Bison Bisou - Pain & pleasure

Chronique CD album (42:00)

chronique Bison Bisou - Pain & pleasure

Un album de Bison bisou, c'est toujours une bonne nouvelle.
Elle n'a certes pas l'occasion de réjouir grand monde, la popularité du groupe étant injustement confidentielle.
4600 fans sur Facebook (LE thermomètre du "tas raté ta vie t'as pas d'amis" des 10's) c'est bien, mais pas ouf non plus.
C'est 1000 de plus que COREandCO ? Ha.
4500 copains de plus que moi ? Bon.

De toute façon, cela n'entame pas leur talent maintes fois souligné sur nos pages. Et on remet un coup de stabilo fluo sur le groupe : ça déboite toujours autant.
La proximité avec At the drive-in fut indéniable par le passé...elle est moins évidente sur Pain & pleasure. Cela n'a pas manqué de me compliquer la tâche pour cette chronique que j'espérais torcher en 5 minutes.

 

Alors MERCI hein ! 
Un merci ironique d'abord, parce que pendant que cet article s'écrit, c'est un enfant que j'ignore. Mon enfant.
Une femme que je délaisse. Ma femme. 
Pire, un skill à Rocket League que je ne peux pas améliorer. Et ça c'est vraiment pas cool.

 

Mais aussi un merci, un vrai, un sincère. Celui qu'on dit après qu'on ait fait un truc cool et même un peu bandant pour toi. Genre quand la boulangère effleure la paume de ta main en te rendant la monnaie tout en te souriant.
Ne me juge pas. En plus des fois elle me met un pain au choco en rab. J'suis sûr qu'elle m'aime en secret. Ou veut que je dépasse les 66 kilos.
Non, vraiment, merci parce que Bison Bisou s'est remué le fessard pour ne pas rester dans ses petits souliers. Alors, euh, ça ne s'est pas brusquement mis à faire du black-metal hein. 
On ne renie pas ce qu'on est, mais il y a eu une petite évolution qui fait du bien. Alors merci d'avoir évité la redite, même si ç'aurait été la redite du très sympa Bodysick.

 

Deux années viennent de passer depuis le premier LP et j'sais pas ce qu'ils ont vécu ou écouté, mais ça ne doit pas être jouasse. Il y a quelque chose de schizophrénique dans cette bande : un côté dansant, un côté remuant mais un autre aussi pas du tout rigolo, sombre, noisy, presque cradingue parfois "malaisant".
Un peu comme si Hot hot Heat faisait du Daughters
Exit donc ATDI dans les influences sensible, mais le patator n'est pas mort : ça vit toujours autant. Leur musique sautillante le demeure grâce à un riffing qui donne le ton, une session rythmique qui doit bien transpirer et un chant dont les mélodies marquent les tympans.
Ça c'est pour la partie "pleasure".

 

Pour la partie "douleur", on ne peut pas dire, c'est tout aussi réussi. On la sent bien la douleur. On garde bien les zygomatiques amorphes, un peu comme quand c'est le Boulanger qui est à la caisse. Tu ne vas pas bouder ton plaisir à bouffer ses miches, mais t'as pas le coeur à le faire avec le smile, même si ses doigts caressent ta paume quand il lâche la monnaie dans ta main.
Ben là, c'est pareil. La face sombre de Bison Bisou était jusqu'alors inconnue et elle éclate dans une ambiance noisy parfois crasseuse qui donne des accents "death rock" assez inattendus. 


Souvent, plus on est rongé par ses états d'âme et ses névroses, plus les explications sont complexes. Ça ne loupe pas avec des compos plus alambiquées qu'on prendra finalement "plaisir" à réécouter pour mieux les décortiquer. Dans ces cas là, tout est dans le détail, et c'est par des petits "trucs" que le groupe nourrit ses titres.
Le groupe a toujours eu cette part négative en lui, mais il s'était bien gardé de l'afficher aussi clairement, au point qu'elle prenne presque le dessus sur l'explosivité. 

Bison Bisou reste bruyant et puissant, un oxymore musical, une bête bipolaire, un état d'esprit cultivé depuis son patronyme jusqu'à la dernière note de ce passionnant album. 
 

photo de Tookie
le 03/01/2020

2 COMMENTAIRES

sepulturastaman

sepulturastaman le 03/01/2020 à 21:34:05

Toukie tu m'as déçu (et ça c'est décevant) l'humour faisandé de boulangerie pas toi, (même si c'est meta) pas toi non.

Tookie

Tookie le 05/01/2020 à 18:09:33

Rha, je comprends, mais il est parfois vraiment bon de céder à la facilité !

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