Chronos Zero - Hollowlands - The Tears Path: Chapter One

Chronique CD album (1:11:30)

chronique Chronos Zero - Hollowlands - The Tears Path: Chapter One

Dense. Extrêêêê-mement dense. C'est l'une des nombreuses – et sans doute l'une des plus objectives – façons de décrire Hollowlands - The Tears Path: Chapter One, le 2nd album de Chronos Zero. Tellement dense le bestiau que, malgré les impressions négatives qui ont fini par sourdre de la grosse dizaine d'écoutes initiales accordées à l'opus, au moment d'en rédiger une première (et courte) chronique pour un autre média, j'ai fini le papier en concluant sur l'expression d'un doute sincère... Car qui sait: peut-être bien que la chose pourrait être de ces œuvres qui nécessitent une longue et profonde immersion afin d'en saisir la substantifique moelle.

 

… Mouais. L'album a donc continué à tourner et tourner encore, avant que j'attaque enfin la CoreAndChronique de l'engin. Et s'il est vrai que ce mille-feuilles est copieusement garni en pistes, arrangements, breaks, recoins et effets de manches – une prod' clinique à gros biscotos permettant de ne pas en louper une miette –, la vérité c'est surtout que cette heure dix de Metal Prog moderne et pompeux et trop longue, trop chargée, trop prétentieuse, trop verbeuse (... qui a dit "Comme toi, Banane"?), trop sucrée, trop fouillie, trop pleine de chichis... Bref, bien trop indigeste! Un véritable étouffe-chrétien comme aurait dit ma Mère Grand, quand je lui apportais sa galette et son petit pot de beurre.

 

Mais ça veut dire quoi, au fait, “Metal Prog moderne et pompeux” ?

 

Alors là il faut fermer les yeux – ou mieux: aller se chopper un morceau sur Youtube, pour tester grandeur nature – et imaginer un mélange de Xerath (chez qui la dimension Djent aurait été remplacée par une facette Prog), Biomechanical (sans l'aspect Groove Metal), Symbyosis (sans l'équilibre), Nevermore (sans la classe naturelle) et Sybreed (sans le côté dansant). Jusqu'ici, 'y a encore moyen d'avoir le gourdin. Sauf qu'il faut ajouter à cela les courbettes versaillaises du Sympho/Prog à dentelles, les humeurs délicates d'un chant féminin à froufrous, et l'avalanche de sucre d'un clavier aussi synthétique que mielleux... La formule se retrouve déclinée sur 14 morceaux semblant autant de scènes d'une pièce de théâtre un peu mégalo, l'impression étant renforcée par les nombreux changements d'intensité, de chant (féminin, donc, mais aussi growlé, thrashement éraillé, ou clair), les interludes, orchestrations et autres effets Hollywoodiens. Tout cela pourrait passer pas trop mal, si seulement une ligne directrice, des refrains, des éléments différenciant venaient ordonner un peu ce lourd agglomérat...

 

Sauf que l'approche saccadée constamment en mode “Grandes Orgues de Staline”, les successions de plans fortement semblables et le manque d'aération globale charrient vite une forte impression de déjà vu – impression qui n'est jamais hyper bonne, mais qui vire carrément au “plein le cul” quand on a au bout des écouteurs rien d'autres qu'un tourbillon complexe de vents musicaux soufflant avec force et panache mais sans la moindre vraie idée ni le moindre début d'accroche durable.

 

Allez va, je suis dur: “Who Are You? (A Shape of Nothingness)” est certes une interlude un poil téléphonée, mais dans le genre “Je te colle la pression façon blockbuster qui bute”, elle fait sacrément bien le job. D'autant que derrière c'est le tube de l'album qui suit, “Who Am I? (Overcame by Blackwater Rain)”, morceau qui mériterait le sous-titre “Comment écrire un vrai morceau qui bute pour éviter in fine de se récolter une note de fond de caniveau”. Le titre contient même un petit passage exotico-mystérieux qui semble échappé d'un album d'Akphaezya. Mais en dehors de ces rares coups d'éclat, tout ici n'est que poudre aux yeux, grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, et ennui poli virant finalement à la frustration rageuse...

 

Alors évidemment, Hollowlands - The Tears Path: Chapter One appelle un “chapter two”. M'enfin inutile de vous dire que, malgré la paire de bons morceaux évoquée un paragraphe plus haut, on n'attendra pas cette sortie avec l'impatience du bambin fulminant sur ce fouttu calendrier qui semble éternellement bloqué dans la première quinzaine de décembre, à distance (trop) respectable du 25... Avis aux amateurs de galette métallique 50% beurre / 50% sucre, avec son supplément de crême anglaise et de chantilly...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Oh le beau palais Modern Prog Symphonique tout plein de dentelles, de dorures, de marbre et de colonades finement travaillées! Ça brille, on en aurait mal aux yeux dis! ... Mouais, sauf que tout ça est froid, sans vie, comme issu d'un savant copier-coller effectué depuis chez Biomechanical, Xerath et Nevermore, mais sans le moindre feeling ni la moindre accroche. Vite, un album de Punk pour respirer !!!!  

 

photo de Cglaume
le 18/02/2016

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