Mindless Self Indulgence - How I Learned to Stop Giving a Shit and Love Mindless Self Indulgence

Chronique CD album (35:35)

chronique Mindless Self Indulgence - How I Learned to Stop Giving a Shit and Love Mindless Self Indulgence

On a tous nos petits jardins secrets. Pour Martial, le videur tatoué du « Blue Coconuts », ce sont ces matinées où Nadine part travailler à la crèche municipale, pendant lesquelles il peut essayer tranquillement ses petites robes d’été. Pour Charles-Edmond, le curé de St François des Ormes, c’est la double utilisation qu’il fait des cierges de la paroisse. Et pour le chroniqueur qui vous cause, c’est un culte sans cesse renouvelé voué aux génialement insupportables Mindless Self Indulgence. Pourtant ceux-ci ont tout pour énerver: une attitude arrogante de têtes-à-claques immatures. Un côté rock stars ridiculement hyper-lookées. Une déclinaison ultra-commerciale de leur production musicale. Un créneau stylistique situé en plein cœur de ce qui fait bicher l’adolescent peu exigeant: électro, high school rock, smart punk Vivagel, vocaux rap, new wave dandy. Bref le summum archétypal de tout ce qui débecte le barbare CobraCommanderesque ou l’anarcho-nihiliste CromCruachien. Mais malgré tout, bordel de chou d’Bruxelles: impossible de résister à l'appel de leur musique!

 

C’est avec l’exceptionnel If –  sorti en 2008, c’est bien ça Mme Michu – que ma pomme se prend son 1er électro-choc, l’album ne comportant QUE-DES-TUBES, de ceux qui permettent à un Bad de placer 5 singles au top du Billboard américain – mais ouais! Et après vérification, incroyable mais vrai, le prédécesseur – You’ll Rebel To Anything – fait mieux encore! Là c’est sûr, la bande à Jimmy Urine a vendu son âme au diable: impossible sinon d’expliquer une telle prolixité en matière d’excellence song-writingesque. Et c’est alors que Frankenstein Girls Will Seem Strangely Sexy (leur 2e effort) se rapproche enfin du haut de ma pile des albums à écouter que le groupe lance une souscription pour la sortie de How I Learned to Stop Giving a Shit and Love Mindless Self Indulgence, leur 5e album. Arrivé à ce stade, c’est forcé, la source va commencer à réduire son débit, voire se tarir. C'est vrai quoi: on ne peut clairement pas conserver l’inspiration et un tel niveau d’énergie après tant d’années à ressasser tout le temps les mêmes titres. C’est sûr, ce coup-ci ils vont nous pondre un « album de la transition », un trip avant-jazz disco progressif – ‘fin bref, quelqe chose de plus respectable et de plus posé.

 

Ouais c’est ça, compte là-dessus et bois de la Villageoise!

 

Non mais tu le crois ça: les affreux récidivent une fois encore. Et c’est reparti pour la grosse partouze friquée post-Bal de Fin d’Année autour de la piscine de papa-maman. C’est reparti pour un tour de guitares indus/rock dynamitées par des beats disco/électro endiablés et une attitude « ‘ranafoot, j’vous baise tous » teenage-punk aussi énervante qu'irrésistible. C’est reparti pour un album blindé de petits brulots brûlants dépassant rarement les 3 minutes – si ce n’est sur l’excellente reprise de « The Logical Song » de Supertramp, complètement revisitée bien qu’étonnamment respectueuse de l’original –, les uns et les autres variant entre tubes mortels et titres simplement très bons. C’est reparti pour une grosse demi-heure de banane ininterrompue packagée dans un cercueil cosmico-pinko-dark semblant clin-d’oeilliser fortement en direction du Death Magnetic de Metallica. C’est reparti pour un son maousse/pimousse made in Rhys Fulber. Allez roule my pounk!

 

Au rang des nominés pour le titre du Plus Gros Tube MSIen 2013, on trouve donc « Witness », son « Son ov a bitch! » introductif et son refrain larger than life. « It Gets Worse » et son « IT-GETS-WORSE… ho, ho, ho, shit, yeah! » qui va vous ronger le cervelet. « You’re No Fun Anymore Mark Trezona » qui vous pourrira tout autant avec son « No more naughty naughty, No more dirty dirty, No more hanky panky… » (oui je sais, ‘faut que j’arrête avec ces citations, mais c’est le seul moyen de me les décoller du fond du bulbe!). « Casio » qui, comme son nom l’indique, est un hymne en l’honneur du grand rival de Texas Instrument, ses cristaux liquides rouges et ses montre-calculettes. « Ass Backwards », conte déviant pour sales mioches, qui finit l'album (à la reprise de Supertramp près) sur le feu d’artifice que tout le monde attendait.

 

Crénom de nom, cette fois encore Mindless Self Indulgence ne nous laisse pas la moindre chance de pouvoir lâcher un « Beuark! C’est vraiment de la pure daube pour lycéens sans cervelle » vengeur – c’est qu’on voudrait bien leur faire payer ces années à idolâtrer un groupe aux antipodes des valeurs trve-metal-ov-deth! Une fois encore, les new-yorkais nous livrent donc une putain de bombe blindée ras la trogne de tubes furieusement dansants. Ah les salopiauds! Heureusement que dans le genre, il nous reste The Bunny The Bear pour casser du sucre sur le dos des vilains vendus, et pouvoir ainsi se sentir un Homo Metalus, un vrai!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: How I Learned to Stop Giving a Shit and Love Mindless Self Indulgence, ou l’album bien nommé. OK, Mindless Self Indulgence pratique une électro-teen-punk tête-à-claques, mais putain c’est tellement bon – tout autant que les 2 précédents! – qu’on ne peut qu’abandonner fierté et réticence et s’y abandonner corps et âme…

photo de Cglaume
le 29/07/2013

2 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 29/07/2013 à 16:12:20

Faut vraiment que tu écoutes Frankenstein Girls Will Seem Strangely Sexy ... ^^

cglaume

cglaume le 29/07/2013 à 16:15:16

Ça vient, ça vient... Et puis après il y aura la réédition (le ré-enregistrement ?) du petit 1er aussi :)

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