Rats Will Feast - Hellhole

Chronique CD album (34:49)

chronique Rats Will Feast - Hellhole

Quand tu oses t'autoqualifier de groupe de "hardcore expérimental", quelques membres de la rédaction de COREandCO ne manquent pas de te regarder un peu de traviole...et tous ne te réservent pas le même accueil et le même traitement.

 

Rats Will Feast - Hellhole

 

Même moi, me parler de Hardcore expérimental sans trembler des genoux ça m'fait quelque chose...en tout cas ça provoque une certaine attente.

 

Après un premier album (Scarcity) ne permettant pas de dessiner les contours de la personnalité du groupe (coincé entre le hardcore, le screamo et le post-rock), la suite s'est inscrite en 2020 avec un EP orienté vers une énième resucée de hardcore pompant goulument des éléments du black-metal.

Rats will Feast décide, avec Hellhole, de casser cette dynamique artistique pour prendre un virage un peu plus audacieux.

 

Dans un genre aussi codifié que le hardcore, les Finlandais cassent les structures et cherchent à se personnaliser.

C'est chose faite dès les premières secondes.

 

Avec un son pas mal "compressé", on est loin des prods américaines super musclées à la Knocked Loose (and co) qui ravissent les esgourdes en demande de sensations fortes.

Cette singularité n'empêche pas le groupe de gerber toute sa puissance et sa "vénéritude", et ce, principalement, par le gueulard de service.

 

Le postillonneur semble infatigable, il pose une bonne ambiance de merde dans laquelle on se plonge avec plaisir. Mais, s'il est un point qui risque de faire l'unanimité, c'est bien que l'aspect "expérimental" ne passe pas par là.

Monocorde de bout en bout, le chant est sacrément limité, s'exprimant par des cris primaires, éructations ou de courts bouts de phrases. Il a néanmoins le mérite de faire le job à la perfection, à condition que l'on n'en attende pas la moindre variation. Véritable pub ambulante pour la Lisopaïne, le chanteur réussit à rendre un peu maboule en quelques syllabes : un style restreint donc, mais une performance convaincante.

(Et non, je n'ai aucune idée des paroles)

 

Reste à valoriser le reste du bruyant orchestre. Parce que si le terme "expérimental" peut paraître excessif, Rats will feast a cette faculté à casser les structures et essayer de caler ce "petit truc en plus".

Cela peut passer par un petit effet sur la guitare, un déformation sonore d'un passage, et tout un tas de subterfuges relativement anodins mais qui, mis bout à bout, finissent par compter et peser sur la personnalité de l'album. À cela s'ajoute un refus du cadre structurel classique d'un titre ou des gros breaks à la con qui lassent (mais marchent à tous les coups). À noter une perf et un son de batterie aux petits oignons.

 

Hellhole est une affaire d'ambiance. Sans être poisseux, cet album dégage un malaise quasi-viscéral à force de hurlements et de variations des guitares. On ne s'emmerde pas une seconde, on en prend plein la gueule.

Certes, le qualificatif "expérimental" est poussé, forcé, voire carrément galvaudé, mais il dit surtout que Rats will feast s'efforce d'être différent...parce qu'il n'est pas complètement pareil que les autres.

photo de Tookie
le 14/06/2024

6 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 14/06/2024 à 08:45:27

Très bel album sorti de nulle part en effet, on passera sur le côté "experimental" qui comme tu l'as dit, est plutôt excessif, mais sinon, c'est du bon !

cglaume

cglaume le 14/06/2024 à 09:10:03

La photo est bien entendu extraite du mémoire "Apartheid is over : what now ?", publié par Kohr Händko, doctorant ayant documenté dans le détail l'évolution de la société sud-africaine après la libération de Nelson Mandela

el gep

el gep le 14/06/2024 à 09:40:22

J'ai lu son livre et vu ses photos, dont celle-ci, et pardonnez-moi de vous contrarier Monsieur Glaume, mais cet illustre Händko est un gros beauf.

cglaume

cglaume le 14/06/2024 à 09:45:19

🤣

Tookie

Tookie le 14/06/2024 à 09:50:40

Rétablissons les choses : les travaux de M. Händko se veulent respectables, mais il s'agit ici d'une photo extraite de la version illustrée. Un parti pris visant à faire "souffler du nez" les fanatiques de ce type d'humour gras et franchouillard (= beauf) dont il est lui-même friand.

Pingouins

Pingouins le 14/06/2024 à 21:43:07

Alors pas bien sûr de me reconnaître sur la photo ou dans le style de réf, mais du coup j'ai écouté l'album, c'est vrai qu'io est bien chouette.
C'est marrant, ça m'a donné l'impression d'un rétropédalage depuis un Converge assez grindy vers des horizons plus hardcore, mixé avec des influences plus modernes. Je vous rejoins sur le "experimental" c'est un peu trop, par contre il y a nue vraie personnalité.
Le chant marche bien mais il est très monocorde quand même !

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