Bile - Built to fuck, born to kill

Chronique mp3 (41:26)

chronique Bile - Built to fuck, born to kill

Attention Légende !

Cet été 2013 voit le retour de Bile (en autoproduction!). Aussi inattendu que surprenant la bête de Krztoff, le leader, n'est pas morte et d'ailleurs lui non plus !

 

Bile, c'est l'indus-metal malade des années nonante ! Quand l'Amérique décide de sauver le monde avec des frappes chirurgicales, invariablement, une flopée d'individus s'enferment dans leurs caves pour délivrer des albums violents et totalement débridés. Aux côtés de Ministry et Nine Inch Nails, rapidement désignés porte-parole de la cause avec leur ultime Psalm 69 pour le premier et Downard the Spiral pour le second, on retrouve My Life with the Thrill Kill Kult son dérangé Confessions of a knife et Bile et son terrifiant Technowhore. Si MLWTTKK (hé oui) a bénéficié de l'ombre bienveillante et des bouteilles de champagne du Père Al, Bile se démerde tout seul pour exister. Son plus, un jusqu'au boutisme inaltérable et des thèmes sulfureux qui allèchent les pervers de tout poil, tant sexe sauvage, drogues et mutilations sont au programme.

Comme pour les trois autres, Bile est le projet d'un seul homme Krztoff et comme pour ses illustres collègues, il est lui aussi bien accompagné. L'entité va faire trembler les bas-ventres sous l'impulsion du duo Krztoff et Slave, le temps d'une poignée d'albums-pilons jusqu'au début des années 2000. Et puis, il faut l'avouer, on a plus trop de nouvelles de ce côté-ci de l'Atlantique. Au point d'imaginer forcément, l'overdose fatale.

 

Built to fuck, born to kill (palme d'or du titre le plus explicite de l'année) reprend les choses, où pour ma part, je les avais laissées. Les machines souffrent toujours chez Bile, même si elles sont le plus souvent virtuellement écrabouillées et malaxées dans un ordinateur, nous sommes en 2013 quand même. Les thématiques, sont connues, et le traitement qui leur est infligé à toujours la même saveur de rouille, et la même sueur. Si, ils n'ont jamais eu totalement les bienveillances des producteurs de films pour alimenter des b.o ; qui leur aurait permis d'exploser ; c'est justement parce que si musicalement le contenu aurait pu passer, les textes et l'ambiance générale, beaucoup moins. On les retrouve quand même sur la b.o de Mortal Kombat (hum...hum) et pour quelques reprises pour Nine inch Nails ou Marylin Manson (hinhin). Ne faites pas, la fine bouche, c'est bien comme ça qu'une majorité de tâcherons de l'indus « à l'américaine » a existé, quelqu'un à dit Stabbing Westward ou Gravity kills ?

 

Dès « And I know, none of you », on retrouve le sel de Technowhore, merci pour les vieux de nous remettre dans le bain. « The Tina song » reprend aussi les inspirations salaces du patron vieillissant mais toujours frétillant. Le temps a fait son œuvre est bien sûr, on déniche plus de subtilités dans les arrangements, plus de mélodies entêtantes, un peu plus de loop-like... mais faut pas déconner, t'es pas chez Will.I.AM ici !
Les chœurs sont riches et bien sûr cette prod grand format apporte un sang neuf par rapport aux trois premiers albums qui squattent sur mon étagère derrière moi. Oui, ce chant plus clair par exemple, plus de couleurs dans les tonalités choisies... et puis les rythmiques plus -dansantes- sur l'ensemble. C'est perceptible, ça fait partie de l'évolution d'un groupe qui affiche tout même 22 ans de carrière au compteur. Des titres comme « Don't die, asshole » qui ouvre pour le titre éponyme ramène, derechef, le manoir en feu au milieu du village, merde c'est BILE quand même, - écrivaillon de mes deux, je te voyais déjà écrire... -c'est quand même plus calme- No way !
« Robots ate my baby » est donc le titre porno, affiché de l'album... heu en fait, il y en a plus, mais ils sont cachés. Titre groove robotique, un peu raté, il faut l'avouer.
La fin de l'album parlera encore davantage aux fans du genre puisqu'on va retrouver quelques réminiscences de chez KMFDM ou Pigface dans « The King of negativity », quoi de plus normal ;  le taulier ayant participé au projet multiforme en 2009 avec justement En Esch de KMFDM. « Ambien Manor » clôture en bruits de chaînes et atmosphère, cette nouvelle salve.

En 2013, Bile est toujours aussi dégueulasse, insoumis à proposer des morceaux pas toujours finis (c'est une des marques de fabrique) dans un déluge sonore assez jouissif.

photo de Eric D-Toorop
le 12/09/2013

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/09/2013 à 17:36:09

Régressif agressif, corrosif : bien donc

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