Lecks Inc. - E.G.O. (Everybody Gets One)

chronique Lecks Inc.  - E.G.O. (Everybody Gets One)

Quand on y regarde de plus près, il faut admettre qu'on ne connaît que trop peu la scène metal marseillaise. Peut-être est-ce dû au fait que j'habite à l'autre bout de la France. Ou simplement qu'ils n'arrivent tout simplement pas à outrepasser la frontière provençale. Et pourtant, d'après ce que j'ai cru comprendre, entre deux niaiseries de tournage de Plus Belle La Vie, il semble y avoir une bonne tripotée de vilaines graines qui ont préféré les guitares et les cheveux longs plutôt que rapper en pyjama Puma et chaînes dorées aussi imposantes que bling-bling. Peut-être que les conditions de vie marseillaises un brin hostiles doivent jouer mais le peu que l'on peut entrevoir çà et là semble... Un peu frappadingue du ciboulot. Il suffit de voir et entendre Bad Tripes pour s'en convaincre. Et aujourd'hui, on pourra compter sans nul doute Lecks Inc. dans le sillage. Pas étonnant d'ailleurs de voir les deux formations sur une seule et même affiche de live dans le sud d'ailleurs. Voyez un peu la pochette de leur nouvel et troisième album, E.G.O. (Everybody Gets One), et vous y observerez sans nul doute un sens similaire du bon goût... digne d'illustrer la catégorie « auto-pipe » du Pornhub d'Halloween spécial nécrophile.

 

De cette imagerie digne d'un bon album de brutal death ou de porngrind, on y retrouve une compilation de titres... indus' ! Mais bon, dans sa composante globale. Parce qu'on pourrait dire que Lecks Inc. est l'équivalent indus' de ce qu'est Leng Tch'e pour le grind. A savoir quatre joyeux saltimbanques aux idées sombres qui aiment lorgner à droite et à gauche pour enrichir son propos de base et le rendre ainsi extrêmement varié, si ce n'est un brin expérimental dans ce cas précis à cause d'une aura aussi décadente – et comme un petit quelque chose de second degré qui sent un peu le nawak même si on n'atteint pas non plus le guignolesque – qu'indescriptible qui se dégage de tout ce tas fumeux.

 

Où l'on est loin de la fumisterie. Que Lecks Inc. aille voir du côté de Napalm Death (les six secondes de « Everybody Gets One » se passent de commentaire, la face la plus vénère de « Of Men & Worms »), du black sympho (« The Blood Of The Innocents » où Stéphan Forté d'Adagio vient se taper l'incruste), les délires arabisants (« Dance With Death »), le pur indus' à caractère dansant (« As Weird As Me »), le cyber plus incisif et glacial (« K.K.K. In Your Head » en duo avec Rachel Aspe, l'ancienne vocaliste de Eths), le progressif (« Dance With Death », « My Best Donkey »), ça interpelle autant que ça rend bien. La faute au fait qu'on a toujours l'impression que le groupe se positionne sur une corde raide, à l'image d'un vocaliste jouant à fond la carte de contorsion vocale qui impressionne. De la même manière que son pendant instrumental, toujours prompt à varier les cadences et les atmosphères, donnant cette impression périlleuse de grand écart constant sur une zone de siège éjectable. Où les passages du coq à l'âne flirtent pas mal avec les limites de cohésion. On en vient d'ailleurs parfois à se dire que les quatre larrons peuvent parfois aller trop loin (l'impression d'avoir une fracture franche et nette sur les trois derniers morceaux comme si le groupe s'était décidé à changer son fusil d'épaule en cours de route, le refrain rappelant un peu Shaka Ponk dans l'esprit teinté de sonorités folk un brin superflues sur « The Blood Of The Innocents »). Sentiment qui se dissipe heureusement rapidement tant le numéro d'équilibriste est quand même impressionnant et intéressant dans sa globalité. Et que cette corde raide, Lecks Inc. arrive à en voir finalement son autre extrémité sans jamais se ramasser spécialement.

 

Au final, Lecks Inc. part loin dans son délire. Pas forcément évident d'ingérer en premier lieu mais finira après quelques écoutes à se révéler bien trippant. Tant pour son côté polymorphe, cette impression globale de décadence dans l'atmosphère que cette dérision en terme d'images (entre la jaquette et les clips, ça se pose là...). Peut-être se montre-t-il parfois encore un peu trop dissipé mais on a quand même beaucoup de mal à lui en vouloir tant E.G.O. ne manque pas d'audace et de maîtrise sur de nombreux points. Bref, c'est qu'il semble se passer des choses pas mal à Marseille niveau metal, il faut l'admettre...

photo de Margoth
le 21/11/2018

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 21/11/2018 à 12:18:39

Ça a l'air très recommandable dis !

Margoth

Margoth le 21/11/2018 à 15:33:17

Il est possible qu'il y ait des choses qui te titillent là-dedans effectivement ;)

Garth Algar

Garth Algar le 23/11/2018 à 22:01:12

Un type décapité se faisant une auto-fellation avec un sphynx qui mate tout ça tranquillement et le portrait d'un mec ressemblant vaguement à Emmanuel Macron... non non, tout va bien !

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