Cool Cavemen - Multipolar

Chronique CD album (1:01:54)

chronique Cool Cavemen - Multipolar

Si je vous dis "Trapped in Freedom", ça vous fait tilt? Non? Pour ceux qui apprécient la bonne vieille fusion bodybuildée mais funky, il serait particulièrement ballot d'être passé à côté de cette joyeuse bande de trublions, dont l'EP Six Frites Under est sorti l’année dernière (…m’enfin il n’est jamais trop tard, hein). Quoiqu’il en soit il se trouve que le zigoto qui se charge d’attendrir les peaux des Prisonniers de la Liberté avec ses baguettes bien cuites – Tomasson de son petit nom –, pratique la bigamie musicale. Et sa 2e chérie s’appelle – j’vous l’donne en mille – Cool Cavemen. Vu l’apparence extérieure joyeusement loufoque de la donzelle et les bons goûts du beat master, ma Pomme ne put s’empêcher d’aller cliquer au petit bonheur la chance sur la page Bandcamp du groupe, histoire de voir si ça ne croustillerait pas également dans la caverne… Tiens, sur le morceau « Fusion » pour voir…

 

… CHAZAAAAM!!!

** je sais, je fais trop bien le bruit de la foudre qui tombe. Des années d’entraînement devant le miroir de la chambre des parents **

 

Mais, mais… C’est est indécent à tel point c’est excellemment irrésistible! C’est que ça groove à t’en donner des envies de partouze en plein Monoprix! Ça swingue jusqu’à l’orgasme auriculaire! Je, je… Rhâââââ!! (… là le personnage principal loupe le sopalin et, conséquemment, s’englue tout le compte Paypal…)

Il y a des fois comme ça des morceaux tellement bon qu’on ne peut pas ne pas acquérir tout l’album qui l’enrobe, par principe – voire militantisme, tiens. D'où acquisition compulsive.

 

La galette en question s’appelle Multipolar, et se trouve être le 2e album des ch’tits grooveux de – donc – Cool Cavemen. Alors certes, si vous ne concevez la fusion que comme un pont jeté entre les musiques qui swinguent et le grindcore, ou entre le jazz et le death metal, le présent opus risque fort de vous sembler un peu « light ». Car nos hommes des cavernes l’ont gravé eux-mêmes sur le fronton de leur repère: ils sont « cool », et pas forcément branchés « hard ». Autrement dit le coulis Infectious Grooves / Fishbone / Living Coloür est ici quelque peu dilué dans des eaux OUÏ FM-euses, les intonations Ben Harper-meets-Sinsemilia-meets-Sinclair de Vince  l’avaleur de micro du gang  emmenant cette fusion vers les terres relativement peu thrash des FFF et autres Red Hot Chili Peppers.

 

… Ce qui n’est quand même pas si mal, pour peu que l’on ne jure pas que par Brodequin et Last Days of Humanity. D’autant que les zigs ont la fibre nawak relativement bien développée.

 

Accueilli par les Simpsons (qui n’auront de cesse de reviendre encore-z-et-encore tout au long de la galette), l’auditeur est vite mis au jus en tout début de « Vent d’Art »: y défilent à la queue-leu-leu une gratte pleine d’effets, des saxos, une basse gentiment slappée, un bon vieux riff bien saignant… Puis une mélodie dotée d’un groove de malade. Yeah, ça va swinguer! Bon: pas de quoi effrayer votre maman, mais là n’est – pour une fois – pas le propos. Les doigts claquent, et on a même le droit à un crochet par l’Amérique du Sud avec en prime un solo approuvé par le fan club de Carlos Santana.

 

Putain ‘y du soleil les copains!

 

Ok, ok, outre le côté bande-FM-isable de la chose, les grincheux me rétorqueront que Oui mais quand même: la bluette un peu trop mignonette « Sunday Afternoon », le « Effet d’Argnan » trop brumeux, le « Everyone Make Love » de fin-de-soirée-avec-Sade (la chanteuse, pas le marquis…). On est sur CoreAndCo ou bien?

 

Certes.

 

Mais et alors? D’autant que, mis à part le tube définitif « Fusion » qui m’aura coûté cher en sous-vêtements et en teinturier, bordel: t’as vu un peu la quantité de titres susceptibles de te Prosper-Yop-La-Boumiser une soirée fournis sur cette galette? Tiens: « Burlesque Burglary », qui commence sur une approche slavo-stalgique qu’on-croirait-du-Viza pour passer ensuite par des claps claps gipsy avant de s’épanouir dans une « circus country » carrément jouissive. Et ce « Looking For Fame » doucement groovy qui voit un saxo s’accoupler à de mâles Lalalaï slaves vers la marque des 2:10. Et cette grosse séance de bronzage funky et cuivré qu’est « Funkysaxplayer II ». Et l’excellent « Igor » qui sort enfin les crocs « metal » (ou disons plutôt « punk rock », afin de ne pas se faire houspiller par les puristes), mais passe également par des couleurs plus « old RHCP », des moments purement nawak, un trip « Misirlou », avant de s’achever sur un final grandiose. J’arrête là la liste des courses: le message est passé.

 

Bref, si la bonne fusion vous manque, si vous avez envie de passer un moment à la cool en voiture malgré la présence de toute la famille sur la banquette arrière, ou si vous souhaitez quitter progressivement les frostbitten snowboots du death/black des vacances de février pour vous glisser progressivement dans les sandales du mois de juillet, jouez la carte Multipolar: c'est garanti, la température va monter de quelques degrés. Et puis, tiens, bonne nouvelle: l’épisode 3 des aventures des Cool Cavemen – intitulé Funkloric Trip – vient de sortir. On vous en reparle tout bientôt!

 

NB: histoire de rendre moins opaque la notation: 6.5-7 pour le métalleux obtus, 8,5 pour celui/celle qui écoute un peu de tout

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Fishbone, FFF, Living Coloür, Sinclair, les Red Hot, plus un bon petit glaçage nawak… Multipolar, c’est un peu tout ça, avec de gros titres qui pourraient sans mal cartonner en radio. Et puis beaucoup de soleil, également. Miam quoi: ‘faut vous le dire comment?

photo de Cglaume
le 30/11/2014

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