Lingua Ignota - SINNER GET READY

Chronique CD album (55:53)

chronique Lingua Ignota - SINNER GET READY

Pour poser l’ambiance, disons les choses ainsi : Si vous aimez Chelsea Wolfe, Lisa Gerrard, Diamanda Galas ou la délicate sensation d’en prendre plein la gueule, vous êtes au bon endroit. Toutefois, si vous êtes arrivés ici totalement par hasard, restez quand même. Cet article pourra probablement répondre à (certaines de) vos questions.

 

Derrière le nom de Lingua Ignota se cache Kristin Hayter, née en 1986 à Del Mar en Californie. Est-ce que cela révèle vraiment quelque chose sur sa musique ? Peut-être oui, puisqu’une simple recherche Google nous apprend que la ville est bordée par une longue qui, apparemment, n’a que peu influencé la musique de la jeune femme. Et concernant ce point précis, sans grande surprises, les origines de cet univers sombre sont à chercher dans des expériences bien moins lumineuses.

 

Se définissant elle-même comme survivante d’abus et violences en tous genres, Kristin transcende toute l’ampleur de ses traumatismes dans une musique sans concessions, profondément immersive et désarçonnante. A l’instar des précédents albums, cette nouvelle livraison propose une expérience qui se trouve être étonnamment accessible, avant de révéler toute sa sève au fil de l’écoute. Et c’est précisément là que se trouve tout son intérêt.

 

Pour celles et ceux qui connaissent déjà l’œuvre de la jeune femme, il n’y a pas de grandes surprises sur cet album. L’artiste y poursuit l’évolution décelable depuis le départ : les morceaux sont plus courts, plus construits et moins erratiques, tout en conservant leur attrait naturel. C’est bien simple, il est impossible de couper l’album, ou un titre, avant la fin. Il y a toujours quelque chose qui pousse à aller plus loin, sans vraiment parvenir à en définir la raison.

 

Bien entendu, les novices en la matière pourront émettre quelques interrogations vis-à-vis d’un pareil ouvrage. Il faut accepter la lenteur générale de l’ensemble, les dissonances, les voix trainantes semblables à celles de rituels ancestraux oubliés de tous et toutes. Bien entendu, il est tout à fait concevable de passer à côté si l’on recherche quelque chose de rapide, rythmé, nerveux ou analogue. Mais bon… Un peu de nuances ne fait jamais réellement de mal, surtout dans un monde déjà bien assez tendu à la base. Prenons donc le temps de souffler, en partageant un peu de cette souffrance si savamment transformée à destination de personnes en quête d’aventures.

 

Car au final, il est bien question de ça : Sinners Get Ready est une aventure. Musicale, tout d’abord, car riche d’instrumentations profondes et étudiées, prenant le meilleur des références citées dans l’introduction. Mais c’est aussi une aventure émotionnelle et humaine, qu’il faut savoir prendre avec ses qualités, comme ses défauts, pour en tirer quelque chose de fort et mémorable. Alors un peu comme le dit le titre même de l’album, si l’envie vous prend de vous y plonger : Préparez-vous !

 

 

 

photo de Domino
le 13/09/2021

3 COMMENTAIRES

el gep

el gep le 13/09/2021 à 13:54:53

" la ville est bordée par une longue qui, apparemment, n’a que peu influencé la musique"
... une longue quoi, manque un mot?
Vous en remerciant d'avance, salutations distinguées, bien cordialement,

El Caporal Del Gepeto

Pingouins

Pingouins le 13/09/2021 à 15:15:09

Longue plage, imagine-je.

Sinon je le trouve assez envoutant, ce Sinner Get Ready, tout de même. Probablement plus accessible que le précédent aussi, parce que le côté flippant et les voix torturées qu'il y avait sur Caligula sont quand même bien moins présents ici.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 14/09/2021 à 23:28:06

Quand même rien de mauvais chez Sargent House.

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