SCARVE - Interview du 02/09/2004

SCARVE (interview)
 
Une fois n'est pas coutume, peux tu nous présenter Scarve ?
Scarve est un gang de klébards mal dressés qui s'est constitué à Nancy fin 1993 sous l'impulsion de Patrick Martin (guitare) et moi-même. Au fil des années, on est passé de quatre à six, et le line-up a pas mal évolué, mais il est stable depuis quelques années maintenant. Hormis nous deux il y a donc Sylvain Coudret (guitare), Guillaume Bideau (chant), Loïc Colin (basse) et Pierrick Valence (chant). On a à notre actif quelques démos, le mini-CD « Six Tears Of Sorrow » (1996) ainsi que trois albums dont le dernier « Irradiant » est sorti chez Listenable en janvier 2004. Depuis 2002, on enchaîne les concerts en France et à l'étranger.

Peux tu nous expliquer d'ou vient le nom Scarve ?
Quand ce projet s'est concrétisé, je me suis creusé pour trouver un nom efficace, différent et qui signifie quelque chose à nos yeux. Scarve est une contraction des mots « scar » (cicatrice) et « to carve » (entailler), et nous lui avons donné la signification de « psycatrice », ce qui englobe le fond de mes textes où les questions typiquement canines… euh, humaines sont souvent à l'ordre.

Quelles sont vos influences ?
Quand on a formé Scarve, Pat et moi écoutions des groupes comme Coroner, Cynic, Death, Supuration, Morbid Angel, Napalm Death, Atheist, Loudblast, Carcass, Sepultura et Fear Factory. Mais notre but a toujours été de faire les choses à notre façon, et je crois sincèrement qu'aucune de nos réalisations ne porte des traces d'influences trop marquées. Chaque scarveux a ses propres goûts qui englobent tout un tas de styles différents. On a appris a s'exprimer à notre manière, tout en tenant compte de l'avis de chacun, et on sait où on va musicalement parlant.

D'ou est venu le choix d'avoir 2 chanteurs (Pierrick et Guillaume) ?
On a diversifié le chant dès notre première démo en 1994 : Fred Bartolomucci, notre chanteur initial, maniait le chant mélodique ainsi que les voix agressives. En 1997, Alain Germonville, qui était fan de Scarve et qui maîtrisait à fond les voix extrêmes, a proposé de se joindre à nous. On s'est dit que ça pourrait nous ouvrir des portes, musicalement comme visuellement, donc on a tenté le coup. Depuis, c'est devenu un peu notre marque de fabrique. Quand Fred a quitté Scarve en 1998, Guillaume s'est joint à nous. Idem pour Pierrick, qui a remplacé Alain juste après l'enregistrement de « Luminiferous » en 2001. On tient à la liberté et aux nombreuses possibilités qu'offre le fait d'avoir deux chanteurs, et on est aussi un groupe de potes, tout simplement.

Peux tu nous expliquer comment s'est passé l'enregistrement de « Irradiant » ?
On a passé cinq bonnes semaines en studio pour enregistrer et mixer « Irradiant ». Ca s'est bien déroulé car on avait déjà bossé avec Daniel Bergstrand sur nos deux premiers disques. La principale différence était que cette fois-ci, on a tout fait dans son studio Dug-Out en Suède, ce qui a permis à Daniel de s'impliquer davantage, notamment au niveau des arrangements de chant et des prises de son en général. A part ça, rester concentré des semaines durant n'est jamais facile, surtout avec six caractères canins comme les nôtres… mais hormis les inévitables tensions et autres engueulades, on s'est vraiment amusé. Et surtout, on est très satisfait du résultat !

Avez vous eu de bonnes retombées médiatiques ?
Oui, très bonnes dans l'ensemble, que ce soit en France ou à l'étranger. L'album a fini en bonne position dans plusieurs soundcheck et on a fait une tonne d'interviews un peu partout. On a aussi été surpris par les chroniques positives dans des pays comme l'Allemagne et l'Angleterre qui s'étaient montrés plutôt réticents à notre précédent cd « Luminiferous ». Ca prouve au moins qu'on a progressé, même si j'accorde personnellement assez peu d'importance à l'avis des journalistes. Ce ne sont que des avis après tout, même si ça fait plaisir de recevoir du soutien.

Comment se passe la tournée ?
Sans exception, les concerts ont été super ! Grâce au travail acharné de Listenable et de notre tourneur Bad, ainsi qu'au soutien de la presse et des webzines, on a eu la chance d'être sur de nombreuses affiches de qualité cette année. Les réactions du public nous ont vraiment donné la pêche, certains fans hurlant même les paroles de nos morceaux ! C'est un plaisir d'interpréter « Irradiant » sur scène, d'autant plus qu'on a maintenant une équipe technique de qualité qui nous permet de présenter un show plus pro que par le passé. Et puis, qui dit tournée dit ambiance festive, et de ce côté-là, on ne s'ennuie jamais car avec Scarve, il se passe toujours des trucs incroyables ! Demandez donc à Laurent de Listenable…

