Malist - To Mantle the Rising Sun

Chronique CD album (47 mn)

chronique Malist - To Mantle the Rising Sun

Ma foi, mon trip « Black Metal & One-man band » se poursuit fort agréablement. Après le Suédois (Kvaen) et le Français (Kloct), c’est au tour cette fois-ci d’un Russe. Il ne s'agit pas d'Ash qui a sorti tout récemment son album To the Shores of Sunrise sous le doux nom de Sickle of Dust, mais de Nick Kholodov, alias « Ovfrost ». Déjà membre du duo Bewailer, ce dernier se frotte depuis très peu de temps à l’exercice toujours délicat et exigeant de la création en solo avec son projet Malist.

 

Allez-y marrez-vous un bon coup :

« Super, je l’ai tout de suite intégré sur Malist Bandcamp… »

« Je m’y colle bientôt ; il est sur Malist d’écoute… »

« Nop, désolé, pas de place pour ce nouvel album. Malist des courses est pleine ! »

 

C’est bon, on peut y aller !? Cela aurait pu être pire vous savez ; j’aurais très bien pu faire une chronique de The Womb of Zero des Finlandais de… Bythos. Ou, mieux encore, une chro sur l'EP des Japonais d'Ethereal Sin, intitulé ... Kokuu.

 

Ovfrost, novice de la musique extrême – il n’a que 27 ans le con ! – en est déjà à son 2e album solo. Après In the Catacombs of Time sorti l’année dernière, dont l’écoute est obérée par des lignes de batterie enregistrées sur ordinateur en complet décalage avec l’ambiance générale de l’album, vient le tour du vraiment très bon To Mantle the Rising Sun, toujours chez Northern Silence Productions. Notons la présence d'une vraie batterie cette fois-ci avec le passage derrière les fûts de Marco Di Partolo, alias « Odium Aeterneum » (ex-Impure, Ornament of Thorns, Rex Verminorum). Voilà une sage décision…

 

Une très grosse impression se dégage d’emblée, à l’écoute des huit excellentes et prenantes premières minutes, celles de "Land of the Bewitched" d’une belle modulation et d’une réelle gravité tonales. C’est d’ailleurs une caractéristique féconde de ce second opus, qui oscille constamment entre (partie de) chansons expérimentales et (partie de) chansons plus traditionnelles. De suite embarqué, l’auditeur se trouve plongé en pleins Marais des Morts, tout proche de la Porte Noire, à l’entrée du pays de Mordor. L’artwork orignal signé Artem Demura se place à merveille au service du BM atmosphérique sinistre de Malist, aussi sombre que le territoire-tombeau de Tolkien, où les épais nuages empêchent comme un manteau maudit impénétrable toute percée des rayons du soleil, toute lueur d'espoir.

 

À l’exception de "Shackled Minds" qui détone et déstabilise quelque peu par sa base rythmique vraiment plus catchy, n’espérez rien à l’écoute de To Mantle the Rising Sun pour égayer vos journées déconfinées. Mais elle vous donnera un joli minois patibulaire ! Malgré deux passages plus éthérés en son sein – ouf, on respire enfin autre chose que l’air vicié des « Dead Marshes » –,"To Stifle the Fire in the Eyes" est peut-être le morceau le plus poisseux et lugubre d’entre tous. Le talent protéiforme d’Ovfrust, mobilisé à chaque morceau pour nourrir les émotions les plus intenses, éclabousse aux esgourdes, à l’exemple des lignes introductives à la basse de "Blood of the Untouchable", seconde pépite de cet album, ou du clavier plus franchement investi que dans le premier jet ("Karsted Hearts"). Ovfrust « y a mis son cœur et son âme » ; en tout cas, il a pris du coffre en un an entre ses deux longs formats, les compositions étant plus nourries, plus complexes. Ainsi, malgré une prod’ parfois un peu timide (notamment pour le clavier), ces 47 minutes dégagent à l’évidence chez moi un sentiment fort, celui d’avoir passé du temps à avoir écouté un jeune artiste créatif, auteur d’un travail engagé, nuancé, brillant. Forcément prometteur.

photo de Seisachtheion
le 26/05/2020

1 COMMENTAIRE

Xuaterc

Xuaterc le 26/05/2020 à 13:11:03

Through the looking glass...

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