Chris Connelly - Artificial Madness

Chris Connelly - "Artificial Madness"
chronique Chris Connelly - Artificial Madness

Il y’a un an, je vous causais, non sans émotions, de la sortie de l’impeccable Absolut Dissent de Killing Joke. Je remets le couvert avec le nouvel album de Chris Connelly qui joue dans la même cour. Certes, l’impact sur le grand public ne sera pas le même. Il y a peu de chances que cette chronique soit une des plus lues alors que vous vous êtes jetés en masse sur Lulu (y’a pas de quoi, mais merci pour le taulier, le chapeau est à l’entrée, n’hésitez pas). Artificial Madness est un bien bon album et Connelly à travers ses nombreux projets solos ou non n’a jamais démérité. Il semble, toutefois, enfermé dans une certaine confidentialité, alors que sa musique peut toucher le plus grand nombre d’auditeurs. Un autre grand mystère… Le goût, les Gens…

 

 

L’écossais est en route depuis près de 25 ans. Il se fait connaître avec sa longue collaboration avec Al Jourgensen. Sa voix proche de celle de David Bowie ou Scott Walker et une certaine fascination pour l’univers de Joy Division ou New Order auraient dû lui ouvrir grandes les portes d’une belle reconnaissance. Il n’en est rien, on le retrouve depuis toujours dans le rôle du side-joker de luxe pour toute l’écurie Wax-Trax, tant il traîne sa dégaine de Loner sur toutes sortes de plaques de KMFDM en passant par les Revolting Cocks et évidemment Ministry. Vraie amitié ou cachets pour payer le loyer, sans doute un peu des deux en ce qui concerne la motivation à l’écoute des qualités intrinsèques des albums concernés : The Land of Rape and Honey, Mind is a terrible thing to taste et Psalm 69 (la meilleure période de Ministry) ; Xtort pour la bande à Sascha K ; ou encore l’intégrale de Pigface. Sur ses efforts solos, c’est davantage un hommage à la période glam de Bowie qui ressort souvent. Ma dernière vraie rencontre avec Connelly remonte à la sortie en 2001 de l’excellent – 1- par Damage Manual, supergroupe qui invite Jah Wobble à la basse, Martin Atkins pour les samples et à la batterie, et Geordie Walker (Killing Joke) à la guitare.

 

 

Pour cette cuvée 2011, Connelly s’entoure, pour les compositions, des frères Weaver de Wolves in the throne room, groupe d’Olympia (Washington) qui rampe dans les sillons de Neurosis. En backing band de luxe, ce sont les stoners chicagoans de Minsk qui œuvrent besogneusement. Le résultat est à la hauteur. On découvre Connelly, à 47 ans, dans son costume qui lui sied le mieux, celui d’ouvrier-artisan du songwriting. Il ne fallait pas en attendre plus. Ses escapades antérieures lui ont fourni un carnet d’adresses des plus intéressants et pourtant, c’est presque en retraite avec de presque parfaits inconnus qu’il décide de sortir l’un de ses meilleurs albums à ce jour. Un album rock racé qui trouvera immédiatement sa place entre le second épisode de Grinderman l’an dernier et… Absolut Dissent. Une forme d’hommage aux eighties, certainement, mais avec pas mal d’idées dans les arrangements et surtout une caution « historique » qui devrait ravir ceux qui ont navigué dans les recoins les plus sombres de cette décennie et plus naturellement ceux qui ont aimé les deux albums précités.

photo de Eric D-Toorop
le 02/01/2012

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