Dan Deach Wealcan - Two Straight Horizontal Lines And The Organized Chaos In Between: Director’s Cut

Dan Deach Wealcan - "Two Straight Horizontal Lines And The Organized Chaos In Between: Director’s Cut"
chronique Dan Deach Wealcan - Two Straight Horizontal Lines And The Organized Chaos In Between: Director’s Cut

Quand vient le moment fatidique de s'attaquer à la rédaction d'un article qui étalera en travers des colonnes de votre webzine préféré la tuyauterie interne d'une œuvre musicale, il y a des fois où, pour peu que la chose punk-bièrise aux entournures, je me sens un peu Crom-Cruach. Si d'aventure l'opus s'avère être une invitation à enculer des carcasses de boucs à bord d'un char d'assaut à propulsion nucléaire, j'ai l'impression d'avoir l'épiderme recouvert des écailles du Cobra Commander. Et à présent que vient le moment de chatouiller le 1er opus de Dan Deagh Wealcan de ma plume mutine, j'ai un peu le sentiment d'être le fils caché de Xuaterc et Eric D Toorop. Parce que le skeud en question badine sur des chemins bobo-avant-gardistes en sifflotant des comptines Indus/Noisy. Et que ce genre de gazouillis plus ou moins métalliques mais quand même joufflus constituerait un habillage sonore idéal pour la célébration d'un PACS entre les 2 collègues en question.

 

Mais je pars dans les gravillons du hors-sujet private-jokesque, et je vois bien que certains baillent. Revenons-en donc à Two Straight Horizontal Lines And The Organized Chaos In Between: Director’s Cut, ainsi qu'au duo russo-ukrainien (… pas localisé en Crimée, non non) qui en a accouché... L'œuvre est un peu déstabilisante, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle commence par nous conduire dans un monde froid, grésillant et vénère rappelant les saveurs inédites que nous avait fait découvrir la compil' Corporate Rock Wars (pleine de Fudge Tunnel, de Scorn, de Pitch Shifter et autre Godflesh...). Ou – dans un trip pas 100% éloigné mais pas non plus hyper parallèle –, rappelant l'unique opus de Nailbomb. Ça friture-dans-le-combiné, ça grogne-dans-le-vocodeur, ça bidibipe-par-dessus-la-guitare-mécanique-over-saturée... Bref.

 

Sauf qu'un poil plus loin, aux alentours de la fin de “Well, Just Burn It Down”, puis de “Det Sista Ljuset”, la chose commence à partir assez nettement dans le décor, dans des délires pas si éloignés que ça d'un cyber-gloubi-boulga qui mériterait presque l'appellation Nawak Indus. Et au cas où l'on commencerait à accrocher au concept, sur les 2 morceaux suivants le duo braque soudainement en direction d'un brouet dandy-noisy-glitch-mes-fesses très peu digeste... Avant de finir sur 4 morceaux assez fantastiques, qui reviennent dans les terres mélodico-ambiantes de l'excellent “Logical -Version 3.76”, pour révéler un univers un peu à part se rapprochant de ce que pourrait être la musique de Textures si les Hollandais glissaient du Djent vers l'Indus. Au passage, faisons une petite courbette à l'évocation de “Mediterranean Sky”, qui représente sans doute ce que le groupe propose de mieux en la matière. Et en restant dans ces parages accueillants, signalons que la reprise du “Tears” de Health (qui, manifestement, sert de bande son au jeu Max Payne 3) s'intègre parfaitement dans le décor.

 

Du coup, entre assauts mécaniquement broussailleux sympas-mais-pas-scotchants, hymnes délicats et profonds, délires un peu m'as-tu-vu et expérimentations iconoclastes, on ne sait plus trop sur quel pied danser. La popote de Dan Deagh Wealcan semble parfois un peu trop orientée vernissage-à-Camden Town – et dans ces moments-là, on a hâte de s'envoyer un peu de Thrash qui bourre, histoire de souffler un peu. Sauf que quelques minutes après le groupe nous fait planer bien haut au cours de majestueux vols planés en Zeppelin steampunk... En même temps, comme l'album finit sur ce qu'il a de mieux à proposer, et que les morceaux dépassent rarement les 3 minutes, ce singulier collier de pilules et de perles passe finalement assez facilement... Ça tombe bien: fin 2015, le groupe a sorti un 2e opus. Et le 3e est pour cette année!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: que vous aimiez votre Indus abrasif, expérimental, bobo ou mélodico-atmosphérique, sur Two Straight Horizontal Lines And The Organized Chaos In Between: Director’s Cut vous trouverez forcément un ou deux morceaux qui vous mettront la truffe en émoi. Après, pour s'assurer que l'expérience reste agréable, il ne faudra pas craindre les changements fréquents de registre, et les explorations de no man's land à la lampe frontale...  

photo de Cglaume
le 23/02/2016

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/02/2016 à 13:12:03

"le fils caché de Xuaterc et Eric D Toorop" ? Purée, juste l'idée provoquerait un coïtus interruptus à un... lapin.

Xuaterc

Xuaterc le 23/02/2016 à 15:20:13

Nom de Zeus, apprendre d 'un coup d'un seul que je suis un bobo, que je vais me pacser et que je suis le père d'un lapin jaune, c'est trop pour mon petit cœur. Vite un shoot d'Arcturus!

cglaume

cglaume le 23/02/2016 à 15:39:55

:D

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/02/2016 à 19:36:33

On dit : ACTARUS (prince d'Euphor).

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 28/02/2016 à 08:14:07

En parlant de bobo- gare à tes oreilles non mais ^^

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