Orchester - The craftsmen

Chronique CD album (45 minutes)

chronique Orchester - The craftsmen

La dette, la justice injuste, le taux de chômage etc.

Décidemment on peut dire que les choses ne vont pas bien en France. Mais s'il y en a une qui peut-être horripilante, c'est bien la surproduction de cérumen qui encombre 120 millions d'oreilles dans l'Hexagone.

 

Orchester a du talent mais a raté le premier virage de sa carrière en ayant la nationalité française. Alors qu'outre-manche on aurait sans doute compris, grâce aux énormes qualités de"Before meeting together again", qu'Orchester était à suivre, en France le groupe demeure confidentiel.

 

Qu'à cela ne tienne, le sextet arrive avec The craftsmen, son second album avec l'espoir d'exploser...et les arguments qui vont avec. Difficile de ne pas offrir une chronique dithyrambique à cet album qui n'a plus du tout le moindre aspect assimilable au large univers "métal" comme son prédécesseur (exception faite du titre coup de poing : "Pooch").

 

Un visage qui s'efface pour en découvrir d'autres derrière. Cette 2e production a parfois des sonorités plus "ethniques" "exotiques" à l'image de "Victoria" qui invite au voyage ou comme sur les paroles de "Mi Tierra" : ode à l'amour de sa terre et haine de ceux qui veulent la voler pour la souiller.

Grâce aux nombreuses options qu'offre un violon dans un groupe moderne, Orchester se permet même l'interlude romantico-spleenien en l'associant à un piano. Une superposition de couches de cordes offre de belles sensations sur deux petites minutes.

 

Mais le jeu de séduction avait commencé depuis le début avec "Le jeu de l'oie". Le groupe trouve son tempo dès les premières secondes : c'est rythmé musicalement. 

Les mots ? Ils rebondissent 'parfois avec rage sur "Pooch") dans une ambiance trip-hop, s'effacent pour un violon tortueux ou des chœurs aériens.

 

Orchester joue avec le feu en mêlant des genres qui ne semblent pas voisins. Ainsi The craftsmen oscille entre un reggae furieux sur un fond électro lourd et un violon plus enjoué.

"Halo" est en décalage complet avec son inquiétante froideur sensuelle...

 

Car il est question de sensualité lorsque Faustine murmure, susurre même, lorsqu'Anne-Laure pince les cordes de son violon et lorsque Jerôme Kasser s'invite sur "The favorite".

Le groupe prend souvent le temps d'installer ses ambiances et pousse Faustine au silence.

Les pistes sont de véritables histoires mais ne dépassent pas les cinq minutes : le pari de donner de la vie et des mélodies tout en ayant un contenu riche est tenu.

Des propos à nuancer pour les deux derniers titres...Des lignes de chant qui s'attardent sur une même note, un rythme (il en est souvent question) bien moins soutenu, on quitte l'album avec les créations les plus faibles.

 

Mais les auditeurs n'auront pas la mémoire courte : 40 des 45 minutes de cet album frisent l'excellence, tout simplement. Un talent bien français dont il serait temps de s’enorgueillir.

 

photo de Tookie
le 08/02/2012

3 COMMENTAIRES

funky

funky le 08/02/2012 à 10:18:19

une tuerie! Et si vous adoré la voix de Faustine, je vous conseille de poser une oreille sur son premier groupe "Munshy"

Dominique K

Dominique K le 08/02/2012 à 12:51:46

Orchester n'es et sera pas le dernier groupe à être reconnu out contry avant de revenir triomphant sur leurs plates bandes surtotu que déjà ds les salles à programmation indé, le bouche à oreille fonctionne ...

barret

barret le 09/02/2012 à 20:01:56

Orchester est déjà un grand groupe comme précisé dans le Rolling Stone de 09/2010, c'est de l'émotion, on ne peut pas rester insensible, d'autant qu'ils reprennent, en live, du Ratm et Led zep, à la façon Orchester.

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