Mouthbreather - I'm Sorry Mr. Salesman

Chronique CD album (23:55)

chronique Mouthbreather - I'm Sorry Mr. Salesman

Ca y est, elle est arrivée... Pidji a fini par m'envoyer ma lettre de licenciement de Coreandco, suite à mon utilisation du terme « neo-hardcore » dans une précédente chronique, faute impardonnable s'il en est. La voici donc rendue publique.

 

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« « Cher volatiles pédestres.

 

Déjà, ce pluriel n'augurait rien de bon. On se doutait bien qu'il y aurait quelques difficultés à obtenir quelque chose d'intelligible dans ce que tu nous proposerais dans tes chroniques. Ensuite, même si on s'en doutait un peu, on ne savait encore pas laquelle de tes lubies animalières prendrait le dessus : le(s) pingouin(s), qui aurait pu être à peu près raccord au vu de ses couleurs, parce que le noir et blanc, ça nous connaît dans notre style musical, certes de niche, mais de goût (ce qui te fait justement défaut) ; ou ce faux lapin, cette « viscache » que tu dis, qui malheureusement semble refléter bien plus adéquatement ce qu'a été ton apport au collectif jusqu'ici : de la flemme, et une production que je qualifierais, pour rester sobre et poli, de soporifique.

 

Pourtant on n'en demandait pas tant que ça. Simplement parler des bonnes sorties musicales, c'est tout. Oui, « bonnes », on avait dit, et c'est probablement ce qui t'as échappé quand tu as pensé que ce serait une bonne idée de nous rejoindre. Et pourtant voilà, toi qui disait aimer le hardcore (par exemple) ou ce genre de chose, tu as encore réussi à laisser passer les bonnes occasions de redorer un peu ton blason désormais sacrément terni.

Parce qu'avec la sortie de I'm Sorry Mr. Salesman de Mouthbreather, par exemple, tu avais quand même une belle perche de tendue l'année dernière.

 

Elle était pourtant facile, celle-là. Toi qui aimes bien balancer des noms en pensant que ça suffit pour faire le boulot, tu aurais pu t'en donner à cœur joie. Dire que l'album allait jouer sur le terrain des groupes de hardcore du tournant des années 2000 avec un côté plus moderne, que des bouts de « Wasted Science » ou d'autres faisaient leurs classes sur la pelouse de Car Bomb (et là tu te serais planté, mais on aurait quand même capté l'intention : ça part un peu de partout, certaines sections sont bien chaos ou math, ces trucs que tu fais semblant de comprendre alors que tu n'y pannes rien)... Tu aurais même probablement été capable de nous dire que le début de « I Leave » te faisait vaguement penser à Shining (Nor) dopé à la psytrance, on a fini par te connaître. Franchement, c'était cadeau, tu aurais pu fondre sur l'occasion comme la vérole sur le bas clergé.

 

Mais non, tu as préféré continuer avec tes bafouilles à propos de ces groupes de hardcore mélo mielleux et autres absurdités post-machins dont, franchement, on se serait bien passés. D'accord, faut parfois combler les trous mais là ce n'est plus du comblage, c'est tenter de pallier à la faim en bouffant des parpaings. Et pourtant, de l'appétit et la patience on en a eu : des mois que ça dure.

 

On garde le même exemple, histoire que tu comprennes bien : tu as préféré laisser passer ce qui est probablement l'un des meilleurs albums de hardcore de 2021, dans le même style en plus vénère que celui que Vein.fm a sorti récemment (réécoute le morceau « Burnout », t'as qu'à voir), et qui te laissait un boulevard pour caler une de tes formules foireuses de type « Mouthbreather, on sent qu'ils ont fait des efforts et développé des trésors d'ingéniosité pour ne pas s'appeler 'Mouthbreaker' ».

On n'a d'ailleurs pas trop compris pourquoi cette image de pétage de dents revient chez toi (ici on est plutôt genoux en règle générale), mais là, pour une fois, c'était la bonne occase. T'aurais même pu glisser un petit mot raccord avec la pochette qui, même si elle a un petit côté ado en mal de rébellion qui aurait un poil trop regardé 'Joker', t'aurais probablement inspiré trois bricoles.

Te voir perdre autant de temps, c'est ça qui nous a rendu fous. Parce que c'est nous qui devons assurer derrière pour rattraper les dégâts.

 

Il y avait tout pourtant sur ce disque qui aurait pu te servir de bouée de sauvetage ! Les morceaux qui claquent d'un bout à l'autre de l'album, un chant hurlé que n'importe quelle formation du genre pourrait vouloir avoir en ses rangs, severo ma giusto comme on dit, des riffs va-t-en-guerre sociale (et là, rien que le titre de la plaque aurait dû te mettre sur la piste, c'est plutôt le genre de trucs qui te plaît ça pourtant ! Pour une fois que tes trucs d'anarcho-gauchiste dont tout le monde se fout pouvaient servir à quelque chose, et ben non), et ce dès l'entame « Wasted Life ». Et en plus tu l'as écouté un paquet de fois, on est tous au courant !

Franchement, dis-moi comment toi, qui dit avoir aimé A Different Shade of Blue de Knocked Loose, tu as pu faire l'impasse sur les riffs de « Cotton Shot » ? Et cette tension permanente dans le bien nommé « Tension Underbite », inversement proportionnelle à la tension de surface de ton interface nerveuse ? Bordel, en plus eux aussi ils sont de Boston, il te faut quoi de plus ?

