Aborted - Strychnine.213

Aborted - "Strychnine.213"
chronique Aborted - Strychnine.213

Au delà de l'idée macabre d'appeler son album "Strychnine.213" (faisant reference au mode opératoire d'un tueur en série nommé Jeffrey Dahmer), Aborted nous livre, comme à son habitude, un album sombre et brut. Brut et sombre à l'instar de ses prédécesseurs qui marquera les esprits assurément.

Si le petit virage musical abordé par "Slaughter And Apparatus" avait laissé les amoureux de brutalité "pure" quelque peu déçus, ces mêmes fans risquent de faire la grimace. En 1min46, l'introduction "Carrion" annonce la couleur, rapidement plongés dans une ambiance lourde portée par une basse parfaitement audible (comme sur "The chyme congeries" ou "Enterrement of an idol" ou "Avarice of vilification") , un riff qui reste déjà en tête aidé par une guitare rythmique très présente, un chanteur qui en impose déjà, et une batterie qui mène la barque. Si "Ophiolatry" propose des sonorités limite suédoises, agrémentées de passages growlesques des plus efficaces. La grande nouveauté qui ravira autant qu'elle surprendra et rebutera d'autre et le son. La production bien grasse des Goremageddon and co a bien disparu. Place à la propreté, chaque instrument sonnant parfaitement. Le plus impressionnant demeurant le son et le jeu de la batterie porté par les larges mais néanmoins jeunes épaules d'un garçon talentueux. Les plus grands passages sont ponctués d'inévitables blasts, d'une intro pour "Enterrement of an idol" du meilleur effet (avec une double pédale syncopée des plus entrainantes). Mais les changements de rythmes sont également tout l'attrait de cet album, les structures assez alembiquées font mouches, chaque écoute offrant un nouveau visage à chaque titre. Les fondamentaux ne sont cependant pas oubliés, le meilleur symbole étant "A murmer in decrepit wits". Débutant par un sample de film, mais là encore une évolution marquante propose un arpège plutôt mélodique rapidement rattrapé par un riff plus lourd aux accents rock'n'rollesques. Si le growl à l'ancienne est bien présent, le chant criard n'est pas délaissé (il en va de même pour "Hereditary band" dans lequel l'alternance des deux chants est trés flagrante et réussie). La seconde partie de cet album plus brutale et plus rapide est sans aucun doute la plus intéressante, "Enterrement of an idol" se dégageant comme étant le meilleur morceau des dix proposés. "Hereditary band" dont le rythme effréné redonnera le sourire aux amoureux du crissing cord qui était apparu furtivement une fois auparavant. Le riff hyper tranchant de "Avarice of vilification" et le groove de "The obfuscate" chaufferont à blanc les nombreux fans des belges.

"Strychnine.213" s'achève après 37 minutes très travaillées, donc brutales mais pas uniquement...Une certaine homogénéité se fait sentir, sans doute en raison de riffs parfois trop ressemblants, mais l'ensemble n'en reste pas moins réussi. Aborted sait se renouveler et évoluer sans négliger la brutalité qui a fait leur réputation. Une réputation qui grandira sans doute si quelques curieux se penchent sur cet opus.

photo de Tookie
le 30/06/2008

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