Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque)

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Un voyage qui me faisait rêver depuis longtemps. Nombre de mes connaissances me l’encensait, accentuant mon désir. Et cette année, j’ai enfin pu le concrétiser : je suis allé au Brutal Assault 2018, festival metal extrême se déroulant dans la forteresse militaire de Josefov à Jaromer, en République Tchèque pour sa 23ème édition (c’est dire si ça date).


En premier lieu, je conçois très aisément que, malgré la bonne réputation de l’événement, la distance à parcourir en refroidisse plus d’un (ce qui était mon cas). Et bien sachez qu’il existe une solution très pratique à cela : j’ai voyagé avec la compagnie Ontours, qui vous propose d’effectuer le trajet en bus pour de nombreux événements étrangers, par exemple le Metal Days ou le Wacken (ce qui ouvre la possibilité à beaucoup de pouvoir se rendre dans ces lieux grandioses). Évidemment, le voyage a un prix, dépendant d’où vous prenez le bus. Le plus haut tarif vous reviendra à 175 euros en partant de Paris, descendant à environ 100 euros depuis Strasbourg. Des pauses régulières sont effectuées, et la durée du trajet vous permettra de rapidement vous accommoder de vos compagnons de voyage, mais je ne saurais que trop vous conseiller de prévoir de quoi vous nourrir pendant le déplacement (qui dure presque 1 jour entier quand-même) ainsi que de quoi vous mettre à l’aise pour vous reposer. Car c’est bien le seul défaut que l’on pourra reprocher à Ontours (et ils n’en sont d’ailleurs pas particulièrement responsables), c’est que dormir dans un bus, c’est très inconfortable, alors autant mettre toutes les cartes de son côté. Ce voyage sera par ailleurs pour vous l’occasion de découvrir qu’en République Tchèque, dans une aire d’autoroute, la pinte de bière en canette coûte l’équivalent d’environ 1 euro.
Car oui, c’est bien l’une des premières choses qui vous fera chauffer le cerveau une fois sur place, c’est que ce pays n’a pas accepté l’euro comme monnaie nationale : on est resté à la couronne, mais rassurez-vous la conversion est relativement simple (1 euros pour 25 couronnes). Une fois cette petite gymnastique mathématique adoptée, vous vous sentirez rapidement comme chez vous à l’exception de la langue.


Après un périple plus ou moins confortable mais probablement amusant, vous arriverez à Jaromer, bourgade située à environ 130 kms de Prague. Il vous faudra marcher une quinzaine de minutes, après avoir traversé un chemin de forêt bien indiqué, et vous atteindrez le camping VIP. Je préfère vous avertir tout de suite que ce camping-là est situé en plein cagnard ! Et avec la température de saison, autant vous dire que ce n’est peut-être pas le meilleur plan. Autrement, il vous sera octroyé l’avantage d’accéder plus facilement aux douches ainsi qu’à des robinets d’eau non potable… pourquoi pas ? Vous pourrez toujours acheter une bouteille de 2L d’eau pour 50KC (j’utiliserais cette notation pour les tarifs qui suivront pour désigner les couronnes). Et quitte à se rafraîchir, vous pouvez toujours revenir sur le chemin de forêt pour vous baigner dans le cours d’eau longeant la forteresse (et elle est fraîche !). Après, en soi, il n’y a pas vraiment de camping officiel (à moins qu’on ne l’ait manqué) et la solution du camping sauvage s’impose assez rapidement. Si vous avez de la chance, vous pourrez planter votre QG en bordure de forêt, à proximité du fest. Ensuite le sol étant ce qu’il est, si vous avez un matelas gonflable c’est encore mieux. Mais vous voilà prêts pour 4 jours de metal intense !
Avant toute chose, il va de soi que vous irez chercher votre pass à l’accueil qui scannera votre ticket avant de vous offrir un programme du festival ainsi qu’un jeu de cartes semi-plastifiées (avec dragonne) résumant la programmation et le plan du site - J’ai personnellement beaucoup apprécié l’idée des cartes (c’est du carton recouvert d’un film plastique fin sur chaque face), car ma foi plus simple que de sortir un livret facile à égarer et à abîmer, économisant la batterie du téléphone si, comme moi, vous vous en remettez à ce dernier pour vous rappeler votre Running Order. Bref les avantages sans les inconvénients (tant qu’elles ne se font pas arroser). Et, bien sûr, vous irez enfiler votre bracelet pass cashless. Car c’est chose intéressante, le fest est ENTIÈREMENT cashless, et cela s’appliquera autant à la bouffe, la boisson, que le merch. Pour la recharger, il vous faudra passer soit par les stands de recharge, soit par le site internet d’Intelliplay (il y a des bornes Wi-Fi partout sur le site).

