Hate For Pain - Comic Metal

Hate For Pain - "Comic Metal"
chronique Hate For Pain - Comic Metal

Ils sont français, détestent la douleur (ou ont hâte de manger du pain?) et ont assurément un poster géant d’Ultra Vomit placardé au mur de leur local de répète’… Plus un autre de Gronibard, sur la porte des toilettes, pour l’inspiration très bite-couilles-poil qui imprègne cette première démo comme le lait concentré périmé imbibe le vieux Sopalin usagé (...on va dire). Hate For Pain fait en effet parti de la bande des vilains morveux menée par les 2 cancres précédemment cités et comptant encore Cadaveric Hunter, Ze Barges et autresTenebrum Infectus dans ses rangs. Vous voyez de qui qu'j'vous cause? Ces affreux jojos qui aiment lâcher des « Prout » et des « Caca » sur fond de grosses guitares.

 

Musicalement parlant, le groupe est moins éclectique (… et sans doute plus limité) que les vomisseurs nantais, son terrain de chasse restant plus ou moins cantonné au thrash-à-boire rugueux et au heavy pompier de fond de garage. Ceux qui pensaient écouter du nawak black en seront pour leurs frais: la cover ne fait pas le moine! Les corpse paints arborés ici ne sont pas ceux du necro-panda des fjords, mais plutôt ceux d'heureux possesseurs d'une Ford Panda (mouais...). Côté son, Comic Metal est roots de chez roots: la guitare bénéficie du son chaleureux et grésillant d’un vieux grille-pain en inox (oui-oh-bon: c’est la seule image qui me vienne à l’esprit là…) et le mastering est plutôt à mettre à l’actif d’Alain dans sa douche qu’aux doigts de fée d’Alan Douches (putain mais c’est drôle ça, comme blague!). Les seuls qui réussissent un peu à se démarquer de leurs petits camarades sont les gratteux, ceci grâce à quelques petits soli pas vilains sur « Pas Content! », « Myxomatosis Pandemonium » et « Une magnifique collection de godemichets à l'étage ».

 

N'empêche, on aura beau faire des ronds de jambes et tenter de tourner les choses de la manière la plus diplomatique possible – d’autant que nos lascars ne méritent franchement pas une lapidation en place publique, leur seul but étant de s’éclater en faisant joyeusement les cons –, au moment de juger ces 11 titres, on aura du mal à éviter les qualificatifs « grassement lourd », « complètement crétin », voire carrément « affligeant ». Faut dire qu’ils ne nous aident pas beaucoup, entre l’enchaînement « magique » (et somme toute logique) « Cassoulet Party » / « P.R.O.U.T. » (je cite: « C’est le Prout, qui te réchauffe l’anus et te redresse les poils du cul »), ou le sublimissime « Lady Dianal » (« ÔÔÔ Gloire à toi, Lady Dianal. Un anus comme ça c'est très délicat. Une maîtrise innée de la boîte à caca »). On a donc intérêt à être de ceux qui trouvent Lagaf insupportablement élitiste et Bigard péniblement pédant pour pouvoir vraiment rentrer dans le truc (...si j'ose m'exprimer ainsi!). En plus la musique elle-même ne fait pas trop dans la dentelle – et pour le coup on est finalement assez loin d’Objectif Thunes.

 

M’enfin allez: on s’amuse quand même sur les reprises de la Marseillaise (« La Jardinaise »), de « Nuit de Folie » (« Bruits de Folie » - « … Et tu claques, claques, claques ta tête sur du gravier... ») et surtout sur celle du thème de « Rocky III » (« The Eye Of The Brasseur »). Par contre les voix aiguës et têtes-à-claques, les pastiches à 3 sous (les comédies musicales à la noix sur « Je Vais Me Suicider ») et le manque de vrais morceaux un tant soit peu fédérateurs viennent rapidement à bout de notre patience.

 

Il ne fait pas de doute que Comic Metal vous donnera l’occasion d’un délire bien gras partagé avec des potes méchamment embiérés sur le camping du Hellfest. Mais il ne faudra pas lui en demander plus, la durée de vie de l’objet étant quand même sacrément courte. A consommer après avoir laissé son cerveau (et ses oreilles, pour les plus délicats) au vestiaire…

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: avec Comic Metal, Hate For Pain nous livre une version fauchée et heavy/thrashisante des œuvres de Gronibard et Ultra Vomit, l’humour de la bande étant largement aussi crasse, gras, grave et crade (c’est bon, je les ai tous mis là) que celui de leurs « illustres » grands-frères.

photo de Cglaume
le 18/06/2013

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