 

Franchement, je pense que mon chat a plus de conséquence et de compétence que toi dans le domaine, et j'ai pas de chat. C'est dire !

 

Pas un morceau au-dessus des trois minutes, c'est ultra-efficace, ça ne devrait pourtant pas saturer les processus cognitifs tout de même ? T'as même le low tempo de « Deems » pour te reposer un peu au milieu, faire ta pause hamac et hibernation. T'aurais d'ailleurs bien eu besoin de ça, parce que la deuxième partie de I'm Sorry Mr. Salesman ne fait pas dans le collier de coquillettes, avec des titres faits pour décrire ta situation : « I Leave », « Don't Bring Me Back », « Burnout », tous plus gencivophiles les uns que les autres. Et ces fills de batterie sur le dernier titre, qui pour que ce soit plus facile a le même nom que le disque ? Ça te rappelle pas des conneries expérimentales que t'écoute parfois ? Ou les chelouseries que Dillinger et leurs potes bricolaient parfois sur leurs morceaux un peu plus perchés que les autres ?

 

Bref, je n'irai pas plus loin parce que je n'ai pas que ça à faire que de m'occuper de ça, et du coup j'ai toute la team à redresser vu la mauvaise influence que tu exerces sur les capacités de production. Suffirait d'avoir le dos tourné pour que l'un ou l'autre se mette à faire des conneries. C'est que je commence à les connaître aussi les machins qui traînent ici, depuis le temps. Un petit marrant comme toi s'amène et ça y est, les points 'bon goût' de l'ensemble du groupe dégringolent.

 

D'ailleurs, comme pour les tops de la team, tout le monde a aussi pris le temps d'écrire une petite phrase perso en guise d'adieu (et je ne te cache pas que ton épitaphe sera plutôt dans les flops que dans les tops) :

 

Moland : Dis-donc, pour un amateur de musique lente, le passage a été rapide !

 

Pidji : Quand je pense que j'y ai cru...

 

8oris : Tiens, le boss il s'est refait Splinters From An Ever-Changing Face de End, on dirait, ça faisait longtemps qu'il n'avait plus été colère comme ça, ça l'a inspiré.

 

Tookie : xLe nord, c'est hardcorex

 

El Gep : Mais du coup, Mouthbreather, qui s'y colle ? La mauvaise influence de Pingouins m'a donné la flemme.

 

Marc & Domino : Camarade tombé pour le hardcore, on reprend le flambeau ! Mais demain. Aujourd'hui c'est noise & death metal.

 

Eric : Il est dur le boss quand même, il y a des choses intéressantes à prendre dans tous les univers, même s'ils sont hasardeusement nommés.

 

Sepulturastaman : Et comme d'hab c'est les travailleurs qui trinquent... Heureusement qu'il y a le hardcore pour motiver tout le monde à aller tout péter de temps en temps, oh.

 

Seisachteion & Xuaterc : Merde, nous on aimait bien les couleurs annoncées, et puis c'était marrant de voir d'autres gens s'essayer au black de temps en temps... Black & White is love.

 

Crom : De toute façon j'ai jamais pu blairer les bestioles. Sur le barbeuk, à la limite, c'est sympa, mais pas plus.

 

Papy Cyril : En espérant que tout ça ne termine pas en splatter ou test-press...

 

Vincent Bouvier : Pour une fois que je pouvais croire en une certaine forme de solidarité animale...

 

Cglaume : Ce rip-off de lapin jaune en avatar n'a trompé personne, qu'on se le dise, on se doutait dès le début qu'il y avait un loup. Enfin non pas un loup, mais on n'était pas loin de se lancer dans la cuniculiculture à ce rythme. Et ici c'est un peu Highlander à grandes oreilles : il ne peut en rester qu'un (et deux oreilles).

 

Freaks : « Well this is it, kid... ». Une p'tite rectification de classe par réf' interposée, voilà ce qu'il faut. Allez, « I wish you well » quand même et...  « A bientôt j'espère ». »

 

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Bon ben... voilà. Du coup je n'ai pas fait la chronique de Mouthbreather. Mais il intègre tout de même confortablement mon #TopTropTard de l'année dernière, et mon hamac est réparé. Et c'est dedans que je pense que je vais me renvoyer I'm Sorry Mr. Salesman, parce que c'est idéalement là qu'il est à écouter. Histoire de s'envoyer un truc bien violent, des familles, mais à la cool. Z'auriez qu'à faire la même chose, d'ailleurs. Faut profiter des bonnes choses.

photo de Pingouins
le 25/04/2022

7 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 25/04/2022 à 08:39:59

Haha, cette chro de départ va nous forcer à te garder haha !!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/04/2022 à 09:39:17

Kro rigolote. J'avais repérer le groupe sur bandcamp grâce à la bonne pochette mais... j'en ai rien retenu !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/04/2022 à 09:39:29

Kro pas ko...

Seisachtheion

Seisachtheion le 25/04/2022 à 15:11:11

Cool cette chro ''cohésive"... ☺️
#teamcoreandco 

el gep

el gep le 25/04/2022 à 16:02:49

Je proteste vivement!
Ce n'est pas par flemme que je n'écris plus!
Et Pingü n'a rien à voir là-dedans!
CALOMNIE!
CALOMNIE!

Xuaterc

Xuaterc le 25/04/2022 à 16:03:48

Le manchot est mon animal totémique, solitaire qui a besoin du groupe pour survivre... et d'un peu de Neo aussi

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 02/05/2022 à 11:18:29

C'est pourtant vrai qu'il a une bonne tronche pour être dans les top...

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