Laetitia Sheriff - STILLNESS

Chronique CD album (39:37)

chronique Laetitia Sheriff - STILLNESS

Stillness se présente à nous à travers cet artwork suranné. Un regard croisé chez David Lynch, le temps d'un Lost Highway, une rêverie vagabonde, peut-être un fantasme. Et pourtant, le titre ne laissant pas de place au doute, c'est au calme que nous convie cet album. Pas seulement, ceci dit.

 

Laetitia Sheriff est un nom familier dans le monde du rock indé hexagonal, familier et en même temps son parcours reste assez secret. Avant de nous proposer ce 4e opus, elle peut jeter un oeil derrière son épaule, mesurer les 15 dernières années, où elle a partagé la scène et étirer des lignes de basses sur différentes scènes, des caves lilloises au ciné-concert de Rennes en passant par les Vieilles Charrues, en passant par une session solitaire dans une chapelle. Accompagnant Trunks, s'entourant de son compagnon, Laetitia Sheriff dégage une force établie et tranquille, bien dans ses baskets, la tête dans toutes les époques.

 

Dès les premières écoutes, Stillness impose un rock, presque à l'ancienne, quelque chose de brut, cru, sans fioritures. Un sentiment d'assurance, sans la moindre prétention. Sur « Ashamed », elle chante – I'm scared I watch the war and I'm scared I'm not there yet – Et l'on peut aisément remplacer - war – par – bordel ambiant. Loin d'être une proie emprunte au misérabilisme d'une pensée formatée, Laetitia Sheriff revendique une forme de contemplation, tout en cherchant à s'évader ailleurs.

L'ailleurs, ce sont ces guitares rugissantes, cette basse chaleureuse, ces rythmes empruntés à la meilleure pop-rock des 90's. L'ailleurs, c'est une confraternité non dissimulée avec PJ Harvey, et Shannon Wright et ici avec Grace Slick et Kim Gordon en marraines bienveillantes.

 

Sur Stillness, il y'a « We are you », troublante déclaration à Mère Nature, d'une beauté désarmante dans sa mélodie et son intention. Un « Deal with this » en lice pour être la bonne pop song parfaite, renferme un texte acerbe sur les non-dits et les postures que l'on prend pour masquer une certaine apathie. Le label insiste sur cet aspect de son écriture et pour une fois, on est pas baladé dans du prêt-à-penser

 

Cependant n'allez pas croire que l'on a affaire à une Mère la Morale, Laetitia Sheriff ne profite pas de son état d'observatrice, elle rêve ailleurs... et cela se sent dans le disque, et de fait, on rêve avec elle.

photo de Eric D-Toorop
le 22/01/2021

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