Enter Shikari - The mindsweep

Chronique CD album (45:00)

chronique Enter Shikari - The mindsweep

Comment dire.

A la base, Enter Shikari, j'aime bien.

"Take from the skies" avait été accueilli avec un sourcil relevé, des oreilles circonspectes, mais (même 8 ans après) : ça marchait toujours.

En live le groupe n'est pas toujours hyper-carré, mais c'est foutrement bon.

Encore faut-il aimer cette étrange fusion, limite de mauvais goût, au 1er regard d'un double chant "hardcore" (enfin, quelque chose qui y ressemble) et des sons electros entre Dubstep et Dance 90's.

C'est un peu n'importe quoi, au point d'en être parfois dégueulasse.

 

Sur son 1er album le groupe avait juste fait un peu n'importe quoi. Sur les sorties suivantes, le dégueulasse avait très largement pris le dessus.

C'est d'ailleurs tout ce qu'il peut rester dans cette 4eme sortie. Du dégueu.

 

Aujourd'hui sur 44 minutes, seules 4 ne donnent pas la gerbe.

 

"Muscle ton jeu Robert !" disait Aimé Jacquet à Pirès en 1998. "Muscle, sinon tu vas au devant de grandes déconvenues !" poursuivait-il.

J'avais déjà envie de dire ça à Enter Shikari sur "A flash flood of color".

2 ans plus tard, le groupe s'est autant musclé que Stephen Hawkins depuis 1985.

 

Mais pire, ils mettent autant de conviction et d 'envie à jouer que Mimie Mathy dans un épisode de Joséphine.

Une gueulante de temps en temps, comme pour contenter le public d'ado en mal de sensations.

Un chant clair bien géré, pour provoquer une émotion en plastique.

Une ligne de basse mortelle pour dire d'avoir des instruments pour de vrai.

Des grosses, très grosses guitares qui laissent filtrer 2-3 riffs sympas, pour 2-3 morceaux potables. ("There's a price on your head" - "Myopia" - "Interlude" à la Woodkid)

 

Sur chaque morceau j'pourrais vomir un pamphlet dégouté, mais j'en ai la flemme, même pour "Dear future historians" avec son intro piano/chant et ce son maison risible...avant de partir vers de l'excité artificiel.

 

C'est dommage, parce qu'on ne comprend pas le grand écart musical que cherche à faire Enter Shikari, au lieu d'en relier plusieurs entre eux.

On a donc un morceau comme "Myopia", qui débute dans l'atmosphère des derniers Radiohead. C'est pas bête, pas hyper original mais on crie au génie quand le borgne anglais fait ça.

D'un coup, on sent que ça monte comme un coup de trique...mais le rendu est pauvre.

Je suis même tenté d'accuser la prod' qui manque de puissance là où il en faut et met le paquet sur TOUT quand ça sature déjà pas mal.

 

Il est hyper délicat de parler du "vide". Enter Shikari a eu une personnalité flamboyante qui ne réclamait qu'à être développée, perfectionnée il y a 8 ans de cela. Malheureusement, ils empruntent une voie mollement, avec des idées qui, si elles étaient imagées par des ampoules qui sortent de leur tête, seraient basse consommation : c'est long à l'allumage. Et nous, pendant ce temps-là, on aura beau les fixer de nos deux feuilles : rien ne se passera.

 

Ne perdez pas votre temps. Enter Shikari est mort-né lorsque Chirac nous présidait.

photo de Tookie
le 06/01/2015

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