
le 28/08/2008

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