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Huata - "Atavist of Mann"

Huata - "Atavist of Mann"
chronique Huata - Atavist of Mann
7/10 0

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Vinyle 12" Vinyle 12" (62:26)

 

Style musical : 

Doom/Stoner

 

Année : 

2012

 

Tracklist :

1. Lords Of The Flame
2. Operation Mistletoe
3. Thee Imperial Wizard
4. Testi Sum Capri
5. Templars Of The Black Sun
6. Fall Of The 4th

 

Label : 

De Arte Magica
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Stonehelm - Stonehelm

J'ai envie de rire. Ne vous méprenez pas : je n'ai pas envie de me moquer de qui que ce soit. Mais j'ai envie de rire. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons.
Sachez déjà qu'on m'a demandé de chroniquer le nouvel album de Huata. Enfin, on m'a plutôt demandé si j'étais d'accord pour le commenter, pour être exact : si ça me motivait.
Oui, ai-je répondu.
Ce qui est rigolo, c'est que le père Carcinos, membre de Huata et membre de la team d'ici-même (auparavant il était ailleurs), avait chroniqué (plusieurs fois) le groupe dans lequel je sévis. C'est à mon tour de me pencher sur ses affres. Le chroniqueur chroniqué par le chroniqué chroniqueur. Mouah ! Je vais donc tenter de faire un bout de texte sur ce disque. Pauvre de lui. Pauvres de vous.
Mais ce n'est pas ce qui me fait le plus marrer dans tout ça... Le groupe a vu les choses en grand, puisqu'il sort, tenez-vous bien, Atavist Of Mann en double album vinyle, oui DOUBLE. Mais pas seulement : il est ou sera disponible également en CD (simple, faut pas déconner) et... en cassette. Via un conglomérat de labels (Throatruiner, Boue Records, Odio Sonoro, Mordgrimm et Psychedoomelic Records) appelé De Arte Magica. Zugzwang Productions s’occupant spécialement de l'édition cassette faite-main.
Trois versions, trois formats, trois galères cumulées pour vous satisfaire, vous, tas de matérialistes pourris gâtés. Certainement pour satisfaire les besoins matérialistes de pourris gâtés du groupe lui-même.
Car c'est ce que nous sommes. Des bouches avides d'objets dans un monde où l'immatériel (certainement pas son cousin spirituel, cela dit) prend de plus en plus de place.
Ce qui est drôle là-dedans, c'est que pour me faire une idée sur la musique de Huata et pondre mon texte, je n'ai eu qu'un lien bandcamp pour écouter tout cela en streaming.
Allez-y, vous pouvez rire aussi.
N'est-ce pas un comble ?
N'est-ce pas d'une ironie splendide ?
Remarquez, peut-être est-il possible de payer pour télécharger les mp3ees. Ah non, pas pour l’instant en tous cas.
Je ne me plains pas, que l'on se comprenne bien, encore une fois...
Car ce qui compte, c'est la musique, non ? LA MUSIQUE ! Et, qu'elle soit gravée sur du coûteux et très peu écologique vinyle en pétrole, ou qu'elle soit irisée en petits zéros et en petits uns compressés jusqu'au concassage, il s'agit bien de musique. Et c'est toujours la même chanson.
A l'heure où tant de frustrés se masturbent sur des packagings, comme on dit, chiadés, faits-main ou chèrement manufacturés, sur des vinyles de couleur (spécial dédicace à Thom « Suranné ») à fort grammage et sur des dépliants de pochettes avec les derniers symboles morts et slogans graphiques à la mode, il me semble bon de rappeler que c'est la musique qui compte. Bordel. Et point final. Le reste n'est qu'emballage. Le reste n'est que discours creux. Le reste n'est que vide intersidéral de nos vies qui nous appelle à la consommation.
Les grands mots, peut-être, mais oui, même dans la musique souterraine non commerciale, il s'agit bien de consommation. De marketing. De publicité. D'attrape nigauds, d'arnaque.
Alors justement, à quoi ai-je pensé en regardant (en tout petit sur des blogs) la pochette du dernier Huata ? Qu'ils affichaient assez clairement les codes de leur musique sur-codée. La toge (qui a dit capuchon?), le couteau. Satan, les bougies, le sacrifice, le rituel, le sang le sexe. Je me suis dit que j'aimerais bien avoir le numéro de télé-iphone de leur copine au premier plan, la belle étendue nue, les seins remontés.
Voilà pour les codes de l'emballage. Voilà et amen pour ma chronique plutôt mal barrée, j'en suis conscient. Amen pour Satan et le graphiste, amen pour l'artwork léché, amen pour le professionnalisme, amen à tout, amen pour ma connerie et ma prétention.