 


Les festivités n’ayant pas encore commencées, c’est pour moi l’occasion de visiter les lieux. Pour commencer, il est indéniable que le site en lui-même dégage un charme certain. Si l’on peut déplorer qu’il ne paraisse pas aussi « ouvert » qu’un Hellfest à cause des murs vous entourant en permanence, il n’en reste pas moins que cela lui confère un cachet unique en son genre. Pour cette année, les organisateurs ont décidé d’instaurer un système de rue au site, libérant un peu l’aspect militaire pour lui substituer la ville. Et le tout marche vraiment bien puisque l’on aura réellement le sentiment de se balader sur le site comme on se promènerait au marché du coin. Chaque endroit aura sa petite atmosphère propre comme la rue marchande, la rue des restaurants (on y reviendra, pas de précipitation), la grande place détente avec des bancs et tables en récupération de palettes etc. Chaque année, la forteresse s’ouvre de plus en plus au public. Vous pourrez donc vous rendre dans les catacombes en visite guidée (que je n’ai malheureusement jamais réussi à saisir), les souterrains XIV entièrement éclairés à la bougie (et attention aux rencontres… incongrues), le Bastion X avec une grande exposition sur les fanzines metal de l’époque, une forge artisanale, un parc d’auto-tamponneuses (sérieusement) ou l’autel de Lemmy aménagé dans un petit recoin de la forteresse. De plus certains couloirs sont agrémentés d’oeuvres d’art originales (sculptures ou peintures). Les anciens dortoirs ont été coupés en deux. Le côté gauche accueille le cinéma (non, je ne déconne pas) où vous pourrez vous détendre entre deux concerts séparés d’une petite heure devant des films cultes (« Starship Troopers par exemple »), des films d’horreur (« Hellraiser Inferno » ; « Tetsuo II Body Hammer » ; « Jason X ») ou de magnifiques nanards (« Phantasm 2 » ou « Deathstalker »), et l’expérience prend tout son essor entouré d’étrangers se marrant devant autant de nullité géniale. La programmation contenait également « Mr Pickles » ou « The Doom Doc », un documentaire narrant la naissance de la scène doom stoner anglaise. La partie de droite des dortoirs, la KAL pour Keep Ambient Loundge, a été aménagée en grande salle de détente avec des canapés fauteuils, avec ventilateurs. Le centre étant réservé aux artistes électro ambient en journée, ainsi que l’équivalent du Metal Corner du Hellfest à partir de 1h du matin : la Digital Audio Terror jusqu’à 4h du matin. Évidemment, les commodités n’ont pas été oubliées, et de nombreux sanitaires et robinets d’eau (potable cette fois-ci) seront à votre disposition. Mais voilà, la forte chaleur faisant un peu trop bien son boulot, la moitié des robinets seront inutilisables dès le deuxième jour. Heureusement les solutions pour se rafraîchir ne manqueront pas (la plus amusante d’entre elles étant les pompiers qui viendront directement rafraîchir les festivaliers à coups de canon à eau).


C’est d’ailleurs de cela dont on va parler maintenant. Un des arguments de vente du festival, c’est le prix de sa bière. Et je vous conseille d’avoir le foie bien accroché, car il vous en coûtera 50KC la pinte, et ils ne connaissent que ce format. De plus, la consigne du verre lui étant égale, vous risquez de vous transformer en rapace au moindre verre qui traîne, en pensant à la promesse d’une pinte gratuite. Et pour ne rien gâcher, vous aurez du choix : la Pilsner (grande classique tchèque) ; la Birell sans alcool ; la Radegast à 10 ou 12°, la Kozel blonde (que je recommande) ou ambrée ; la Master (à 13 ou 18°, faites gaffe !) ; la Sladku sélectionnée exprès pour le festival ; et enfin le cidre Kingswood très bon. En fait, il y a tellement de choix que dans le livret, vous retrouverez une map du site vous indiquant quels bars servent quelle boisson. Mais vous n’aurez pas que de la bière, mais aussi des bars à cocktails ou à vins. Il y a également un bâtiment en proue de bateau qui vous servira du Captain Morgan à pas cher. Pour les fanas de Jägermeister, de charmantes demoiselles traverseront le site avec une torche contenant des tubes à essai contenant le précieux liquide. Enfin, si vous êtes du genre zéro alcool, il y également des stands proposant des softs. Mais après, on ne peut pas vivre que de bière (même si ce serait vachement cool), et encore moins tenir 4 jours sous le soleil tapant avec cette méthode.


