Pixies - EP-1

Chronique mp3 (15:00)

chronique Pixies - EP-1

2013. Les disques poussent comme des petits pains... ah non, ça ne pousse pas des petits pains. Les disques se bousculent comme des kids à l'entrée d'un festival d'été... m'voyez, en rang 2 par 2, attendant sagement leur tour pour la fouille d'usage avant de fouler les plaines de décibels. On remarque toujours une bande d'agités qui fait du raffut ou un hystérique qui a perdu son pass 4 jours.

Une belle organisation.

Dans cette cohorte, on croise ce mec que l'on a pas vu depuis des plombes et on cause pile en reprenant la dernière discussion. Patience dans la file...

 

Ce bon vieux pote, pour le coup, se matérialise sous le retour des Pixies. Le groupe américain le plus influent de ces 25 dernières années. Ah ben ça fait plaisir, nan ?

Titulaires, si pas inventeurs, du format couplet calme/refrain explosif, le combo aura influencé de près ou de loin 90% de la musique dite alternative à guitares. Bien évidemment, le trop rond Charles n'avait pas la gueule d'ange blessé du cyclothymique de Seattle qui a du coup, raflé la mise, les oscars et toutes les babioles du succès de -ceux-qui-savent-. Belle Connerie !

 

Les Pixies, un son ! Un son de légende habillant maladroitement une no-star attitude exposée ! Un EP et 4 albums indiscutables (ouais, même leur petit dernier de 1991, que j'aime pas non plus, rassurez-vous). La chose, la bête intérieure d'un seul homme pas assez costaud pour porter ces mélodies exemplaires. Le même Franck ou Francis (comme vous voulez) qui au retour d'un concert en première partie de U2 au Canada, annoncera par fax à ses disciples zicos que l'aventure est terminée. Tout ça à une encablure d'un succès énorme, à une période où le bizarre avait la côte et que les savants des 4 coins du monde (rond comme Charles) allaient se pencher sur ses satanées paroles qui parlent d'inceste, de prison et d'ufologie, tout en décortiquant cette addiction supposée à la surf music mexicaine et le travail visuel d'un Vaughan Oliver aussi jeté que déterminant dans la légende.


2013. Le Meilleur groupe du Monde (ben si!) revient avec une poignée de titres réunis sous la sombre appellation EP-1, on se marre déjà. 4 titres, qui sachez-le, en annoncent d'autres puisque le groupe a choisi ce format de carte de visite pour passer son Automne 2013-Eté 2014. Rétrospectivement, nous avions eu droit en 2004 à un « Bam Thowk » ridicule, emmené par un orgue énervant. Ces dernières semaines avaient proposées l'amusante vidéo du titre « Bagboy », sympathique et anecdotique. Ce nouveau quart d'heure est bien plus ambitieux. Première impression, on sent que les affaires reprennent. On arrête les petits origamis vite-faits pour faire mousser les vieux fans... Fini de jouer assis, chacun dans son salon, cet EP pue le local de répét aux vitres crasses, ce no man's land qui vivotait au fond du jardin. Probablement chez le batteur (ndla).
« Andro Queen » ramène Pixies sur son terrain préféré, la nonchalance. Le titre n'est pas terrible, - décidément-, mais l'ambiance est là. « Another Toe » Another Pop-Song parfaite, serais-je tenté de dire, l'impression désagréable du premier titre est oubliée ; je concède que pour les Pixies-Addict, c'est encore trop facile. « Indy Cindy » laissé sur la toile comme le single représentatif du vrai retour des bostoniens ... sûr qu'il a de la gueule, sûr qu'il donne envie, ça sent bon tout ça – mais, c'est un peu long, un peu peine-à-jouir. Arrive, le déjà terminus et déterminant « What goes boom », simplement un des meilleurs titres de leur répertoire, toutes époques confondus, une tuerie !

Dans l'ensemble, cet EP marque un temps précis dans le parcours du groupe, il assoit bien sûr la légende, encore que les titres sont un peu légers dans l'ensemble (sauf le terminus). Kim Deal a raccroché sa basse, et c'est une autre Kim (Shattuck) en mode bien plus couguar, qui reprend la 4 cordes. Pour les anciens, elle a chanté chez NOFX, sur leur meilleure plaque (L'album Punk in Drublic), joué de la basse chez Pandoras (qui ça?) et a été cheftaine dans un groupe qui s'appellait les Muffs (j'invente rien).
L'EP a été enregistré pendant la période de Noël 2012, au Pays de Galles, ... c'est peut-être ça, cette impression de trop emmitouflée, ... devraient jouer en T-Shirt, la prochaine fois.

 

photo de Eric D-Toorop
le 09/09/2013

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