Donc la musique. Les codes étaient déjà là dans le visuel, en partie. Toute ambiguïté résiduelle tombera dès les premières minutes du premier morceau, « Lords Of The Flame ». Doom, Doom, Stoner choses, pas de vraies tendances sludgisantes, mais Doom, oui, comment dit-on ? Doom traditionnel, je crois... Pas loin, en tous cas. Je connais un peu le Reverend Bizarre illustré, et si ce n'est pas exactement cela, rajoutons du Cathedral et nous pourrons causer avec un système de références commun bien délimité.
Voix claires ou éraillées, de l'orgue qui sait se faire remarquer et, devinez quoi ? Oh des gros amplis qui coûtent cher, de la pédale Fuzz à gogo ! Nan ?!? Si, si !!! Vous y croyez, vous ? Vous devriez.

Assez de persiflages, la musique de genre, pourquoi pas ? Y'a le cinéma de genre, y'a la musique de genre, c'est comme ça. S'exprimer pleinement à travers un certain cadre balisé, c'est possible. Car les règles et les codes peuvent permettre à la créativité de se canaliser, de se ressourcer, voire d'exploser.

D'ailleurs, un son de guitare vers les 04:00 de « Operation Mistletoe » me fait tiquer. Un étrange son qui craque, qui se mange de l'intérieur, serpent-ventre-gueule. Un son qui concentre un vrai potentiel psychédélique. Voilà quelque chose d'intéressant.

Sinon, très vite je remarque que le savoir-faire est bel et bien là. Ces artisans, ces bons gars qui ne s'en laissent pas compter, peuvent être fiers. Le son est bien sculpté comme il se doit, avec du gras, du mystère. Une ambiance de batterie naturelle. Des voix idéalement placées dans le mix. L'ambiance est lourdement ancrée. Capuches dans la brume d'herbe grasse qui se consume. Et tout le tralala, le grand bazar fataliste défoncé sur le canapé, mais sous le signe du bouc qui danse (au ralenti).
Ah ! J'ai oublié de parler d'Electric Wizard quelque part, non ? Voilà, c'est fait.

En parlant de sorciers, il y a un sample de vieux film, j'imagine peut-être mal, dans « Thee Imperial Wizard », une prêtresse qui déclame des trucs. Et ils ont l'air d'apprécier la langue Allemande sous-estimée, et trop souvent liée à des clichés martiaux qui devraient pourtant être dépassés, depuis le temps (soupir)...

Mon texte se délite et ses miettes se dessèchent dans mes amertumes. (Désolé pour cette intervention inopinée de l'alsacien défunt Alain Atshumg, mais ma planche oui-ja s'échauffe.)

Pour faire mon grognon jusqu'au bout je pourrais toutefois regretter que les compositions ne soient pas plus prenantes... Je note un certain manque d'émotion. Question de sensibilité, sans doute, mais je dubite que l'aventure à chaque coin de mesure soit un but artistique revendiqué par le groupe entogé.
Après tout, le fil de salive dégoulant du menton est un attribut typique du Doomster irrécupérable. Il s'agit ici d'obsession, de répétition, d'engourdissement, de transe, oui, de transe, comme dans la dance music de Marvin !

Pendant ce temps, « Thee Imperial Wizard » agonise dans le rituel de messe grise, dont, honnêtement, ils auraient pu se passer. Mais l'herbe ayant la fâcheuse faculté de me rendre complètement paranoïaque (à tendances schizoïdes vomitives), il est fort probable que je passe à côté de certaines choses, dont certains monts de merveilles hébétées.

