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Chrome Hoof - "Crush Depth"

Chrome Hoof - "Crush Depth"
chronique Chrome Hoof - Crush Depth
8/10 0

écouter "Crystalline"


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CD album CD album (59:01)

 

Style musical : 

Musique inclassable et barrée

 

Année : 

2010

 

Tracklist :

01. Core Delusion
02. Crystalline
03. One Day
04. Labyrinth
05. Sea Hornet
06. Mental Peptides
07. Bunkers Paradise
08. Towards Zero
09. Witches Instruments And Furnaces
10. Third Sun Descendent
11. Deadly Pressure
12. Vapourise (Instrumental)
13. Anorexic Cyclops

 

Label : 

Southern Records

 

Lieu d'enregistrement : 

Battery Studios
Dans le même style :
Uncle Acid & The Deadbeats - The Night Creeper

Il suffit d’un rapide coup d’œil sur n’importe laquelle de leurs photos pour comprendre qu’avec Chrome Hoof, il y a peu de chance d'avoir droit à une virée à bord d'un bolide thrash teuton, ou de célébrer une messe noire dans une crypte black metal poussiéreuse. Non, au vu de leur touche Sebkha Chott meets Boney M période « Nightflight to Venus », on se doute qu’il y a anguille sous roche, voire carrément barracuda sous galet. La bio du groupe nous confirme d’ailleurs rapidement ce pressentiment: démarré sous forme d’un duo électro par Leo Smee – le bassiste de Cathedral – et son frangin Milo, la formation a progressivement élargi son champs d’action pour devenir un véritable collectif rassemblant pas moins de 9 musiciens, 18 artistes supplémentaires ayant par ailleurs été mis à contribution lors de l’enregistrement de « Crush Depth », 3e tome de leur discographie.

 

Allez, soyons fair-play et procédons d’emblée à un écrémage visant à ne se concentrer que sur le cœur de cible de nos troubadours de l’espace intersidérant: sache, ami lecteur, que la musique proposée par Chrome Hoof est aussi éloignée du metal traditionnel que peut l’être la râpe à fromage de la panoplie de l’amateur de SM extrême. Pour schématiser, les deux mondes ne sont pas directement liés ... Bien qu'il existe d’évidentes interconnexions pour qui a l’esprit suffisamment tordu pour les entrevoir. Le groupe nous met d'ailleurs sur la voie en nous donnant quelques gages évidents de metallitude, notamment à travers la quasi omniprésence du trio batterie / basse / guitare électrique – colonne vertébrale du sex, drugs & rock’n’roll de base – ainsi que sur le morceau « Third Sun Descendant » qui propose une sorte de heavy sombre entrecoupé de brutales éruptions punk/hardcore – lors desquelles Miss Lola crame de la corde vocale à la douzaine. Mais dans l’absolu, au cours de la petite heure que dure l’album, vous vous retrouverez surtout à nager dans des eaux bien plus profondes, plus troubles et plus éloignées des rivages familiers que lors de votre bain métallique quotidien.

 

Bon, il va peut-être être enfin temps de tenter la description du schmurtz en question. Chrome Hoof pratique donc une musique que l’on pourrait qualifier de rock expérimental, dans un esprit – et avec un impact – se rapprochant plus ou moins de celui des hurluberlus de Sleepytime Gorilla Museum. Et pour parvenir à créer ce subtile nectar sonore, nos zoziaux mélangent une flopée d'ingrédients dont voici une liste non ordonnée, et forcément non exhaustive:

  • une composante post-disco / proto-électro dans l’esprit des « Funky Town » (Lipp Inc) et autres « Pop Corn » (Anarchic System)
  • des ambiances se parant régulièrement de couleurs sombres, voire inquiétantes, avec mal à l’aise vicieux et tortillons retors de série
  • un univers SF bien kitch – son cyber cookie monster d’opérette, ses aliens à paillettes et ses OVNIs clinquants
  • une touche funky quasiment omniprésente, amenée par la batterie et – surtout – la basse
  • les interventions régulières d’un violon utilisé de manière assez peu classique, ainsi que d’un saxo, voire de temps à autres d’orchestrations plus conséquentes           
  • une couche psychédélique qui va de la simple émission de grosses bulles roses (par exemple sur tout le début de « One Day ») au bad trip sous LSD (la fin de « Towards Zero ») en passant par la séance « je plane en écoutant The Doors » (sur le dernier tiers de « Sea Hornet »)

Ça y est, vous commencez à la visualiser la soucoupe volante Chrome Hoof, toute de metal brillant vêtue, avec ses néons fluos qui clignotent et son intérieur tapissé de papier-peint à gros motifs orange-jaune-marron? Eh bien pour avoir le tableau complet il vous faudra encore imaginer, trônant au milieu du poste de commande de ce spaceship rococo, une black diva flashy – Lola Olafisoye de son petit nom – au registre zigzagant entre Skin de Skunk Anansie et Agnete de Animal Alpha, le tout passé dans un filtre Mr Bungle / soul vintage. Comment? "Ça devient n'importe quoi ton histoire" dites-vous? On peut dire ça, en effet, oui...

 

Bref, sur « Crush Depth » les anglais aux sabots chromés nous proposent ce qui pourrait s’apparenter à la B.O. d'un « Barbarella » version 2010. De la multiplicité des ingrédients dont est faite leur musique, ils tirent des morceaux aux registres très différents les uns des autres, tout en réussissant à maintenir une véritable cohésion d’ensemble. Entre la chansonnette enfantine déviante de « Labyrinth », les faux airs de générique de série 80’s au début de « Sea Hornet », la touche jazzy / électro de « Mental Peptides », l’épisode indus party gothique à 3:13 sur le long « Witch’s Instruments … » et le mega tube house old school « Deadly Pressure », le groupe emprunte mille détours mais s’en revient toujours miraculeusement à sa trajectoire initiale, maintenant le cap stylistique sans trop avoir à forcer sur le gouvernail. Chrome Hoof nous ballade comme une boule de flipper dans un univers à la fois sombre et hyper coloré, jusqu’à ce que tout cela finisse par sembler séduisant, étrangement familier même, bien que recélant de nouvelles surprises dans chaque recoin. Être exposé à cet album constitue une expérience unique, un peu perturbante d'ailleurs, mais funky en diable, ce que seule une écoute directe pourra vous permettre d’appréhender véritablement.

Oui, c'est bien ça: autant dire que cette (trop) longue chronique est finalement assez vaine … 

photo de Cglaume
le 17/11/2010

Commentaires

Pidji

Pidji le 17/11/2010 à 10:08:52

IP : 93.0.30.2

J'ai écouté ce disque : c'est beaucoup trop barré pour moi héhé ! Mais c'est plutôt bien foutu.

Sam

Sam le 17/11/2010 à 12:59:29

IP : 90.23.179.194

J'écoute "Crystalline" et je trouve ça éprouvant et pas forcément agréable à écouter...

cglaume

cglaume le 17/11/2010 à 13:37:48

IP : 90.80.1.65

C'est sûr que c'est pas de la musique qui caresse dans le sens du poil; mais ça s'aborde assez facilement - on n'est pas sur un mur de son drone, une déflagration grind ou un truc tout en dissonance. Ca reste quand même très disco. Après c'est très spé', c'est clair ! :)

Noir

Noir le 20/07/2011 à 13:37:02

IP : 82.245.97.30

En concert à Paris le 19 septembre, et oui!

http://www.facebook.com/event.php?eid=176634232396571

cglaume

cglaume le 20/07/2011 à 21:20:28

IP : 83.157.57.25

Merci de l'info Mr Noir ;)

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