carpathian - Isolation

Chronique CD album (25:50)

chronique carpathian - Isolation
Les historiens de la musique s’accordent tous à dire que le hardcore est avant tout une musique de refus, un cri voué à proclamer sa différence et son désaccord. Ce refus a très vite adopté la forme subtile d’un magistral coup de pied dans les noix, tant et si bien que les rappeurs ou les teuffeurs adopteront eux aussi ce terme pour caractériser leurs penchants musicaux les plus extrêmes et les plus vindicatifs. Aujourd’hui, des révolutions sont passées et les plus belliqueux de nos coreux se sont partagé le royaume et sont allés user leur répertoire dans leur enclave. Les crusts, les punks anarchistes et les intellos d’un coté, et les tough, les colériques et les metalleux de l’autre. Pendant que les rejetons de His Hero is Gone et de From Ashes Rise perdent encore leur temps à s’inquiéter pour la fin du monde en attendant la chute de l’autorité dans leur coin, ceux de Madball et de Hatebreed se préoccupent généralement plus de vendre des disques et de parfaire leur garde robe. Heureusement, dans cette mini jungle, il est des labels pour signer des groupes encore puissants, sincères et efficaces à défaut d’en trouver des originaux. Le label Deathwish s’est fait une spécialité dans le genre en signant The Hope Conspiracy, Most Precious Blood ou encore Modern Life IS War.

Bon, bon, tout ce bla bla complètement dispensable pour dire que Carpathian, nouvelle signature du label pour son deuxième album semble appartenir à cette catégorie là. Ici, pour reprendre l’expression employée ci-dessus, ça entreprend d’atteindre les bijoux de famille : Hardcore metal new school avec chœurs, mosh parts et tout le tremblement. Là ou les australiens (bigre !) tirent leur épingle du jeu, c’est par l’orientation particulièrement sombre que prend leur musique. Enfin, ils ne mettent pas d’intros au violon non plus mais ont tendance à empiler des riffs bien méchant à la limite de l’émo (sur sun weight ou seventy K par exemple). Les mélodies vont même jusqu'à me rappeler certains gilmmicks à la limite du black metal, le tout transposé dans le royaume des marcels et des casquettes. Les tempos changent, l’énergie est réelle, le propos semble sérieux (en bref, je crois que ça parle de vivre positivement dans un monde négatif). Pour être plus précis, ça me rappelle beaucoup The Hope Conspiracy mais avec un sens de la nuance un tout petit peu plus prononcé et un propos musical plus emo et sombre donc. Ce n’est jamais (ô grand jamais) révolutionnaire mais ça fonctionne au moins les trois premières écoutes. Bref le tout reste bien fait et on obtient ce que l’on recherche quand on achète ce genre de disques.

Après la musique de Carpathian reste très convenue, entendue mille fois, et pas toujours avec plaisir, et se replonger dans un disque comme isolation est de plus en plus dur au fil des écoutes. Plus clairement, jamais Carpathian n’égale ses (ex)voisins de labels. On finit par trouver le son sourd (et c’es vrai, il est sourd), les mosh parts sans intérêt (comme souvent), et le propos surfait. Impression confirmée quand on lit sur le myspace du groupe : « CARPATHIAN PROUDLY WEAR VANS et CARHARTT ». Bon je demande pas aux groupes de hardcore d’aujourd’hui de prendre des cours de géo-politique, ni de devenir tous décroissant mais quand même bordel, quand je vois ça, je me dis que le fruit est tombé bien loin de l’arbre.

photo de Swarm
le 15/12/2008

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