Virus - Memento Collider

Virus - "Memento Collider"
chronique Virus - Memento Collider

Je suis un homme simple. J'entends du metal barré norvégien et je suis content. Virus est de retour après un Agent That Shapes The Desert remarquable et ça me met en joie. Toujours aussi décalés, la bande d'Oslo revient avec Memento Collider, à l'artwork, sobre et classe, une nouvelle fois réalisé par le Trine Og Kim Studio, avec une recette inchangée: des riffs qui donnent envie à mes copains guitaristes de s'arracher les cheveux un à un, d'en brûler le bulbe avec un briquet, puis de les manger; une batterie qui donnerait de la tachycardie à une Casio; un chant déclamatoire de maître Loyal sous acides qui est un motif de divorce dans mon couple. Si cette rapide description ne vous a pas (encore) rebuté, vous pouvez continuer prudemment poursuivre la lecture au paragraphe suivant.

 

Memento Collider est déjà le quatrième album du trio. Toujours adepte d'un rock avant-gardiste, le groupe opte une fois de plus pour un son de guitare qui pourrait paraître fluet voire pincé au metalleux lambda mais il s'accorde à merveille aux riffs tordus que se plaît à tricoter Czral, au style si caractéristique et identifiable dès la première mesure. Il permet également à la basse de pouvoir s'exprimer pleinement, rivalisant de complexité avec la six cordes. Dans une certaine mesure, cela n'est pas sans rappeler la manière de composer de Primus, si ces derniers n'avaient pas plongé dans la marmite funk mais le chaudron BM. Quelques plans empruntent au metal (la cavalcade qui sert de colonne vertébrale à "Afield" ou le riff central de "Gravity Seeker") mais à chaque fois un détail, une harmonique, une succession de notes, vient mettre un terme à toute impression de conformisme. Sjursø est un batteur au jeu particulièrement fin, intelligent, loin cependant de toute esbroufe, il n'est pas là, c'est sûr, pour en foutre plein la tronche à l'auditeur, mais pour se mettre au diapason des autres instruments.

 

Les six titres de Memento Collider sont longs, entre 7 et 11 minutes, mais leur construction est simple. Par rapport aux albums précédents, cette durée s’allonge, et ce n’est pas un mal. Le groupe évitant de rajouter la complexité des structures à la complexité des parties instrumentales. Cela lui permet de ne pas donner à l'album la densité d'un grøt pas assez cuit, étouffe-popeux (l'étouffe chrétien du metalleux) qui aurait du mal à passer et à être digéré. Le résultat est un disque bourré d’ambiances à la fois sombre et fun (au moins du 36è degré), exigeant mais jouissif.

 

Attention! Cet album est réalisé par des professionnels, n'essayez pas de le reproduire chez vous.

photo de Xuaterc
le 02/06/2016

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 02/06/2016 à 18:54:46

J'ai écouté une petite moitié d'album mais n'ai point tilté...

Xuaterc

Xuaterc le 03/06/2016 à 07:52:08

Tu seras puni

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