Nausea - The Punk Terrorist Anthology Vol.1

Chronique CD album

chronique Nausea - The Punk Terrorist Anthology Vol.1

Les présidents américains Reagan ou Bush père et fils ont motivé la musique de pas mal de groupes de qualité. Que ce soit bien sûr Dead Kennedys ou bien les meilleurs albums de Ministry.

Nausea ne déroge pas à cette règle en illustrant le malaise de la jeunesse américaine de la fin des années Reagan, dans un contexte de Guerre Froide.

Formé par des squatters du Lower East Side (New York), Nausea constitue le premier groupe important du vivier Crust américain des 90's et eut une influence sur beaucoup de formations du genre par la suite.

Le combo n’était à ses débuts qu’un simple groupe de Punk/Hardcore dans la veine New-yorkaise en plein boum à cette époque mais ayant une admiration sans borne pour Crass.

Après le départ de Neil Robinson en 1988 et son remplacement par Al Long, un fan de Stenchcore anglais, la raïa commença à expérimenter des sonorités beaucoup plus lourdes et sombres. Le son de Nausea se transforma et devint alors totalement original en brassant des styles différents comme les classiques Metal et D-Beat, mais aussi la Noise, le Sludge et même le Reggae. Le groupe parvint à atteindre un degré de popularité très importante pour un groupe Anarcho-Crust en partie grâce à la présence d'Amy Miret (femme de Roger donc) au micro, aussi passionnée que charismatique et en participant notamment au fameux festival « Rock against Racism », très populaire à New York à l'époque.

Nausea se sépara en 1992 mais continue d'être cité comme référence pour un paquet de groupes D- Crust à travers le monde.

 

Les productions du groupe n'étant pas spécialement faciles à trouver, j'ai choisi de parler d'une compil même si je ne suis pas fan de l'exercice.

Comme le nom de l'album l'indique, il s'agit de la première tranche de l'anthologie consacrée au groupe et sortie sur le label fondé par Jello Biafra.

Cette première galette regroupe les titres qui ont fait de Nausea, une légende. Mais pour commencer, il faut préciser que Nausea, c'est d'abord un duel de chanteurs uniques, se partageant la primeur de la haine et de l'agressivité. C'est ensuite un son puissant et lourd à souhait et qui le demeure encore aujourd'hui. Et c'est pour finir, des musiciens au feeling bien réel et pas seulement des branleurs de manche ou de baguettes.

L'écoute de ses vingt-deux titres montre que les New Yorkais formaient parfois un groupe à la musique difficile à classer de façon stricte. Comme un track by track serait ici très fastidieux, j'ai donc fait des choix et tant pis si certains trouvent que ce ne sont pas les bons.

 

Le skeud commence pied au plancher avec "Here Today", mitraillant à tout va aussi bien au niveau de la ryhtmique, que de la guitare et du chant mixte." Cybergod" enchaîne avec un des meilleurs titres de la disco du groupe, issu du très expérimental 7” du même nom : sinistre et violent, on a l'impression d'entendre du Deviated Instinct en mieux joué (pas difficile). Les riffs font penser à un vieux Thrash au son passé au papier de verre. "Fallout (Of Our being)" est également un brulôt tapant lui dans le Punk/Hardcore plus classique mais au refrain doublé par un choeur masculin en plus du chant de Al. Le solo est inventif pour le genre. Mais pas de trace d'Amy ici par contre.

"Lie Cycle" est plus étrange, pesant, et au rythme brisé par des bidouillages quasi indus. Le titre du morceau est scandé de façon lugubre et glacial. "Clutches" est aussi de cette trempe monolithique, à la rage contenue et où la voix de sorcière possédée d'Amy fait encore des merveilles. Les paroles sont une charge anti-religieuse parfaitement corrosive.

"Battered" tiré de l'album Extinction, tape dans le cathartique furibard et Amy est la seule à tenir le micro cette fois-ci, qu'importe, elle dame le pion à n'importe qui. Encore une chanson sur la religion, dénonçant le patriacat qu'elle instaure.

"Johnny Got His Gun" (référence au roman paru en 1939 et au film sorti en 1971 dont Metallica a repris les images pour One) expose les horreurs de la guerre, toujours le pied à fond sur l'accélérateur.

"Butchers" est peut-être le titre le plus violent de cette compil en tapant dans le Crust rageur, une fois les roulements de batterie de l'introduction, passés. Un titre “bave aux lèvres” qui influencera sûrement Aus-Rotten peu de temps après.

"Sacrifice" commence comme un titre Punk classique et odschool à la rythmique pouvant rappelé justement Dead Kennedys mais il ralentit dans son dernier tiers pour entonner un ryhtme ska et un chant adéquate.

Surprenant mais parfaitement exécuté, ce morceau démontre toutes les qualités musicales et l'ouverture culturelle des membres du groupe. Un classique de plus à leur actif.

Et comme Nausea ne serait rien sans les précurseurs, les Grands Anciens, le skeud se termine par deux reprises enchaînées et déchaînées de Discharge.

 

Essentiel pour ceux qui découvrent le groupe, un poil moins pour ceux possédant déjà l'album Extinction - The Second Coming (regroupant le Lp Extinction, le 7” Cybergod et le Lie Cycle Ep) , The Terrorist Anthology Vol. 1 aligne les titres cruciaux d'une formation qui a laissé une trace indélébile malgré une courte carrière. Le volume deux est, lui aussi, recommandable mais seulement si vous êtes plus amateurs de raretés.

 

photo de Crom-Cruach
le 02/06/2013

2 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 02/06/2013 à 17:45:44

Belle chronique, nourrie de références qui met un avant un groupe qui mérite bien plus que le terme "culte" ou "obscur".
ça mérite amplement la page du dimanche.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/06/2013 à 19:16:43

Merci beaucoup :)

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements