Dwaal - Gospel of the Vile

Chronique CD album (01:04:09)

chronique Dwaal - Gospel of the Vile

Amateurs de distorsion, amatrices de saturation, bien le bonjour.

 

Prêt·e·s à vibrer de l'intérieur ? Parce qu'avec Gospel of the Vile, le premier album de Dwaal, vous allez pouvoir mettre votre chaise auto-massante au rebut et ressortir votre compteur sismologique de Richter.

 

C'est complètement par hasard (et en retard aussi, parce que l'objet est sorti en 2020) que les secousses norvégiennes sont venues s'écraser sur mes tympans, puisqu'à l'origine, je cherchais à réécouter l'excellent The Moon Is A Dead World de Gospel. Double hasard en plus, parce que si ces derniers officient dans un screamo/hardcore du plus bel effet, et sont vivement recommandés, le disque qui nous occupe ici (de Dwaal donc) n'a strictement rien à voir (si ce n'est le mot « gospel » dans le titre).

 

Il y a moins de notes, déjà. Et puis elles sont beaucoup, beaucoup (beaucoup) plus basses. Parce que Dwaal, c'est du côté du gros doom dopé au sludge raclant le sol à en creuser des tranchées qu'ils et elles officient, en plus d'y superposer une ambiance post-metallo-bidulisante.

 

Un pur doom à accords traînants et bourdon de distorsion à rallonge bien présent, avec régulièrement une mélodie claire et altière qui se détache comme un éclair au milieu de ce nuage sonore bien noir et crasseux.

Et si vous vous posez la question, ce n'est pas du tout du côté stoner du doom que l'on se trouve ici : exit les traversées du désert sur de grandes lignes droites dans de vieilles carlingues aux sièges troués de brûlure de clope et aux cannettes de bière vides balancées sur la plage arrière, là c'est le froid et la boue dans laquelle on patauge, un peu paumé, avec des restes de bottes un peu trop grandes, qu'on a pour tout horizon. C'est metal, quoi. C'est Norvège mais sans maquillage sur la gueule (faut dire qu'il pleut, aussi, c'est pour ça qu'il y a de la boue).

 

Dwaal, ça veut apparemment d'ailleurs dire « j'erre, je vague », comme quoi ç'pose l'ambiance. Bon, le problème, c'est que c'est en néerlandais, donc ça n'a fort probablement rien à voir. Mais ça reste assez cohérent avec le fond du disque.

 

On y trouve, en entrée et en sortie d'album respectivement, le diptyque « Ascent » et « Descent » (dont on aurait bien vu une inversion des noms vu le côté caverneux de la musique), qui se trouvent par ailleurs être les seuls morceaux où interviennent des voix claires, comme pour encadrer tout le contenu vocal du reste de Gospel of the Vile. Car ailleurs, ce sont des voix directement issues d'un registre doom/death qui règnent, voire même qu'on pourrait retrouver sur certains styles de black metal (le début de la troisième piste par exemple, éponyme de l'album, avant une superbe ambiance glauque à souhait), avec un petit côté presque vicious dans l'intonation, qui viennent imposer un ensemble beaucoup plus agressif que ce que le premier morceau pourrait laisser penser.

 

Le son de la batterie est souvent bien senti, avec notamment une caisse claire excellente, bien sèche, ou les coups de cymbales qui se distinguent dans la purée de pois sonore sur « Like Rats » par exemple, ou le riff organisé autour de cette batterie plus hachée au départ de « Obsidian Heart Burns » aux accents plus post-metal/postcore.

On a aussi ici et là des breaks plus clairs et épurés généralement très bons, avec parfois un son de synthé très particulier qui vient gérer les arrangements d'ambiance avant de revenir se noyer ensuite dans des océans de riffs dégoulinants de saturation, tempérés seulement par les lignes de guitare qui, elles aussi, surgissent parfois à l'improviste mais donnent de la personnalité aux différents morceaux.

 

Avec six pistes pour plus d'une heure de musique, Gospel of the Vile souffre peut-être d'un format un poil trop long qui ne parvient pas toujours à maintenir l'attention, mais qui est tout de même capable de revenir assez vite à la charge avec de nouvelles idées, évitant ainsi le piège de l'ennui.

 

En bref, les doomsters qui traînent en ces pages devraient jeter une oreille (traînante, elle aussi) sur ce Gospel of the Vile de Dwaal, parce qu'entre saturation poussée à fond et régulières bonnes idées, bien qu'il n'y ait rien de révolutionnaire, il y a toutes les chances que la musique proposée par les Norvégien·ne·s leur plaise.

 

A écouter en ayant pris le temps d'enfiler une nouvelle paire de bottes et de prendre les coordonnées de l'abri antisismique le plus proche.

photo de Pingouins
le 09/05/2022

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