En parlant de tournée, revenons a la polémique du FuryFest, peux tu nous expliquer (brièvement) ce qui vous est arrivé ?
Le dimanche matin, l'équipe technique de Slipknot a largement dépassé les horaires de balance qui lui étaient alloués, ce qui a foutu la zone dans tous les horaires de la journée. Concrètement, notre concert a failli être réduit de trente à vingt minutes, mais à force d'insister, on a pu jouer les huit morceaux prévus. Par contre, notre linecheck (mini-balance juste avant le concert) s'est vu très écourté, avec un son moyen et des samples inexistants comme résultat. D'autres groupes ont dû carrément tailler dans leur setlist, et beaucoup de fans n'ont pas pu voir tous les groupes qu'ils voulaient à cause des horaires décalés. Personnellement, je trouve exagérée la réaction violente du public durant le set de Slipknot, mais on a tous été déçu par une telle attitude de la part d'un groupe qui a pourtant l'habitude de fréquenter les festivals où les horaires sont toujours serrés.

Le show fut il a la hauteur de vos espérances ?
Oui, ce fut malgré tout un très bon concert dont on garde un excellent souvenir ! Dans la presse et sur le web, le Fury Fest 2004 se résume trop souvent à « l'incident Slipknot »… Des groupes qui se font huer et prendre pour cible, ça existe depuis toujours, alors il faut arrêter de dramatiser. Les fans français sont loin d'être des monstres, et au moins, cette fois-ci, ils ont clairement donné leur avis. Le Fury, c'était avant tout trois jours de bonheur pour les fans de metal et de hardcore, et on attend avec impatience l'édition 2005 !

Comment le Graspop s'est–il passé ?
Très bien également. C'est un pur bonheur de pouvoir jouer sur de telles scènes et dans de bonnes conditions. De plus, la tente où on jouait était bien remplie durant tout notre concert, et l'accueil était franchement chaleureux et enthousiaste. On a reçu pas mal de messages de fans suite au Graspop, ce qui nous fait bien sûr très plaisir. Et croiser Lemmy backstage, ben, ça le fait !

Question plus générale, êtes vous satisfait des festivals ou vous avez joués ?
Oui, même si à Dour par exemple, on était le seul groupe metal sur une affiche plutôt hardcore. Le Knockout en Suisse était très marrant aussi, on a pu y découvrir des formations excellentes comme Forceed, ou encore voir à l'œuvre Nils Petter Molvaer dont Pat et moi sont fans. L'avantage des festivals est qu'on y touche un public qui ne nous connaît pas forcément… et aussi qu'il y a toujours de l'alcool a volonté, hehe !

Question plus personnelle à toi Dirk : je sais que tu as joué avec Soilwork, peux tu nous expliquer ce qui t'est arrivé ? La tournée au Japon s'est-elle bien passée ?
Un jour, Peter de Soilwork m'a appelé en me proposant de les dépanner le temps d'une tournée européenne en tête d'affiche. Mon planning me le permettant, je n'ai évidemment pas hésité une seconde, et j'ai passé cinq semaines de folie avec eux sur la route. Le courant est très bien passé avec tout le monde, y compris avec les gars de The Forsaken qui ouvraient pour nous, et Peter m'a par la suite rappelé pour me proposer de faire huit dates en Australie et au Japon. Cette deuxième tournée était monstrueuse, très dépaysante et complètement cinglée… Des vacances payées, en somme ! Au Japon, il y avait aussi les gars de Dark Tranquillity, et les soirées étaient pour le moins décadentes ! Récemment, j'ai aussi fait les festivals d'été avec Soilwork, et c'était un vrai régal de jouer au With Full Force devant plus de 15000 personnes, ou encore au Tuska (Finlande) et au Roskilde (Danemark).

Bossez-vous sur le futur album ? Ou c'est encore trop tôt pour y penser ?
On a récemment commencé a élaborer quelques idées, et la séance studio est déjà planifié pour l'été 2005. Pour le moment, on prend un peu de vacances chacun de notre côté, car les derniers mois ont été intenses. De plus, Sylvain vient tout juste d'être papa ! Mais on va reprendre la composition de façon intensive dès la rentrée.

Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Encore pas mal de concerts, dont notamment l'Elysée Montmartre le 1er novembre, ainsi que des dates en Suisse, en Hollande et en Scandinavie si tout va bien. Puis en janvier prochain, Listenable rééditera notre premier album « Translucence » agrémenté de bonus, de nouveaux graphismes ainsi que d'un DVD sur lequel on travaille en ce moment. Il y a encore d'autres choses en chantier, mais on dévoilera ça un peu plus tard…

Avez vous un dernier mot pour les lecteurs de Core and Co ?
Qu'est-ce que vous faites encore ici ? Mais arrêtez donc de lire des trucs inutiles ! Sérieusement, continuez de soutenir les groupes que vous aimez, c'est vous qui les faites vivre en achetant leurs albums, leurs t-shirts et en allant les voir sur scène ! Merci à COREandCO pour cette interview.
le 10/03/2005

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