Alors comment se nourrit-on sur le BA ? Soyez prévenu que j’ai rarement aussi bien mangé en festival. Le site vous propose une rue entièrement composée de stands de nourriture vegan ou végétarienne, du sucré au salé, mais aussi de nombreux autres stands qui vous proposeront des mets très variés et vraiment bons. Burger, barbecue saignant, curry, asiatique, légumes en wok, petit déjeuner, le plus difficile sera de choisir (et les plus carnassiers d’entre vous pourront baver devant ces jolis cochons qui tournent sur les broches). Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, rien ne vous coûtera cher. Une assiette XS de pommes de terre cuites assaisonnées de petits légumes ne m’a coûté que 100KC, et le plat le plus cher que je me serais offert, une pizza vegan entière, 135KC. Vous aurez même le luxe de déguster tout cela sous une grande tente militaire vous protégeant de la chaleur, ou sur les bancs en extérieur. A titre purement personnel, je recommanderais ce petit stand qui proposait double crêpes fourrées au nutella (ou confiture si vous le désirez), avec morceaux de pastèques, raisins et quartiers d’oranges avec chantilly et coulis de chocolat à 60KC. Rarement dans ma vie, j’aurais aussi peu dépensé pour aussi bien manger. Si j’avais laissé mon estomac parler, j’aurais passé mes pauses à essayer d’autres stands tellement tout me paraissait appétissant. Ainsi, ne prenez pas trop la peine de vous charger de nourriture (sauf bien entendu pour le voyage en bus et l’apéro), car sur place, ce sera le cadet de vos soucis.
C’est pas le tout, mais on est là pour la musique non ? Le site propose pas moins de 5 scènes : 2 mainstages (la Jägermeister et la Metalshop), la Metalgate (équivalente à l’Altar ou Temple du Hellfest) la KAL que l’on a déjà évoqué et l’Oriental, scène très modeste qui fait un peu concert du village, mais non dénuée de charme. Et ici, hormis la KAL dédiée à l’électro ambient, les scènes ne sont pas thématiques, et c’est là que l’on touche une grande qualité du fest : l’éclectisme de sa programmation ! Bien que principalement axé metal extrême, il y en a pour tous les goûts (du Heavy au Grind en passant par le Doom et le Prog). Le tour de force du fest pour proposer 130 groupes sur 4 jours sans pour autant faire autant de concessions que le Hellfest, c’est d’une part de commencer uniquement par des concerts sur les Mainstages, puis d’ouvrir les autres scènes au fur et à mesure de la journée, et d’autre part de faire des concerts plus courts (de 30 minutes à 1h pour les têtes d’affiches), évitant, j’estime, l’épuisement et l’impatience pour continuer la journée avec un sensation de renouvellement fréquent. Le cadre étant posé, c’est parti pour les hostilités !

 

 


Jour 1


Et comme il faut bien commencer par le début (et que nous étions tous excités après ce long voyage), c’est avec une certaine impatience que nous voyons le groupe qui a l’honneur d’ouvrir cette 23ème édition du BA : Jasad (Deathcore). Les indonésiens font leur office sur scène comme dans le pit malgré quelques… surprises dirons-nous. Il y aura pour commencer un léger souci avec l’une des cymbales du batteur, et plus tard un morceau entier sans micro. Mais le plus dérangeant selon moi restant le chanteur qui fumera sa clope pendant l’INTÉGRALITÉ du set (c’était une très longue clope). Néanmoins, cette prestation nous fera nous rendre compte de 2 qualités immenses de ce festival : la première étant son public très chaud patate (ce qui aura malgré tout ses inconvénients par moments) ; et la deuxième et pas la moindre, ce son globalement excellent ! C’est simple, durant toute la période de l’événement, sur les mainstages, tous les groupes (à deux ou trois exceptions près) auront un son minimum très bon, allant parfois jusqu’au parfait. Cela peut sembler exagéré et accentué par ma grande excitation pour ce séjour, mais croyez-moi, j’ai été plus que surpris par cette qualité, et je suis loin d’être le seul à l’avoir constaté. Aussi, j’espère que vous comprendrez pourquoi je détaillerai assez peu les concerts auxquels j’ai assisté (d’ailleurs je ne les décrirai pas tous). Quand on voit que presque toutes les prestations regroupent ces deux éléments primordiaux à n’importe quel concert, il n’y aura pas grand-chose à dire de plus.

