Forgive - Mirrors

Chronique CD album (40:55)

chronique Forgive - Mirrors

Forgive sortait en avril dernier son premier long format Mirrors, alors que pendant ce temps-là, toutes et tous, mis à part quelques trublions, dans un moment de pure docilité généralisée nous sommes vu accepter l’assignation à résidence et l’autoritarisme d’Etat sans jamais broncher. Mais bref, réjouissons-nous quand même des quelques bonnes sorties qui ont pu nous permettre un peu d’évasion et de rager chacun dans notre coin, porté notamment par quelques éruptions punk-hardcore.

Forgive a réussi à produire ce genre d’effet avec son passionné et fiévreux Psyché. Un album à classer dans la famille du Modern Hardcore avec tout ce que ça implique en termes de mordant que cela soit tant au niveau de la production, du riffing, des lignes mélodiques que dans un chant éructé avec force et émotion. Dans le même style on pense aussitôt à Defeater, Verse, Touche Amore voire par moments à Fake Off même si l’excellence de ces groupes n’est pas forcément de mise sur Mirrors.

Après franchement le résultat est au rendez-vous, avec ce qui m’a paru le plus accrocheur sur Mirrors à savoir son ambiance. Il n’y a pas un titre tubesque qui puisse prendre le pas sur les autres, peut-être « Psyché » à la rigueur, et pourtant l’ensemble marche vraiment bien et s’écoute sans aucune contrariété. Les titres s’enchainent parfaitement, on comprend très bien les intentions du groupe ; nous servir un hardcore viscéral, intimiste, sensible et qui pense aussi que défourailler quand tu fais du hardcore c’est l’minimum syndical.

 

L’ennui sur ce Mirrors c’est la présence trop répétée de ponts typés Post-Hardcore qui en ce qui me concerne m’ont souvent lourdé. J’aurais aimé plus d’entrain et moins de ralentissements. Le groupe prend son temps pour planter le décor c’est certain, il pose souvent le jeu et c’est très bien foutu, néanmoins on aimerait parfois avoir l’occasion de se faire un peu maltraiter lors de séquences un peu plus acharnées. Ce qui pèche à mon sens, c’est la propreté et la consensualité du propos. Le hardcore de Forgive est générique pour ne pas dire un peu trop bien calibré. Ce n’est pas le truc le plus original qu’il m’ait été donné d’entendre, même s’il faut bien reconnaître au groupe sa capacité à envoyer un riffing varié et qui fait très souvent son office.

 

Forgive fait honneur au genre et c’est tout ce qui compte.

 

 

photo de Freaks
le 01/07/2020

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