Krisiun - Arise From Blackness

Krisiun - "Arise From Blackness"
chronique Krisiun - Arise From Blackness

Krisiun l'avait promis, Krisiun l'a fait… La réédition des premiers nés du groupe se faisait attendre depuis des années, c'est aujourd'hui chose faite. Réjouissez-vous mes bien chers frères, on va se prendre une grosse baffe poussiéreuse à souhait!!! Allez hop: glosons!

 

Le passé de Krisiun a toujours été drapé d'un certain mystère, il est en effet très difficile de se procurer les enregistrements du groupe datant d'avant Black Force Domain (mais, on me dit dans l'oreillette que cette perle de sauvagerie est elle aussi chaude à trouver à un prix raisonnable). Stocks épuisés, démos perdues dans les méandres de la scène Brésilienne des années 90 et spéculateurs faisant monter les enchères jusqu'à des sommets ridiculement exorbitants; j'avais par exemple vu le vinyle de Unmerciful Order version originale tourner autour des 900$ …. Pour poser l'oreille sur les premiers Krisiun, il fallait avoir un portefeuille dodu ou montrer patte blanche pour connaître un type qui connaissait un type qui connaissait un type qui connaissait un Gollum qui daignerait bien vous les copier sous le manteau en échange du numéro de téléphone d'une gothopouf à la cuisse légère ou d'une bouteille de spiritueux…

 

Ce pénible parcours du combattant a permis aux vieux Krisiun d'acquérir une certaine aura autant qu'un statut de "Culte". Je me souviens de la vitesse à laquelle j'étais rentré chez moi le jour où j'ai enfin eu le Saint CDR contenant les précieuses reliques ignominieusement piratées! Nerveux comme un gamin en face du sapin! Mais quelle jouissance de poser les oreilles sur le Graal après une telle quête!!! Bref, on s'en tape...

 

Désormais, tout ceci est terminé. Krisiun a mis un terme à ces simagrées et aujourd'hui tout le monde peut découvrir et se délecter des premiers bébés du groupe… mais il faudra avoir les oreilles solidement accrochées aux valseuses… ou aux ovaires, sur Core And Co, pas de sexisme!

 

On se retrouve embarqué dans la jeunesse de ce mythe qui a forgé presqu'à lui tout seul l'identité de la scène Sud Américaine en générale et Brésilienne en particulier. On retrouve toute la hargne juvénile d'un groupe culte, la sincérité viscérale d'une formation alors anonyme qui a bâtit sa notoriété sans se soucier des modes ou des tendances. Krisiun n'a jamais été porté sur les courbettes ou les compromis, il dirige sa barque comme il l'entend, il est devenu l'archange d'une brutalité absolue, sans concession aucune, leur musique est intransigeante, despotique, tyrannique, inexorable. Au fil des ans, leur style s'est affiné pour devenir pur, au commencement… c'était différent… totalement différent…

 

La précision chirurgicale actuelle, la maestria virtuose, la sophistication dans la violence, tout ça, il y a vingt ans, c'était encore au stade embryonnaire! Au début des années 90, Krisiun dégobillait un Brutal Death Metal ultra sauvage, primaire, primitif, élémentaire, chaotique et incroyablement bordélique! Difficile de croire que ces sauvages hirsutes et teigneux soient devenus les gentlemen hirsutes et teigneux que nous connaissons aujourd'hui!

 

Aucune finesse, aucune maîtrise technique, aucune subtilité, aucune trace de souplesse, le Krisiun de l'époque sortait des cavernes et éclatait de son gourdin massif tout ce qui passait à portée de blasts en vrac, de riffs de traviole, de voix étranglées de haine et de solos douteux! Des bourrins au ras des pâquerettes, des brutes épaisses et mal dégrossies… Oui, mais quelle vigueur par Hadès! Et qu'Hadès m'étale si je me trompe (mon humour me fascine), mais ce Krisiun rugueux avait déjà tout ce qu'il faut! Une telle débauche de fureur n'avait plus été entendue depuis le Feasting The Beast de Deicide. Fauché, sans moyen, sans artifice, Krisiun a forgé son Death Metal dans l'authenticité la plus évidente. Bien entendu la touche Krisiun n'était alors pas encore clairement définie, on ressent tout au long des titres l'influence de Morbid Angel, Deicide ou Sepultura ainsi qu'une grosse plâtrasse de Thrash couillu sauce Sodom ou Possessed. Pas besoin de se secouer la tige pendant trois plombes: on est bel et bien au cœur des années 90, l'âge d'or du Death Metal!!!

 

Niveau technique, si Krisiun est synonyme de virtuosité, jadis, on était plus proche de Venom… voyez-vous? Bordélique à souhait, les titres sont cousus de pains, de couacs et de fausses notes! Pas grave: on tabasse encore plus pour gommer les merdes!!! De toutes façons, Krisiun n'avait pas un radis pour refaire 500 prises de studio. Unmerciful Order comme Curse Of The Evil One sont des premières giclées: généreuses, intenses et incontrôlables, c'est pas toujours finaud, mais c'est vrai! Et paf!

 

Chaotique jusqu'au trognon, sauvage et ultra bestial, Arise From Blackness est un must indispensable au fan de Krisiun, au fan de Death Metal et à quiconque aime se beurrer les tympans d'un velouté de férocité. Le son est bien évidemment succulemment dégueulasse et plus on remonte le temps, plus la production est moisie! Ha quel panard! L'orgasme n'est pas loin….

 

Le seul défaut de cette réédition c'est qu'elle ne contient "que"  Unmerciful Order et Curse Of The Evil One… Franchement, on était bien partant pour se manger le reste du grenier: The Plague, Rises From Black et autres douceurs au son encore plus crado… mais bon… c'est déjà classe!


J'abrège mon pâté: un disque INDISPENSABLE!!!  

photo de Cobra Commander
le 06/11/2012

2 COMMENTAIRES

sepulturastaman

sepulturastaman le 06/11/2012 à 19:46:50

C'est remasterisé ou dans son jus ???

Cobra Commander

Cobra Commander le 06/11/2012 à 23:37:57

Du 100% pur terroir! Crado à souhait!

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