J'aime les sons clairs de « Testi Sum Capri », sur fond de basse caoutchouteuse et d'orgue ecclésiastique. Et son riff qui s'installe, ni triste ni gai, ni menaçant ni sombre, clair-obscur, tout ça, l'entre-deux quand la boîte à beuh est bientôt vide mais encore à moitié pleine. C'est un titre instrumental, sauf que sur la fin, Carcinos profère quelques sentences sentencieuses. Hé.

Ça déborde et on enchaîne sur « Templars Of The Black Sun ». J'avoue que mon intérêt commence à baisser, ou ma concentration, ou mon phallus de rat amateur de joueurs de flûte, comme vous préférez. Sauf que... La compo finit par me réveiller avec ses chants : outrés, voix limite brisées, je pense grave à Cathedral, encore (genre Endtyme, voyez?). Beau boulot, Ronan.

Mais voilà, je ne vais pas faire tous les titres, morceau par morceau et raconter leur évolution. Ben non. Car j'ai déjà dit plus que le principal, pour ce genre de musique autant référencée. Ça plaira certainement beaucoup aux amateurs du genre et fera les autres s'écraser la tête sur l'oreiller. Le son, même en streaming (mouahahahah), est bon, les ambiances soignées et moi j'ai écrit plein de conneries.
Après, je regrette, en général et pas spécialement par rapport à Huata, que les codes ne soient pas plus transgressés, que la folie ne gagne pas et toujours perd, enfermée et castrée dans sa cellule chimique ou rembourrée de bonne vieille réalité carcérale. Les fous, toujours perdent, dans ce monde de merde, les bons élèves s'en sortent avec les honneurs et les autres suivent comme ils peuvent. Et pourtant, la folie en musique, dans ce monde de merde, c'est parfois bien peu de chose : quelques distorsions ruant dans les carcans et les étirant dans des recoins moins peuplés, quelques anomalies ici et là, un petit dérapage... Je sais pas. Bordel, je me répète de chronique en chronique.
C'est que j'ai besoin d'excitants. J'ai besoin de me faire chahuter. Pas vous ?

Huata, en tous cas, a sorti de bons titres de Stoner-Doom, non, trouvez pas ? Même si moi, ça ne me chaHuata pas des masses, ahahah !
Mais Huata a sorti de bons titres de Stoner-Doom, je crois.
J'ai bon ?
Je peux sortir ? Diminuer la dose ? Nan ?
Ah bon. Et si je me comporte bien, j'aurai quoi ?
Un os ?
Une image ?
Le numéro de la fille aux seins étalés ?
Huata a sorti de bons titres de Stoner-Doom, voilà.

photo de El Gep
le 13/02/2012

Note des commentateurs : 9/10 (sur 1 votes)

Commentaires

Carcinos

Carcinos le 13/02/2012 à 13:15:26

IP : 217.108.59.17

Merci Gepeto, je suis aussi surpris que toi que tu te soies occupé de nous.

el gep

el gep le 13/02/2012 à 19:51:27

IP : 93.13.95.32

Bah y'a vraiment pas de quoi, mon cher Carcinet! Désolé pour la diarrhée, je suis un incorrigible incontinent...

KKP

KKP le 13/02/2012 à 20:08:46

IP : 88.172.98.111

l'imodium ca existe... :-)

Domain-Of-Death

Domain-Of-Death le 13/02/2012 à 20:42:21

IP : 86.76.91.19

J'ai beaucoup aimé l'ambiance qui ce dégage de cet album ! Bravo les gars ;) A quand une interview croisée?? héhé

Pidji

Pidji le 14/02/2012 à 10:07:51

IP : 80.13.242.208

Je crois que Sepult' a envie d'interviewer les Huata. Wait & see

Geoff Fatbastard

Geoff Fatbastard le 20/02/2012 à 07:38:31

IP : 93.13.248.37

Une sortie en audiocassette? O.o trop la classe, trop XXe siècle

el gep

Sa note : 9/10

el gep le 05/02/2013 à 21:52:27

Puisque visiblement j'ai dit de la merde dans cette chro et que je me suis mal fait comprendre, je le dis, là: ce disque est très bon, écoutez-le, achetez-le. Na.

R.Savary

R.Savary le 05/04/2013 à 00:52:22

IP : 90.49.30.226

Excellent album de musique de genre ! Manque juste la sortie en DAT ou en md !
8,8°/10 !

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