
Style : Musique inclassable et barrée
Année : 2010
Tracklist :
01. Core DelusionLabel : Southern Records
Il suffit d’un rapide coup d’œil sur n’importe laquelle de leurs photos pour comprendre qu’avec Chrome Hoof, il y a peu de chance d'avoir droit à une virée à bord d'un bolide thrash teuton, ou de célébrer une messe noire dans une crypte black metal poussiéreuse. Non, au vu de leur touche Sebkha Chott meets Boney M période « Nightflight to Venus », on se doute qu’il y a anguille sous roche, voire carrément barracuda sous galet. La bio du groupe nous confirme d’ailleurs rapidement ce pressentiment: démarré sous forme d’un duo électro par Leo Smee – le bassiste de Cathedral – et son frangin Milo, la formation a progressivement élargi son champs d’action pour devenir un véritable collectif rassemblant pas moins de 9 musiciens, 18 artistes supplémentaires ayant par ailleurs été mis à contribution lors de l’enregistrement de « Crush Depth », 3e tome de leur discographie.
Allez, soyons fair-play et procédons d’emblée à un écrémage visant à ne se concentrer que sur le cœur de cible de nos troubadours de l’espace intersidérant: sache, ami lecteur, que la musique proposée par Chrome Hoof est aussi éloignée du metal traditionnel que peut l’être la râpe à fromage de la panoplie de l’amateur de SM extrême. Pour schématiser, les deux mondes ne sont pas directement liés ... Bien qu'il existe d’évidentes interconnexions pour qui a l’esprit suffisamment tordu pour les entrevoir. Le groupe nous met d'ailleurs sur la voie en nous donnant quelques gages évidents de metallitude, notamment à travers la quasi omniprésence du trio batterie / basse / guitare électrique – colonne vertébrale du sex, drugs & rock’n’roll de base – ainsi que sur le morceau « Third Sun Descendant » qui propose une sorte de heavy sombre entrecoupé de brutales éruptions punk/hardcore – lors desquelles Miss Lola crame de la corde vocale à la douzaine. Mais dans l’absolu, au cours de la petite heure que dure l’album, vous vous retrouverez surtout à nager dans des eaux bien plus profondes, plus troubles et plus éloignées des rivages familiers que lors de votre bain métallique quotidien.
Bon, il va peut-être être enfin temps de tenter la description du schmurtz en question. Chrome Hoof pratique donc une musique que l’on pourrait qualifier de rock expérimental, dans un esprit – et avec un impact – se rapprochant plus ou moins de celui des hurluberlus de Sleepytime Gorilla Museum. Et pour parvenir à créer ce subtile nectar sonore, nos zoziaux mélangent une flopée d'ingrédients dont voici une liste non ordonnée, et forcément non exhaustive:
Ça y est, vous commencez à la visualiser la soucoupe volante Chrome Hoof, toute de metal brillant vêtue, avec ses néons fluos qui clignotent et son intérieur tapissé de papier-peint à gros motifs orange-jaune-marron? Eh bien pour avoir le tableau complet il vous faudra encore imaginer, trônant au milieu du poste de commande de ce spaceship rococo, une black diva flashy – Lola Olafisoye de son petit nom – au registre zigzagant entre Skin de Skunk Anansie et Agnete de Animal Alpha, le tout passé dans un filtre Mr Bungle / soul vintage. Comment? "Ça devient n'importe quoi ton histoire" dites-vous? On peut dire ça, en effet, oui...
Bref, sur « Crush Depth » les anglais aux sabots chromés nous proposent ce qui pourrait s’apparenter à la B.O. d'un « Barbarella » version 2010. De la multiplicité des ingrédients dont est faite leur musique, ils tirent des morceaux aux registres très différents les uns des autres, tout en réussissant à maintenir une véritable cohésion d’ensemble. Entre la chansonnette enfantine déviante de « Labyrinth », les faux airs de générique de série 80’s au début de « Sea Hornet », la touche jazzy / électro de « Mental Peptides », l’épisode indus party gothique à 3:13 sur le long « Witch’s Instruments … » et le mega tube house old school « Deadly Pressure », le groupe emprunte mille détours mais s’en revient toujours miraculeusement à sa trajectoire initiale, maintenant le cap stylistique sans trop avoir à forcer sur le gouvernail. Chrome Hoof nous ballade comme une boule de flipper dans un univers à la fois sombre et hyper coloré, jusqu’à ce que tout cela finisse par sembler séduisant, étrangement familier même, bien que recélant de nouvelles surprises dans chaque recoin. Être exposé à cet album constitue une expérience unique, un peu perturbante d'ailleurs, mais funky en diable, ce que seule une écoute directe pourra vous permettre d’appréhender véritablement.
Oui, c'est bien ça: autant dire que cette (trop) longue chronique est finalement assez vaine …


Sam le 17/11/2010 à 12:59:29
IP : 90.23.179.194
J'écoute "Crystalline" et je trouve ça éprouvant et pas forcément agréable à écouter...


cglaume le 17/11/2010 à 13:37:48
IP : 90.80.1.65
C'est sûr que c'est pas de la musique qui caresse dans le sens du poil; mais ça s'aborde assez facilement - on n'est pas sur un mur de son drone, une déflagration grind ou un truc tout en dissonance. Ca reste quand même très disco. Après c'est très spé', c'est clair ! :)


Noir le 20/07/2011 à 13:37:02
IP : 82.245.97.30
En concert à Paris le 19 septembre, et oui!
http://www.facebook.com/event.php?eid=176634232396571


cglaume le 20/07/2011 à 21:20:28
IP : 83.157.57.25
Merci de l'info Mr Noir ;)
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Pidji le 17/11/2010 à 10:08:52
IP : 93.0.30.2
J'ai écouté ce disque : c'est beaucoup trop barré pour moi héhé ! Mais c'est plutôt bien foutu.