My Dark Project - My dark project

Chronique CD album (45 minutes)

chronique My Dark Project - My dark project

 

"Les nouveaux kékés sont les mecs qui font du néo en 2011".
 
Elle n'est pas de moi, mais j'avoue qu'elle m'a fait rire.
Puis si je ne partage pas (complètement) le propos, cette phrase ne m'est pas apparue complètement fausse en découvrant la pochette de My dark project.
 
Difficile de ne pas remarquer ce logo aux couleurs rappelant celles d'un bar à putes en Amérique du Sud. 
D'ailleurs, la présence de femmes aux décolletés plongeants et aux jupes courtes (pour celles qui en ont) amicales avec les musiciens buvant quelques verres va en ce sens...
Puis quelques rangs au-dessus de mon range-cd (tout est classé par ordre alphabétique), je suis retombé sur "Girls girls girls" (j'assume) de Motley Crue : les kékés des 80's dans le genre et suis tombé sur le même style de photo en page centrale du livret.
 
Hommage ou expression d'une kéké-tude assumée, toujours est-il qu'on est en terrain connu pour le visuel... Et pour la musique.
My dark project serait en fait avant tout le projet d'un homme : Benjamin Marchal alias Jam. Un garçon plein de talent qui a su s'entourer de musiciens qui n'en manquent pas mais qui ont trop écouté System of a down.
 
Encore une fois, hommage ou pas, cet ersatz lorrain des americano-arméniens tient beaucoup à la voix qui aussi bien dans les parties planantes, mélodiques, que mélancoliques ressemble à celle de Serj Tankian. Même les chœurs nous rappellent à son bon souvenir ("Escape"). Cette incroyable opportunité, "Jam" ne la saisit que trop bien et met son chant en valeur en l'avançant un peu et en utilisant toutes les cordes de son arc vocal... Parmi lesquelles certaines sont très personnelles et intéressantes ("Mr John" ou toutes les parties criées)
 
Puis si cette voix peut se permettre un si grand écart et quelques tentatives osées c'est parce que musicalement on lui en donne l'occasion.
Dans un néo-métal rendu fort accessible avec des rythmiques et effets plus rock voire très légèrement pop, on retrouve des influences proches de... System of a down.
Quelques effets, riffs rappelant la période Mezmerize / Hypnotize joués plus lentement, voire le rock enervé de "Elect the dead" (pour le projet solo Tankian) : "Mad house is my house" en tête nous le confirmeront.
"Paranoia agent" aux penchants bien plus pop-rock utilise même des percussions et "youyous" rappelent Serart... Projet de Serj Tankian.
 
Pourtant on se sent bien dans cet album de 45 minutes : ça passe vite, c'est intéressant, bien construit, on ne s'ennuie pas et la qualité est là. On trouve des refrains qu'on se prendra à chanter en 3 écoutes, des paroles qu'on ira lire dans le livret et de quoi secouer sa tête et ses pieds: le cocktail parfait.
Puis ressembler à SOAD n'étant pas une mince affaire, on ne peut que s'incliner devant le travail effectué.
Si certains arrivent à passer au-dessus de cette influence majeure pour en trouver d'autres, ils peuvent s'exprimer dans les commentaires, j'avoue ne pas avoir su.
 
On se retrouve du coup avec un intérêt amer pour ces musiciens dont on reconnait le talent mais qui ne savent pas encore se détacher de leur idole.
Un peu comme les kékés qui se prennent pour Mickael Vendetta et faisant Po-popopopopo-po (sur le rythme de "Seven Nation Army" des White stripes) comme dans Secret Story, mais version métal.
 
Normalement quand on copie sur son voisin on met 0 au tricheur mais comme c'est bien fait et que le chroniqueur est un kéké ça donne 7/10 quand même.
photo de Tookie
le 02/09/2011

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