 


Mais le deuxième concert arrive juste à côté, et Obscure Sphinx (Doom ambient) en remet d’autant plus plein la vue ! Le son aidant beaucoup, les morceaux très longs (2 en 30 minutes) gagnent énormément en impact. Surtout avec cette chanteuse déchaînée qui hurle à la mort ou chantant avec une voix de sirène par moments, nous transporte vraiment loin, le tout accompagné de petits samples faisant un office de tous les diables.
Bleed From Within (Metalcore) viendra m’assommer juste après avec un son parfait (je me suis cru sur CD et pourtant j’étais proche de la scène), et j’ai pu commencer à me lâcher entièrement. Ca y est, la fête a commencé pour de vrai !
Je décide de manquer Armored Saint (pas trop ma came) pour essayer la Metalgate avec Nervochaos (Death Metal). Il faut dire ce qui est, si la scène ne bénéficie pas forcément des mêmes avantages sonores que ses de comparses mainstages, il n’en résulte pas moins que cela reste tout à fait correct. Du classique mais dans le bon sens du terme. Et si l’acoustique n’est pas toujours présente, l’ambiance compense bien.
Act of Defiance (Thrash technique) qui passe après Ingested (Goregrind, prestation amusante mais sans plus) viendra confirmer cet état de fait. J’attendais beaucoup de ce groupe dû au fait que ces anciens de Megadeth, accompagnés du bassiste de Shadows Fall et le chanteur de Scar the Martyr (que j’aime beaucoup) soient réunis. Me faisant autant rêver que rager de ne plus pouvoir me déchaîner sur un titre de l’album Endgame lors d’un show de Megadeth. Et la déception fut de taille. Servi par un son moins propre que sur les grandes scènes (je mets malgré tout cela sur le compte du fait que j’étais au premier rang), les morceaux marchent moins bien que sur CD. Et surtout ce set servira de prétexte à Chris Broderick pour se pavaner devant le public et montrer à quel point il est trop bon (ce que je ne lui retire pas bien entendu). Ce côté m’as-tu vu a bien déteint sur la prestation, au point d’en être gênant. Toxic Holocaust (Black Thrash) rehaussera le niveau plus tard sur cette même scène. Entre temps, The Black Dahlia Murder sévira sur la Metalshop, et selon un témoignage car je n’étais pas présent, le son était nul (je vous avais dit qu’il y aurait des exceptions).
Les grands noms finiront cette journée sur une note positive (Gojira, Cannibal Corpse et Paradise Lost), car cela fait bien plaisir de revoir la bande à Fisher et Webster avec un bon son (ce qui n’était pas le cas de ma première expérience).

 


Jour 2

 


On prend les mêmes qualités, et on recommence. La journée commence sous le signe du death metal avec Godless Truth et Broken Hope. Persefone viendra ajouter un peu de douceur à tout cela avec sa petite touche prog (j’en profite pour conseiller à tous leur album « Shin-Ken »), conférant à cette prestation un côté zen et enivrant.
Mais le groupe que j’attendais, c’était Exhorder (Thrash groove). Après la demi-déception du Hellfest avec son acoustique approximative, et au vu de la qualité sonore prise en pleine face la veille, mon impatience avait redoublé. Et quel immense plaisir de retrouver ce groupe avec un bon son ! Le groove typique se fait ressentir, et la violence est là ! On se défoule et ça fait un bien fou. Le chanteur impressionne toujours autant par ses pics dans les aiguës, et les solos ne sont pas en reste. Dommage que ce fut si court. Il n’empêche que ça me fera toujours autant marrer de voir le batteur du groupe maigre comme un clou se défoncer sur les titres du combo américains. Voilà qui nous invite à aller les réécouter et à redécouvrir ces grands classiques qui n’ont pas eu la reconnaissance qu’ils méritaient à l’époque.
Si vous n’avez pas eu votre compte de violence, pas de problème car « Municipal Waste is gonna fuck you all ! » et c’est ici que le public montre ses limites de sympathie. Car si bien sûr on relève toujours ceux qui tombent, les tchèques sont atteints du cancer du « circle pit compulsif ». Il y en a un tout le temps, sur tous les groupes, sur tous les morceaux, sur tous les riffs. Et parfois, certains sont violents (comme ici), et si on ajoute à ça la maladie du slam, il y a tout ce qu’il faut pour gâcher ce qui s’annonçait comme un bon moment (ce qui empirera lorsque le groupe demandera une vague de slam). Municipal Waste fait son taf avec succès, le public moins déjà.
Du coup, pour me reposer en attendant Dying Fetus (Carnifex et Green Carnation passent à la trappe), j’ai décidé de m’allonger dans un canapé de la KAL sur fond de Angel Epilepsia. La mauvaise idée que j’ai eu : la musique du beatmaker est angoissante et lourde à souhait. Un camarade m’a confié avoir eu ses plus grosses claques sur les artistes de cette scène, ce que je ne remets pas en doute, mais la raison pour laquelle je suis venu m’aura empêché de l’apprécier à sa juste valeur. Heureusement que l’attente pour Dying Fetus en valait la peine, me permettant avec le repos pris d’en profiter un maximum.
Je me place en bonne position pour Moonspell pendant Myrkur. Tout se passe bien quand soudain, coupure générale ! Tout le monde a évidemment été bien surpris, mais le courant sera rétabli à temps pour Moonspell et la fin de Myrkur, avec une compensation pour les groupes amputés de temps de jeu comme Grave Pleasures et Obsure Sphinx (pour son deuxième set), qui pourront rejouer exceptionnellement le lendemain.
Moonspell arrive et enchante le public avec son ambiance extrêmement réussie. Les effets de lumières et de lasers se mariant parfaitement avec la nappe de mélancolie qui se dégage de la musique du combo portugais. Mais qui au eu l’idée de slamer pendant un truc pareil ?! Je n’ai pas été particulièrement impacté, mais tout le monde ne peut pas en dire autant. Bien entendu, certains titres de Moonspell sont assez rentre dedans, mais la ponctualité de la chose ne me fait pas accepter l’acte pour autant. Malgré tout, je l’accorde, cela n’impacte en rien la qualité de la prestation de Moonspell, ma seule déception venant de l’absence de titres de l’album Extinct comme « Domina » que j’ai adoré de bout en bout.
La journée s’achève pour moi, avec la déception de manquer Innersphere (Melodeath), programmé trop tard pour moi.

