Contre-feux - Mort/Vivant

Chronique CD album (25:10)

chronique Contre-feux - Mort/Vivant

C’est en discutant un peu culture Keuponne avec un pote Marseillais que nous nous sommes rendus à l’évidence comme quoi la scène Emo/Screamo Hexagonale était bien plus installée et représentée dans le Nord de la France. Alors oui vous allez me dire et Sed Non Satiata sur Toulouse, Third Memory sur Marseille, Mihai Edrish sur Lyon c’était quoi ? Des exceptions culturelles ? Les quelques sporadiques et emblématiques formations d’une scène indigente et tout en retenue lacrymale ? Et bien non ce n’est pas ce que je dis, mais seulement qu’en proportion, il y a moins de sorties Screamo qui émanent du Sud. Pour ma part, je vis sur Caen (ethnocentrisme Emo-Punk quand tu nous tiens Aha !) donc j’ai plutôt tendance à me réjouir de ce fait dont au final tout le monde se fout, et à raison. Aussi mes références intemporelles du genre sont paradoxalement localisées dans le Sud. Et puis des combos Emo/Screamo actuels et originaires d’endroits ou la grisaille se fait plus discrète, il y en a de très très enthousiasmants. De Canine à Yarostan en passant par Child Meadow ou encore Contre-Feux - groupe faisant l’objet de cette chronique – la scène semble loin du trépas et propose toujours autant de sanglotant et qualitatifs brûlots Screamo.

 

Contre-Feux est donc une jeune formation Bordelaise qui sort son premier LP Mort/Vivant en Février dernier. Un skeud inaugural du plus bel effet et qui révèle un groupe dont les influences ont été digérées avec une grande aisance. Les souvenirs heureux de Belle Epoque et Daîtro - qui d’ailleurs sort une réédition de Y ce mois-ci – sont réactivés. Dans l’écriture on est donc très proche de ce que pouvait déployer les deux fers de lance susnommés, à savoir des textes gorgés de ressentiments, de constats douloureux sur la décomposition des corps humains et sociaux « Sous les Ongles » « Pour Qui On Se Crèvent les mains », enfin d’énoncés radicaux avec pour unique et nécessaire horizon, le basculement révolutionnaire « Nous N’apportons Pas La Paix ».

L’impatience, l’urgence sociale et la vindicte Punk se matérialisent tant dans les paroles « Chaque Phalange Tombée » que dans le riffing du combo qui généreusement joue aussi sans compter les BPM « Mort Vivant »

A la seule différence de Belle Epoque et de Daîtro, Contre-Feux fait dans une prose plus rentre dedans, servie par un riffing Screamo ne tenant pas en place et primant sur l’Emo-Punk de leurs cultissimes prédécesseurs. Les vives saillies mélodique de « Sous Les Ongles » et de « Pour Qui On Se Crèvent Les Mains ? », emportées par de fulgurants  Blast-Beat sentent bon le Screamo Blackisant de Niboowin. Nul besoin d’allonger la liste d'exemples, celui-ci se suffit à lui-même et nous rappelle à quel point les velléités offensives et l’ardeur de Contre-Feux sont au coeur de sa musique.

 

Côté production on est sur du Home Made avec un Skeud réalisé je cite : « par les soins » des membres de Contre-Feux. Une prise en soin qui a duré cinq ans entre l’enregistrement et l’accouchement final de Mort/Vivant. Une conception du soin à rebours de celle néolibérale et dominante, à savoir qui s’inscrit sur un temps long et affranchie des exigences de productivité et de rentabilité.

 

Cinq années de gestation donc pour à peine plus de vingt minutes de plaisir intense. Franchement quand tu entends le résultat tu te dis que ça valait bien le coup d’attendre. Mort/vivant c’est une projection sociale sur du temps longs. Un temps ou l’avenir et l’horizon révolutionnaire se rapprochent inexorablement au rythme d’un riffing punk alarmé mais toujours rageur et empli d'espoir.

photo de Freaks
le 22/04/2020

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 22/04/2020 à 08:21:57

P'tain, merki Freaks pour cette découverte bordelaise ! Complètement passée sous mes radars...

Freaks

Freaks le 22/04/2020 à 23:06:35

Et bah de rien! si j'peux me rendre utile... ;)

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