Dead Cowboy's Sluts - Obedience

Dead Cowboy's Sluts - "Obedience"
chronique Dead Cowboy's Sluts - Obedience

Lundi, 9h20 dans le cabinet de mon kiné. Après un bref examen de l'elasticité de ma nuque, il s'installe à son bureau afin de me délivrer son diagnostic : 

 

-Putain mais c'est quoi cette merde ? Bon, j'vais te remettre tout ce bordel en place, mais t'as les disques cervicaux d'un vieux ! Qu'est-ce que t'as branlé ma couille ? C'est à force de sucer des pervers dans le Bois de Boulogne ? Tout ça pour acheter des jeux tout nazes sur PS4, ça fait un peu pitié : tu devrais reprendre tes études et faire autre chose de ta vie. Déjà qu'avec la gueule que tu te payes t'es pas aidé, en plus t'es tout cerné, blanc comme un cul, t'as choppé une MST ? Si tu...

 

-Non non, vous vous méprenez ! lui dis-je.
Je souffre d'insomnies, ce qui explique mes cernes et j'ai récemment découvert Dead cowboy's sluts !

 

-Ecoute, j'vois pas le rapport avec tes recherches sur xHamster. Sérieux, la section "granny" sur ce genre de site c'est déjà vachement chaud, mais là on parle carrément de nécrophilie, tu pars vraiment en couille mon gars.

 

-Mais non, je suis fan de musique métal, et j'ai eu la chance de poser une oreille sur le deuxième album d'un groupe parisien au patronyme quelque peu cavalier (sans mauvais jeu de mots) : Dead cowboy's sluts.
Ces derniers proposent avec "Obedience", 43 minutes d'une musique que l'on pourrait qualifier de "sauvage".
S'il fallait poser une étiquette, je m'oserais bien à parler de "deathcore", mais ce serait faire l'impasse sur le caractère thrash agressif, et du groove bien lourd de leurs compositions.
Le rythme effreiné des 11 morceaux (en excluant la pause ambiante "LH 1051") donne une énergie semblant inépuisable à cet album qui n'a pas peur de s'alourdir et ralentir comme sur le morceau "Red light district"...

 

-"Red light district", c'est là que ta mère bosse non ?

 

-Vous confondez sans doute avec un autre patient, puisque vous n'avez jamais rencontré ma mère. Mais comprenez bien que même si le rythme ralentit, la puissance reste la même.
La violence des morceaux rappelle un mix des compositions haineuses de Slayer mêlées celles de Pantera, le tout avec un son très moderne, clairement inscrit dans notre époque.
Si je devais synthétiser, je dirais que c'est un compromis technique et artistique entre le metal des 90's et celui des 10's.
"Obedience", bien qu'un peu éreintant à suivre, révèle quelques pistes quasi-épiques, ce qui manque à bien des productions. En ne se contentant pas de balancer la purée, le groupe enchaîne en prenant soin de...

 

-...de caler des mosh-parts à déchausser des gencives et des breaks à péter les murs ? C'est bon, j'les vois venir tes expressions toutes faites de chroniqueur du web. Pour finir tu vas me faire un gentil couplet chauvin du genre : "Ouais, en plus ce combo est français", ou la conclusion bateau d'un boutonneux style "hâte de découvrir ça en live". Non ! Pire ! "Vivement leur prochain opus" alors que t'as pas fini d'apprécier ce disque qui semble mettre une branlée phénoménale de par son style ? En plus, sans déconner, qui utilise les mots "opus" et "combo" dans la vie de tous les jours. Puis, quitte à faire dans le cliché, tu vas nous chier un article avec un faux dialogue prétextant une improbable discussion autour de l'album ?
Alors, au lieu de leur tailler des pipes, dis-moi ce qui ne va pas dans cet album, parce que la "pensée positive" est vraiment le genre de truc qui m'emmerde.

 

-Il est vrai qu'une certaine monotonie du chant peut ennuyer, mais il est coincé par les contraintes du genre. Puis 11 morceaux d'une âpre violence fait son petit effet chez les amateurs de sensations musicales fortes, bien que le rendu général finisse par être un peu plat. Cela ne l'empêche pas d'être très bon, ne lui manque qu'un peu de variété.

 

-Ok. Super. De toute façon j'm'en branle de ton avis, j'irai plus vite à écouter moi-même c't'album qu'à me farcir un brouillon vocal de ta future prose bancale sur un article que seuls tes chômeurs de potes virtuels sur Facebook liront. Alors grouille-toi de signer ton chèque, j'ai une vieille dans la salle d'attente qui a la hanche moisie et qui souffre bien plus que toi avec ton torticolis de merde.

 

Alors que je quittais son cabinet, mon kinésithérapeute me héla avant de me dire : 

 

-Tu sais, j'suis parfois un peu vulgaire, et j'ai l'air de m'en foutre complètement de ce que tu racontes. Mais j'veux que ce soit clair entre nous : c'est le cas. Allez, ferme la porte derrière toi et remets ton casque sur ces oreilles décollées, tu pourras écouter ton fameux groupe et cacher deux des 10 trucs dégueulasses qui composent ton visage.

 

Je ne sais pas si je retournerai chez lui la semaine prochaine, car grâce à l'écoute du dernier Deftones, mon cou va mieux et j'ai retrouvé le sommeil.

photo de Tookie
le 06/09/2016

7 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 06/09/2016 à 12:44:06

J'hésite entre "change de kiné" et "change de zic" :P

Xuaterc

Xuaterc le 06/09/2016 à 12:59:33

et moi, innocemment, qui lance une recherche xhamster... J'ai poussé le vice si je puis dire) à chercher xlapin ;-)

cglaume

cglaume le 06/09/2016 à 13:37:59

Voilà un site alternatif à lancer crénom !

Xuaterc

Xuaterc le 06/09/2016 à 15:13:46

Avec des tags #patton, #discobeat, #tsoin tsoin, #c_glaume...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 06/09/2016 à 19:32:05

Moi mon kiné me cause ainsi, c'est direct un frontal. Bon g pas de kiné. Au fait : le son du groupe est vraiment pourrave (comprendre clean et lisse). Sinon ça swingue la touffe.

sepulturastaman

sepulturastaman le 06/09/2016 à 21:33:30

Soit il me manque des trucs sur la gueule sois t'es monsieur patate.
Puis bon le tag granny non mais là vraiment non, même pour voir.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 07/09/2016 à 19:57:54

putain, j'ai pas écouté, mais j'ai ri !
(allez, j'écoute...)

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