 


Jour 3


On ne peut pas dire que les groupes de début de journée me faisaient particulièrement de l’oeil. Il faudra attendre 11h40 pour que le premier à attiser mon intérêt se manifeste avec E-Force (Thrash Metal). Le groupe, apparemment originaire de Montréal avant de rallier Toulouse (ce qui explique probablement le guitariste avec le t-shirt de Evilness, groupe que je recommande d’ailleurs), veut faire bien mais… il manque un truc. Pour une raison que je n’arrive toujours pas à déterminer, ça manque de dynamisme, de punch, enfin bref ça m’a paru d’un mou, et c’est bien dommage.
Mais la déception sera bien vite oubliée avec le groupe qui viendra prendre la relève immédiate. Les Autrichiens déconneurs de Insanity Alert (Crossover Thrash) ne font pas dans la demi-mesure. Ça commence avec une entrée en scène du chanteur en costume de sumo… What ?! Et la purée est lancée : ça bouge dans tous les sens, ça s’énerve, ça tourne, ça rigole, et je me lâche comme jamais. La puissance de leur thrash est contagieuse. Et pour faire tout ça avec le sourire, le groupe nous saupoudre le tout de blagues nanardesques (en thème avec leur chansons), lance des glaces gonflables et des ballons. En un mot : c’est la teuf ! L’éclate est à son summum, et on a l’impression de revivre un Municipal Waste sans le public rentre-dedans. Quelle frustration que cet instant ne dure que 30 minutes.

 


Après une longue pause, j’arrive à temps pour la fin de Harakiri For The Sky (Post-Black). L’instant fut court, et apprécié de loin, mais cela sera suffisant à regretter de ne pas y avoir été plus tôt : l’ambiance planante ayant ici trouvé un terreau fertile, il ne m’aura fallu que peu de temps pour me sentir totalement conquis par cette atmosphère de désespoir et de mélancolie. Le genre de groupe qui te fait poser des questions sur la limite entre le post-black et le black atmosphérique, car on ne peut que difficilement résister à cette nappe de tristesse qui nous pénètre quasi instantanément. 10 minutes seulement, mais 10 minutes d’abandon à soi-même, plongé dans cette mer sonore qui nous berce au gré de ses douces vagues, nous ramenant lentement mais inéluctablement sur le rivage de la réalité.
Autant dire qu’après cette expérience certes courte mais intense, les polonais de Hate m’ont paru plus que banal. Il n’y a rien à leur reprocher en soi, mais le tout m’a semblé tellement convenu que je n’en ai quasiment rien retenu. Un concert de death comme j’en verrais des tas d’autres fois. J’en suis navré, mais parler de ce concert, c’est du même niveau que de discuter d’une feuille blanche.


Hentai Corporation (Métal expérimental), formation locale visiblement très connue vient prendre le relais. Et si sur Insanity Alert, on avait la déconnade défoulante, ici on a la déconnade pour la déconnade. Je les rapprocherais bien d’un équivalent d’Ultra-Vomit local, car les mecs ne se prennent pas au sérieux, et c’est agréable. Seulement, comme l’intégralité des blagues sont contées en tchèque, j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose. Mais l’intention est là, le comble viendra lorsque le chanteur fera une distribution de shooters de whisky (ou de jäger) au premier rang. Et là je reste béat de dépit devant cette masse qui se précipite pour essayer d’obtenir le divin shot gratuit. Un concert qui m’aura fait sautiller mais sans que ça n’aille plus loin (mais avec le sourire).
Si Hate m’a paru plus qu’insipide, les bataves de Pestilence (Death Metal) s’en sortent bien mieux. C’était un concert de death comme prévu des plus classiques, mais la musique des Hollandais a un je-ne-sais-quoi de puissant et prenant. Peut-être un peu plus d’humanité je dirais (faut dire que Hate se la jouait grave ténébreux black metal). L’interaction est bien plus présente, et c’est sans doute ce qui fera la différence.


