Anti-Flag - 20/20 Vision

Chronique CD album (32:40)

chronique Anti-Flag - 20/20 Vision

Est-il encore nécessaire de présenter un combo aussi emblématique qu’Anti-Flag. A priori non ! A moins que vous n’ayez vraiment aucun intérêt pour la scène Punk Américaine. Et même sans ça, vous avez tous un jour au moins une fois entendu parler du combo ne serait-ce que pour son nom clinquant. Aussi, vous imaginez bien qu’au pays de l’Oncle Sam, là où le Nation Porn semble avoir été inventé, le combo et son nom un tantinet chafouin ne font pas vraiment l’unanimité. Anti-Flag a pourtant été pendant de longues années le groupe fer de lance d’une scène Punk contestataire avec comme caractéristique majeure un Anti-Establishment forcené et systématique. Des albums comme Underground NetworkFor Blood And Empire ou encore The Terror State ont su à l’époque faire rentrer le groupe dans la légende tant leurs propos incendiaires et révoltés s’incarnaient héroïquement dans leurs compositions. Des morceaux pêchus, aux mélodies imparables et avec une grande force de persuasion au chant. Une fois ces piliers installés durablement dans le paysage Punk-Rock Américain, Anti-Flag s’autorise des orientations plus Poppy avec cette fâcheuse tentation de vouloir faire un Punk plus grand public ; contrariant au passage sa fan base qui a pu voir d’un mauvais œil cet accès de consensualité. Une tendance qui « malheureusement » se confirme une fois n’est pas coutume sur son nouveau LP 20/20 Vision.

 

20/20 Vision s’ouvre sur un discours de Donald Trump, le ton est donné, le groupe devrait une fois de plus rager tout azimut contre l’administration Trump et sa politique Anti-sociale et Xénophobe. Sur ce point le groupe respecte toujours autant les engagements à partir desquels il s’est fait connaître. Très gaucho-friendly, 20/20 Vision appelle à la lutte sociale et à l’anti-fachisme, au sursaut contestataire du peuple, à la destruction du mouvement suprémaciste blanc, à l’ouverture des frontières etc., Que des intentions et messages politiques qui flatteront l’Anarcho-punk qui sommeil depuis bien trop longtemps en toi.

 

Et du coté des compos ça dit quoi ? Bah malheureusement que cet album n’a rien de fifou. « Hate Conquers All » nous donne déjà un aperçu quant à une production qui s’annonce nette et proprée. Certes qui fait très bien sonner l’ensemble mais de manière tellement générique. Putain !! C’te disto sur « Hate Conquers All », on dirait franchement celle choisie aléatoirement sur Sonic Higways des Foo Fighters. Elle est lissée maiiiis lissée !!! Putain sérieux les gars, le propre d’une disto s’est d’avoir un minimum de grain ; même ma classique en y jouant des arpèges a plus d’aspérités à l’oreille. Alors c’est cool, c’est tout propre mais ça sonne comme sur American Fall à savoir avec rien qui dépasse et sans aucune âme. Bref pour la prod de 20/20 Vision on repassera…

Certains morceaux sont quand même plutôt sympas. Quelques fulgurances Hardcore sur « A Nation Sleep » avec son tempo et ses breaks à la limite du renversant et du jubilatoire sauvent un ensemble vraiment plat. Les couplets de « Don’t Let The Bastards Get You » ressemblent à s’y méprendre à ceux de « I Fought The Law » des Clash, intentionnelle ou pas cette repompe est réussie.

Coté foireux on retrouve la folk song « Un American », ratée parce qu’insipide, cucul à souhait et à la limite du parodique ; le titre éponyme de l’album et son Outro ne sont pas en reste non plus à ce propos.

 

Certes cet album à quelques qualités, l’énergie et l’engagement déployés par les membres d’Anti-Flag sont toujours au rendez-vous, l’efficacité de certaines compos « A Nation Sleep », « It Went Off Like A Bomb », « Make Me Sick » nous rappelle à quel point le groupe peut se balader à l’écriture et profiter de son background oldie.

Et pourtant, 20/20 Vision pâtit de sa production bien trop propre et bien trop lissée pour faire de lui l’album du renouveau et pour crier au retour nostalgique de l’Anti Flag d’antan. 20/20 Vision confirme bien, avec son lot de chœurs sirupeux, sa production policée et ses compositions bien trop gentillettes, la tendance Punk Rock FM prise par le groupe, et ce malgré une radicalité politique toujours assumée et vigoureusement incarnée. Et c’est bel et bien là que le bât blesse, dans ce décalage entre des intentions subversives et une esthétique mainstream qui finalement fait sonner faussement le groupe.

photo de Freaks
le 13/01/2020

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 13/01/2020 à 12:10:52

Ta conclusion peut s'appliquer à tous les albums que je connais d'eux. Pas punk et encore moins street punk sur la forme oui.

Freaks

Freaks le 13/01/2020 à 13:08:20

Rrroo "Pas Punk..."?? comme tu y vas Cromy
Ça fait pourtant Poum Tchak-Poum Tchack... sur certaines mesures, et puis les crêtes enfin... ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 13/01/2020 à 18:00:05

Pas mal de trucs peuvent faire: "Poum Tchak-Poum Tchack". ^^

Freaks

Freaks le 13/01/2020 à 19:34:24

Oui peut être mais pour la crête le trueiste Cristiano Ronaldo me donne raison..
Ton déni a assez duré Cromy Aha ;)

Seisachtheion

Seisachtheion le 15/01/2020 à 15:36:18

https://m.youtube.com/watch?feature=emb_title&v=sfcrEEacXek#menu

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

HASARDandCO

Slutbox - Made in US
Mugison - Mugiboogie