Ingmar - s/t

Ingmar - "s/t"
chronique Ingmar - s/t

Chocolat : ok ; café : ok ; clopes : ok ; Eau légèrement gazeuse : ok. Après une écoute négligée en voiture, me suis dit que pour celui-là... j'allais prendre le temps.
Pensez bien, le jazz imberbe, la noise en col blanc, et les sermons poivrés ressentis dans les volutes qui s'étiolent dans l'habitacle au cours de la conversation ; griffent les tempes sans que l'on s'en aperçoive. Plus la route déroule son tarmac, ses casses-vitesse, ses trous ; plus la conversation s'adouçit sans s'interrompre, plus les picotis -façon tatouage – s'installent.

 

Quelques semaines plus tard, c'est donc bien installé à mon tour que je lance la lecture du cd. « Blue Jack » démarre sur un chant volontaire, presque scolaire. La couleur est au Blues-rock, presque tranquille mais rapidement le chant sage se mue en une charge épileptique, il devient possédé. Le blues pépère aura fait long feu, « Persona » montre une toute autre facette de l'entité Ingmar. Une forme d'emblée plus imposante, libérée qui renvoie à la no-wave chère à Lydia Lunch. « Kafka » n'arrange rien à l'affaire, et on devine combien les protagonistes aiment triturer les textures. Cette première triplette forme un teaser idéal pour susciter la découverte de ce premier ouvrage.

 

Teaser, le mot est lâché, parce que vous l'aurez deviné, c'est bien de cinéma que l'on cause. Chaque titre proposé fait référence au cinéma et des auteurs en particulier, David Lynch, Jim Jarmush, Nick Cassavettes, Steve Soderbergh, Sidney Lumet, Rainer Werner Fassbinder et forcément Ingmar Bergman. Bon livré comme ça, ça en jette c'est sûr ; on est loin de Gérard Pirès, Albert Pyun, John Flynn ou des productions Globus/Golan. Musicalement, on est loin aussi d'une easy pop synthétique ou d'un Hard FM permanenté.

 

Véritable exercice casse-gueule, l'hommage – a sort of – de la musique au cinéma ne fonctionne que trop rarement. Soit le réalisateur à son musicien attitré (Bernard Herrman pour Hitchkock), soit il met en notes lui-même les images qu'il a au bord de sa caméra (Carpenter forcément). Ses connaisseurs ne s'en laissent pas compter. Ce qui s'apparente à un moment partagé se transforme en véritable album avec ses temps forts « Personna », « Kill the Noise », « Down by law » et ses égarements « Blue Jack » et « Angels fire».
Même si les auteurs/inspirations sont différent(e)s, tout est cohérent le long de ces 34 minutes. Tout cela sonne terriblement new-yorkais entre Mars, Lydia Lunch, The Golden Palominos, et Laurie Anderson.
Pas grave tant les strasbourgeois, amateurs d'incongruité, semblent loin des idées reçues.

photo de Eric D-Toorop
le 07/05/2016

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