No Man - Schoolyard Ghosts

Chronique CD album (52 minutes)

chronique No Man - Schoolyard Ghosts
Pour beaucoup Steven Wilson est le père de Porcupine Tree, et Porcupine Tree son groupe principal et premier. Or, avant de fonder cet "arbre", Wilson a donné naissance à No-Man, projet où son talent de multi-instrumentiste est exploité à sa juste valeur et où ses pulsions créatives peuvent être comblées sans limites. Cette entité musicale a déjà vécu bon nombre de mutations, allant d'œuvres arty pop à de la new-wave parfois un peu fade. Ce "Schoolyard Ghost" s'inscrit dans une veine plus pop/ambiant, après un dernier album ambiant/expérimental.

Mais quand je dis et utilise le mot "pop", n'allez pas tout de suite fuir ou crier au blasphème car le Sir Wilson nous concocte là une pop de grande classe (Anglaise oblige), éthérée et musicalement recherchée, mais par-dessus tout très romantique. Romantique au sens littéraire et artistique bien entendu, avec malheureusement parfois les clichés qui vont avec (sensibilité et tristesse un peu trop exacerbée…).

S'étirant sur des morceaux souvent bien longs (plus de cinq minutes et jusqu'à douze), Wilson prend le temps d'étendre un décor romantique aux ambiances très lentes et contemplatives où les délicates mélodies sont distillées à travers une instrumentalisation d'une grande richesse et sobre à la fois. Pour l'aider dans sa tâche notre compositeur a fait appel à bon nombre d'amis, comme Gavin Harrison (batteur de Porcupine Tree), Theo Travis et sa flûte, et surtout le London Session Orchestra. Ces différents intervenants apportent force et couleurs aux morceaux de façon presque aussi importantes que le chant de Tim Bowness.
Un piano accompagne "All Sweet Things" (magnifique ouverture), un violoncelle vient tatillonner le chanteur sur "Beautiful Song You Should Know", l'orchestre apporte romantisme et grandeur durant les douze minutes de "Truenorth", pendant qu'une flûte furibonde parcours ce même morceau avant d'arriver à un break électro mené par une boite à rythme. Et parmi toutes ces douceurs popisantes, seul "Pigeon Drummer" vient nous assommer d'un coup sec lors de ses élans électro-industriels un brin brutaux.

Difficile en une seule chronique de décrire tous les petits éléments composants cette musique, et toutes les inventivités dénichées par Wilson. Seule une écoute attentive permet de déceler et découvrir la richesse de cet album. Cette musique totalement anticonformiste et sans limites risque de déstabiliser les adeptes de musiques plus aseptisées ou standards, la voix parfois un peu endormie de Bowness risque de vous ennuyer par moment, les plages instrumentales risquent fort bien de vos égarer au début, pourtant ce "Schoolyard Ghost" est un album qui, avec ses émouvantes mélodies, tend à devenir indispensable.
photo de DreamBrother
le 15/08/2008

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