Mutiny On The Bounty - Digital tropics

Chronique CD album (55:00)

chronique Mutiny On The Bounty - Digital tropics

Sous "Digital Tropics", l'amour se raconte en musique.
On a toute la vie pour l'aimer, en attendant, viens danser ! Viens danser ! Viens danser ! Oh danse danse danse danse ! Ouais ouais ouais ouais ouais ouais ! Viens danser ! Woo !
(T'as pas r'connu ? T'es jamais allé à un mariage ou quoi ?)

Ouais, "Digital tropics" donne des envie de remuer du popotin. Pas autant qu'un tube de l'été ou qu'un déhanché de Shakira, mais juste parce que la danse est sensée être l'expression corporelle primaire du bonheur.
 

Pourtant, de primaire, il n'en a jamais été pas question chez les luxembourgeois qui mêlent une belle activité cérébrale à des belles capacités techniques et physiques.

Doués de leurs mains, ils ont exclus totalement le chant, bien trop envahissant pour leur musique qui ne pouvait s'émanciper que partiellement.
Là où leurs cousins musicaux d'And So I Watch You From Afar bouclent péniblement leur boucle musicale en bégayant de plus en plus, ces messieurs profitent de cet espace sonore pour y intégrer plus de petits sons électros, pour donner plus de corps et de vie à leurs guitares toujours aussi vivantes. 
Elle est là l'envie de danser. ("Dance AUTOMATON dance" / "Strobocop")
 

Toujours inspirés par un Foals dansant mais sous amphet' (période "Antidotes" avec "Ice Ice Island"), leur math-post-rock déboule dans un mutisme presque salvateur.

Toujours loin du déballage technique, sans s'amuser à branler du manche, l'évolution depuis "Trials" est discrète mais sensible. Plus fin, plus posé mais toujours aussi vivant, le groupe ne change pas véritablement de formule musicale, mais il la façonne, l'épure.
Là où une guitare "aère" le son, la seconde l'alourdit parfois, aidée par une basse vrombissante qui donne naissance à ce groove tantôt "dansant", tantôt plus "écrasant". ("Mkl Jksn").
 

Le groupe a le défaut de sa qualité principale : il est généreux. Trop généreux. 55 minutes de leur musique aux multiples ambiances, aux guitares bavardes et complementaires est super enthousiasmant durant la première demi-heure. Un peu moins à la fin de la seconde.
Riche, généreux, mais quelque peu indigeste, là où l'album aurait pu être amputé de trois morceaux, malgré les qualités individuelles de chacun.
(NB : Le remix d'"Ecliptic", très bon titre, est du genre...dispensable)

On ne va quand même pas cracher dans la soupe : autant se lasser d'avoir 55 bonnes minutes que 30 moyennes. Mutiny on the Bounty réveille donc les nerfs, fait oublier les courbatures et impressionne presque pour sa capacité à ancrer si puissamment une mélodie à la seule force des instruments. 
Si les créateurs de ce cd l'ont fait bouche close, vous pouvez de votre côté, l'acheter les yeux fermés.

photo de Tookie
le 22/10/2015

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 22/10/2015 à 13:53:07

"Là où leurs cousins musicaux d'And So I Watch You From Afar bouclent péniblement leur boucle musicale en bégayant de plus en plus" ... Bouh qu'il dit des vilaineries le Monsieur :P

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