Retour à la Metalgate pour Azarath (Death/Black). Comme on pouvait s’y attendre, pour paraître le plus dark possible, on a d’abord le droit de se faire littéralement enfumer, au point que l’on arrivera jamais à voir le groupe correctement. Ce qui est dommage, la prestation en soi sera exempte de reproches. Avec une bonne qualité de son et un bon mixage, la musique sera très bien retranscrite. Mais je ne vous cache pas que les concerts dans le brouillard, c’est pas ce qui me fait le plus tripper.
Je retourne aux mainstages pour revoir At The Gates (Melodeath) qui avait également vu sa prestation du Hellfest gâchée par un son approximatif propre à ce dernier. Et avec l’exemple de la veille avec Exhorder, j’étais plus que confiant. Et ça n’a pas manqué, j’ai enfin retrouvé ces riffs qui me font tant planer dans ce style, que ce soit avec les titres du dernier album qu’ils promeuvent (« To Drink From the Night Itself ») ou ceux datant de l’âge d’or de la scène de Göteborg (« Blinded by Fear » ; « Slaughter of the Soul »), et un Tomas Lindberg tout souriant. Encore une promesse tenue par le festival de m’avoir apporté une compensation à mes demi-déceptions du Hellfest.
Ministry (Metal industriel) emboîte le pas. Quand on connaît le caractère ultra-politique du groupe, et surtout de son leader Al Jourgensen (démocrate convaincu), il n’y a pas de surprise à voir la scène agrémentée de 2 magnifiques Donald Trump en canards gonflables arborant une croix gammée barrée (Al ira d’ailleurs les tabasser joyeusement sur le titre « Punch in the face »), mais ça fait plaisir quand même (sincèrement). Pour le coup, les gars ont vu les choses en grand : ils font leur show devant un écran géant qui rediffuse les clips du dernier album lorsqu’ils seront joués, ou d’autres séquences épileptiques à souhait. L’air de rien, cet écran donnera une image de grandeur remarquable à cette prestation (et pour cause, ils seront les seuls à le faire). Mais la musique alors ? Alors concernant le dernier album, chacun peut avoir son opinion, mais en live, ça a des répercussions. Le groupe entame avec « The Twilight Zone », titre d’ouverture du dernier méfait du groupe : AmeriKKKant. Et voir Donald Trump sortir son slogan au ralenti en vidéo, ça marche, mais la musique ne transforme pas l’essai en explosant. Ça reste assez mid-tempo et groovy, mais pas impactant, et il en sera de même pour les titres suivant qui sont tirés du même répertoire. Il faudra attendre le 5ème morceau avec « Señor Peligro » pour qu’enfin, la bombe retentisse. Ça y est, ça déboîte et on se bouge. Le temps aura paru long, mais l’attente en valait la peine. Il sera même surprenant de constater que d’autres morceaux de AmeriKKKant sont malgré tout efficaces (« Antifa » et « Wargasm » dont la production dessert totalement la bonne volonté sur CD fonctionnent bien mieux en live). Le groupe continuera sur sa lancée jusqu’au bout, pour notre plus grand bonheur.


Je ne resterais qu’un instant pour le concert de Behemoth (Black Death), mais le peu que j’en ai vu m’a suffi pour m’assurer que le groupe fera une excellente prestation (ce qui me sera plus tard confirmé par témoignage). Jeux de lumières, mise en scène, communication, on est convaincu en 2 titres du professionnalisme des polonais. Après mon titre favori « Conquer All », je quitte le site pour faire une virée nocturne en ville, bourgade qui ne manque pas de charme je dois bien le reconnaître. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez à vous y promener (de nuit, ça confère même un tout autre cachet).

