Moron Police - The Propaganda Machine

Chronique CD album (35:21)

chronique Moron Police - The Propaganda Machine

Quand Defenders of the Small Yard est sorti, nom d’un petit bonhomme, des vagues d’agréables picotements avaient follement parcouru la moelle épinière de celui dont vous entendez présentement la voix dans le dedans de votre tête. Mon dieu que la montagne était belle ! Les lendemains semblaient enfin vouloir chanter ! Pour un peu on aurait été tenté de croire que le règne de la Fusion doucement Nawak advenait pour de bon, sur la terre comme au ciel. Malheureusement, 5 ans plus tard A Boat on the Sea balançait de méchantes pelletées de terre sur le cercueil de nos espoirs en poussant le curseur de la niaisitude loiiiin dans le rouge. Roger Rabbit le maboul s’était soudainement mué en Panpan, le copain cucul de Bambi. Quel est le salaud qui avait tout englué Moron Police ? Cette fois-ci Peter Venkman ne pourrait pas mettre ça sur le dos de slimer

 

Bien que dépité – et ignorant donc la sortie de l’EP The Stranger and the Hightide, qui ne semble pas vouloir redresser la barre – il aurait été trop facile de jeter l’éponge et de cantonner à jamais les Norvégiens au carton réalisé par eux en 2014. Car il y a eu un premier album, avant qu’on n’attrape en marche le train Defenders of the Small Yard. Et quand on fouille un peu dans le grand foutoir du web, on y découvre que celui-ci – The Propaganda Machine, donc – est présenté par ses géniteurs comme « susceptible de ravir les oreilles de quiconque aurait apprécié [leur] 2e bébé. »

 

Vous imaginez bien qu'il n’aura pas été nécessaire de le dire deux fois au loustic qui monologue actuellement dans vos oreilles…

 

En effet The Propaganda Machine est le digne prédécesseur de l’album de nos Rhaa Lovely passés. Lui aussi trublionne follement, caresse nos oreilles en pouffant, pianote avec désinvolture sur son clavier pour composer des B.O. de dessins animés foutraques, navigue joyeusement de-ci de-là à bord d’une Marsupilami-mobile aux ressorts peints de couleurs vives. Si l’on y regarde de plus près, on constate que le Nawak Metal de cette époque est constitué d’une bonne dose de Punk Rock vif et goguenard, de Metal poppy à refrains accrocheurs, mais aussi de bon vieux Wok’n’Woll sentant parfois la poussière de la Country, parfois les bottes du Stoner… Plus plein de ces foldingueries et de ces parenthèses décalées qui redonnent le sourire à nos tympans.

 

Certes, certains morceaux semblent attester du fait que le groupe n’avait alors pas encore tout à fait atteint le niveau olympique qui sera le sien deux ans plus tard (les « Omnivorous Sexosaurus » et autres « Sunshine Road » font le taf sans soulever un enthousiasme délirant, tandis que le refrain de « Whorehouse » assure le service minimum), mais ce premier album a déjà tout de la Nawak Party de compétition. S’il fallait, pour vous convaincre, retenir un trio de titres plus aboutis que les autres, on citerait le survolté « Who’s That Chicken ? » (dont l'agitation folle se calme le temps d'un refrain très – trop ? – fédérateur, et n'interdit ni un brin de growl, ni des caresses toutes Toehideriennes), « Down At The Disco ! » qui est l’archétype du tube Nawak radio-friendly (ça n’existe pas ? Eh bien si !) ou la très bonne entrée en matière « Charlie’s Enormous Mouth », typique du Moron Police qu’on aime. On aura aussi des pensées émues pour le faussement bienveillant faussement insouciant « Go To Hell », pour la foncerie joyeuse « Super Mega Awesome Couch » (qu’on dirait du Downtown Brown), ainsi que pour le Country / Punk / Thrash délirant de « Mr. Jim ».

 

Dur de savoir si le constat qui suit est entièrement objectif, mais The Propaganda Machine laisse l’impression d’un brouillon exceptionnellement abouti et recelant de petits trésors… Mais ne réussissant pas tout à fait à faire un carton aussi plein que son successeur. Comme si son impact était un peu moins fort, sa dynamique d’ensemble moins solide. Il reste néanmoins un album extrêmement réjouissant, plein d’une énergie pétillante et fantasque ainsi que d’accroches à même de consoler les ronchons qui n’apprécieraient guère le changement d’orientation effectué dernièrement par le groupe. Pas de danger, donc, qu’on ait la rage contre cette machine : sa propagande ne dispense que des messages hautement positifs !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: c’est vrai, ces derniers temps Moron Police a perdu l’énergie follement Nawak qui avait propulsé Defenders of the Small Yard tout en haut de l’affiche. Mais plutôt que de se morfondre, il est toujours possible de se consoler avec The Propaganda Machine, un premier album pas loin de posséder tout ce qui a fait le succès de son successeur.

photo de Cglaume
le 09/01/2022

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