Hamilton - Home is where the heart is

Chronique CD album (40:00)

chronique Hamilton - Home is where the heart is

Après la surabondance du terme sur toutes les étiquettes de groupes qui ont entâché le qualificatif, il ne faut pas trembler en 2012 pour qualifier un groupe : "d'émo".
Si dans la conscience collective il ne faut pas fouiller très loin dans nos mémoires pour se rappeler de l'ignominie vestimentaire et musicale de cette mode agonisante, ne nous méprenons pas : l'émo, le vrai c'est bien.

Parce qu'il y a l'émo des débuts. Celui des années 90's, popularisé par les américains de Texas is the reason, lui, n'agonise pas, il est toujours aussi vivant avec des micro-structures comme Red Plane Records. En survolant plusieurs territoires, l'Avion Rouge s'est arrêté sur les pistes de son aéroport d'attache, dans le Pas-de-calais, pour le premier album d'Hamilton.

Loin d'être débutant, le groupe a compris la signification du DIY en s'étant pris en mains du début à la fin. Des mains qui se sont activées pour le digipack : sérigraphié et numéroté, au tirage limité à 111 exemplaires. Une objet unique qui a donc une valeur visuelle, tactile... Mais qu'en est-il de la musique ?

Le trio arrageois puise ses influences dans les 90's glorieuses du genre rock-emo-punk.
Les indices ? Des riffs "catchy", une frappe sèche/directe sur les fûts et une voix débordante d'émo-tions (L'excellente "Big city lights").
"We are nothing" est la piste de lancement qui permet au moins de savoir où l'on met les pieds.
On obtient le chant d'Hamilton en mélangeant la voix de Chris Simpson (des cultissimes Mineral) et la rugosité de celle de Chuck Ragan (Hot water Music). Un chant qui ne mise pas sur la froideur et l'obsession de la justesse pour mieux se concentrer sur la sincérité.
Une seconde voix féminine ("Hobo James") ou masculine vient le soutenir, ce qui a hélas tendance à alourdir l'ensemble.

 
Malgré tout, et même si certains morceaux marquent plus que d'autres, on a affaire à un album réussi, avec quelques mélodies dont le songwriting rappelera Jimmy Eat world ou a contrario les tentatives de Sunny day real estate. Autant de bonnes références balayées par le titre "Ellery King".

Le post-rock (né dans les 90's) a l'honneur de la dernière piste durant près de 5 minutes et prend à revers l'auditeur habitué à l'énergie rock des 8 pistes précédentes.
Une clôture qui débute avec un sample de film rappelant les génies angevins de Microfilm...
Ce sera pourtant dans sa personnalité la plus énervée que l'on préférera Hamilton. Ils signent là, à leur manière, un pamphlet musical nostalgique de ce qui est, à mon goût, la plus belle période du rock.

photo de Tookie
le 12/03/2012

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