 


Jour 4


Pour cette dernière journée, la fête commence avec les doomeurs de Coffins. La réputation du groupe ne lui a pas été retirée, et l’ambiance pesante typique de ce style s’installe rapidement. Je m’en veux un peu de préférer ce qui est plus dynamique, car c’est certainement ce qui m’aura retenu de pleinement apprécier cette atmosphère particulière et de presque m’ennuyer.
J’ai parlé d’ennui ? Angelmaker (Deathcore mélodique) devrait régler le problème… oui, devrait. Parce que c’est bien le problème quand on entre dans la sphère du deathcore slam, les non-initiés ont souvent bien du mal à y trouver leur intérêt. C’est un peu un genre de niche, et quand on se retrouve entre passionnés, forcément, ça fonctionne bien mieux. C’est également un genre qui souffre beaucoup d’un manque de distinction entre les groupes, autant dire que Angelmaker a intérêt à tirer son épingle du jeu. Je n’ai pas trouvé les mélodies (qui auraient dû émoustiller ma curiosité), mais par contre, j’ai été servi riffs lourds, breaks à répétitions et growls bien sales (et pourtant je ne suis pas resté longtemps). Bref, comme partout dans le deathcore slam classique, dommage.
La suite ne s’avéra guère mieux : la curiosité m’invita à aller voir Northlane (Metalcore). Mais là, oh surprise : le son est absolument immonde ! Je suis le premier à me demander comment ils sont parvenus à réaliser ce non-exploit. Un titre me suffira à me dissuader d’en écouter plus.


Lors du Hellfest, un groupe nommé Origin (Death technique) s’est fait remplacer à la dernière minute. C’était assez frustrant, mais cela aura été l’occasion de découvrir Voight Kampff. Troisième rattrapage donc. A peine arrivé tu te poses la question : « mais… il est où le bassiste ? ». La réponse nous viendra du chanteur. Apparemment, la compagnie aérienne aurait réussi à égarer leur bannière et leur bassiste… Bravo, on nous l’avait jamais faîte celle-là. Toujours est-il que le groupe ira jusqu’au bout, nous laissant donc apprécier le haut niveau technique de ses morceaux. Les doigts gigotent de partout sur le manche de la guitare comme sur la batterie. C’est impressionnant à voir, mais sur 40 minutes, ça m’a paru quelque peu traîner en longueur.
Unleashed (Swedeath) emboîte le pas, mais cette fois, du fait de leur style qui me parle déjà beaucoup plus, je trouve une véritable motivation à rester tout le long du set. Les riffs mélodiques ressortent avec magnificence, les histoires de vikings n’apportant malheureusement pas grand-chose, mais ceci tient plus du pinaillage. La séance se passe sans surprise, mais toujours avec satisfaction.


Le death metal n’a pas fini de nous être servi, car c’est maintenant au tour de Messiah (Death/Thrash) de nous manger à sa sauce. Le groupe ressort des entrailles de l’inconnu depuis 2017, soit 14 ans après leur split. Mais pas de bol, le temps fait son office, et on sent que les Suisses ne pètent plus beaucoup la forme. Ce qui débouchera sur une prestation globalement mollassonne, et un son curieusement mal géré, la guitare ne ressortant que très peu comparé à la batterie ou même la basse.
Retour sur la Metalgate pour Hirax (Thrash Metal). Et le groupe n’a pas volé sa réputation quant à sa capacité à déchaîner les foules. Son thrash hyper efficace embrase les coeurs et les jambes qui prennent rapidement le chemin du circle pit. Ce petit manège se répète pendant les 40 minutes du set avec entrain. Seul ombre au tableau : le chanteur, aussi sympathique et sincère soit-il, est d’un bavard ! Ce n’est pas sans rappeler la prestation de Body Count au Hellfest. On pourrait même dire que c’était un parallèle, avec les mêmes qualités et défauts, seul le style faisait la différence. Mais je ne boude pas mon plaisir, car j’ai passé un vrai bon moment.
Encore du death metal avec Nocturnus AD. Mais ceux qui connaissent ce nom savent que ce ne sera pas du death anodin. La particularité du combo étant de faire du death dit « cosmique » à l’aide de synthé pour créer une atmosphère Star Wars un peu dark. Et la mayonnaise a pris ! On se sent réellement transporté dans cette aventure spatiale, tant les sons choisis pour le clavier sont d’une efficacité redoutable pour nous plonger dans la mer cosmique. Une prestation marquante et très agréable, et qui nous motivera à réécouter « The Key », vrai chef-d’oeuvre des débuts de la formation.

 


Je ne resterai pas pour Belphegor (Black Metal), sauf pour admirer la scène. Celle-ci est agrémentée de totems morbides avec des crânes et tout ce qu’il faut pour un petit rituel. On a beau ne pas apprécier la musique, il faut avouer que ça ne manque pas de panache.
Je prends la décision d’amputer deux concerts que je souhaitais voir, mais jouant simultanément. Le premier, Protector (Thrash Death) nous refait Hirax avec la bonne humeur remplacée par la haine (dans le sens ambient j’entends). Le groupe nous sert une soupe agréable, mais pas aussi propice au lâcher prise qu’avec Hirax. De toute façon, je dois me dépêcher de me rendre à l’Oriental pour voir le reste du set de Abysmal Grief. Moi qui m’attendait à du doom gothique à la Draconian, j’ai été accueilli par une foule immense dans un espace restreint, et un death doom malmené par un son loin d’être extraordinaire (ce qui était prévisible vu la configuration de la scène). Aucune émotion, une vraie déception.


