Corbeaux - Hit the head

Chronique CD album (35:00)

chronique Corbeaux - Hit the head

En quelques bourrasques les arbres avaient été vite dénudé en cette fin novembre. Je courrais dans une forêt délaissée par les promeneurs ce lundi là. Les chemins piétons étaient tapissés de feuilles mortes et les rayons frais, automnaux du soleil passaient entre les lourdes branches des chênes.

J'étais sans doute seul à 2kms à la ronde, lorsque je m'arrêtai pour reprendre mon souffle. Un corbeau vint fendre le silence par son envol et son croassement.
Son cri avait sans doute résonné jusqu'à l'orée du bois et me glaça immédiatement le sang. Ma lecture de Poe, la dernière diffusion des oiseaux de Hitchcock et  toute la culture occidentale voit dans le corbeau un charognard pervers,  sans coeur, qui attend patiemment notre mort, perché sur sa branche. Je lisais dans ses yeux sombres qu'il rêvait de piquer de son bec mes deux yeux.

Je ne sais pas si c'était la déshydratation ou mon éducation qui m'a rendait méfiant, voire parano, mais j'imagine toujours le pire.

Ce pire finit toujours de la même manière (dans ma tête)
Le premier me file, puis il me pourchasse, puis il me tend un piège pour qu'une nuée de tueurs noirs dans son genre ne me fonce dessus,afin de me percer la peau à coups de bec.
Quitte à cauchemarder éveillé, je le fais toujours en musique. Jusqu'à maintenant je m'efforcais à me créer une musique avec des violons fous et strident...mais j'ai maintenant des bretons avec des guitares électriques qui ont choisi le patronyme idéal pour l'occasion. Ces corbeaux là sont bien humains.

Ils sont surtout muets (sauf sur "Ezimpurkor") et bavards à la fois. Muets car dépourvus de langue, de cordes vocales. Bavards car pendant 35 minutes ils écrivent la petite histoire qui se déroule dans ma tête, celle qui n'a pas su vous passionner

Ils font hurler les guitares avec une certaine violence, ils tapent violemment sur des toms, ils touchent lourdement les cordes de leur basse.
Ils se mettent tous ensemble pour 35 minutes d'une certaine violence.

Ce fourre-tout n'a pas d'étiquette. Il est atmosphérique, il est un peu progressif, il est furieusement (post-)rock. Il laisse aussi place à 6 occasions de ressentir, d'imaginer.

Je me suis imaginé observé, epié par ces oiseaux de malheur
Je me suis imaginé en pleine "Bagarre".
J'ai imaginé une course-poursuite, une échapée.
J'ai couru à en perdre haleine...et mes repéres.
J'ai songé à ce moment de répit avant de reprendre une fuite en avant.
J'ai surtout pensé à 1000 scenarii avec ces structures inattendus. Parce que la B.O qui se déroulait avait beau prendre une forme classique de prime abord, les chemins qui sont les siens sont sinueux, complexes, riches et finalement imprévisibles.

Corbeaux n'est pas tendre : il secoue cette boîte pleine d'idées noires et il s'y tient sur 6 titres, sans en gâcher une seconde.
C'est puissant, déchirant, passionnant même...mais, dans mon imagination, les corbeaux, les oiseaux cette fois, encouragés par ce titre motivé "Hit the head", finissent toujours par vider mes orbites par petits coups de bec.

photo de Tookie
le 05/02/2015

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