Heureusement pour moi, la journée se finira sur une note très positive avec Sepultura (Thrash/Groove). Les brésiliens menés par un excellent frontman en la personne de Dereck Green, toujours au top, n’aura aucun mal à mettre le feu à la foule. Le combo déboule sur « I Am the Enemy » provenant de leur petit dernier Machine Messiah. A peine commencé, c’est déjà la folie dans le pit, et on en aura pour une heure entière ! Sepultura n’aura de cesse de nous faire nous déchaîner en passant par une énorme partie de sa carrière comme avec « Kairos » ou « Choke ». Même les morceaux du dernier méfait, très controversé, se révèleront d’une efficacité surprenante (même si l’éponyme pose une ambiance assez curieuse, peu encline à faire sauter les masses). Les grands classiques sont évidemment de la fête, et ne seront ni plus ni moins que des bulldozers sonores créant la folie dans le pit. « Refuse/Resist » ; « Arise » ; « Ratamahatta » et bien sûr le cultissime « Roots Bloody Roots », rien qu’en évoquant ces noms, il est facile d’imaginer l’engouement manifeste du public, mais encore une fois, le revers de médaille venait des slammeurs à répétition. De façon générale, il y avait beaucoup trop de slam pendant ce concert (et certaines personnes étaient loin de peser juste 50kg). C’est bien la seule chose qui me fera presque regretter d’avoir été si près de la scène. La fatigue cumulée des 4 jours, en plus du soutien des slammeurs à répétition, se faisant ressentir, c’est ainsi que s’achève ma journée, d’autant plus qu’aucun autre nom ne me parlait plus que ça.


Au final, malgré quelques instants traumatisants, et quelques rares déceptions, je ne peux que dire du bien du festival car ces défauts ne lui sont pas véritablement imputables. Il y a de quoi s’amuser, découvrir plein de choses, beaucoup d’activités, un cadre sublime, et les besoins sont rarement difficiles à satisfaire, autant sur le plan du temps que monétaire. Le festival se permet même de déjà nous émoustiller pour l’année prochaine en donnant 6 noms : A Pale Horse Named Death ; Anaal Natrakh ; Gutalax ; Meshuggah ; Napalm Death et Testament (NB : depuis, de nouveaux noms ont été annoncés, et sont consultables sur le site du festival). Bref, que de quoi nous faire rêver, et probablement de me faire revenir.

 


Résumé

 

Prix du pass 4 jours : 72 euros en précommande, 84 euros sur place au guichet
Prix du voyage en bus : 135 euros depuis Paris (tarif maximum)
Groupes : 130 (axés metal extrême mais très éclectiques)
Setlits des groupes présents : https://www.setlist.fm/festival/2018/brutal-assault-xxiii-3d7f107.html
Site du festival : http://brutalassault.cz/fr/

Photos : Metalleux du Soir / Visibles en cliquant sur ce lien.

le 01/12/2018

Les photos

Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo1Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo2Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo3Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo4Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo5Brutal Assault 2018 (Suicidal Tendencies) le 08/08/2018, Forteresse militaire de Josefov, Jaromer (Rép. Tchèque) - photo6

6 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 01/12/2018 à 20:54:54

Le Brutal Assaut et le Metal Days, en voilà des fest' que je me ferai bien... En tous cas le report fait envie :)

pidji

pidji le 02/12/2018 à 10:22:57

Ouep, même si le côté "fermé" de ce festival ne me branche pas trop.

Margoth

Margoth le 02/12/2018 à 11:54:09

Lapinou, on y va cette année ? Il y a Diablo Swing Orchestra après tout qui y a été annoncé ;)

cglaume

cglaume le 02/12/2018 à 15:53:56

Si je n'avais pas déjà 1) posé mes congés pour le Hellfest 2) posé 5 semaines en juillet / août 2019 3) une femme et des enfants à qui rendre des comptes, je t'aurais bien dit oui :)

Xuaterc

Xuaterc le 02/12/2018 à 22:34:20

J'ai fait l'édition n°13, en 2008, l'expérience humaine et musicale restent parmi les plus fortes de ma vie. Et on ne ressent pas vraiment le côté fermé, au contraire, c'est très ouvert

Xuaterc

Xuaterc le 02/12/2018 à 22:36:13

10 ans après, ça reste inégalé!

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