Riot - The privilege of power

Chronique CD album

chronique Riot - The privilege of power

La carrière de Riot, désormais baptisé Riot V (depuis 2013), compte plusieurs périodes, plusieurs line-up, plusieurs chanteurs. De ces périodes, nous retiendrons celle dans laquelle le groupe verse dans le power metal des 90’s, virage entamé avec l’album « Thundersteel », une référence du genre, après 5 albums plus hard rock. C’est pourtant avec « Privilege of power » que le groupe signe son chef d’œuvre. 

 

Là où « Thundersteel » cherchait avant tout la vitesse, « Privilege of power » cherche la finesse, la subtilité, la variété, la technique mais jamais au détriment des mélodies. En l’occurrence, le titre d’ouverture, « On your knees » annonce bien la couleur de l’album, avec sa puissance (sans avoir à en faire des tonnes en terme de vitesse), ses arrangements de 1e classe (bonjour, les trompettes, voire les coups de scratch), son solo de guitare n’ayant rien à envier aux guitar heroes auto-proclamés qui signent des albums entiers de shredding ni aux maîtres des soli speed mélodiques de l’époque, la paire Weikath/Hansen de chez Helloween, ses breaks de folie, à la basse, à la batterie, et le chant de Tony Moore, qui pousse dans les aigus comme peu s’en montrent capables (suivez mon regard vers Michael Kiske, encore chez Helloween). Démonstration de force de l’ensemble, OKAYE… Mais avec finesse, donc.

 

Du reste, l’intro de ce titre d’ouverture, tout en samples et annonces de gimmicks repris beaucoup plus loin dans l’album (on retrouve les mêmes riffs sur le titre de clôture, une reprise de toute beauté d’un maître du jazz-fusion, Al Di Meola, pas un morceau à donner à des débutants, d’ailleurs), montre sa volonté de soigner ses compos, mais surtout, l’album dans son ensemble, en lui conférant une cohérence, un équilibre entre les titres. Alors oui, il est de bon ton d’ouvrir son album avec une bonne biffle sur la face de l’auditeur, et en cela, « On your knees » remplit sa mission à merveille. Mais « Privilege of power » se démarque de « Thundersteel » par la richesse de sa tracklist. Tous liés entre eux par des interludes, les différents morceaux offrent une large palette de la créativité de Riot. La vitesse passe de la ballade (« Runaway », « Maryanne » qui lorgne du côté du hard FM de bon aloi) à la surpuissance technico-mélodique des 2 monstrueuses perles de l’album que sont « Dance of death » et « Black leather and glittering steel », véritables monuments méconnus à inscrire au patrimoine de l’humanité, en passant par du mid-tempo plus convenu (« Metal soldiers », « Little miss death » ou encore « Killer » qui s’offre un duo au chant avec Joe Lynn Turner, s’il vous plaît) mais apportant un véritable contrepoids nécessaire à l’équilibre de l’ensemble.

 

La vitesse à géométrie variable ne constitue évidemment pas la seule source de richesse de l’album. Si les mélodies s’avèrent d’une efficacité redoutable, dans leur capacité à s’imprimer dans la mémoire sans donner une impression de facilité, elles sont surtout servies par une inventivité sur le plan de la composition, de l’exécution et des arrangements. A la guitare, on saluera donc la créativité du regretté Mark Reale, qui trouve l’équilibre entre démonstration purement technique et touché tout en nuances. En fonction des goûts de chacun, on trouvera forcément tel titre plus faible qu’un autre, au vu de la variété d’ambiances, là où « Thundersteel » se montre plus monolithique, plus massif, mais à force d’écouter l’album, force est d’admettre que finalement, on ne peut réellement se passer d’aucun d’entre eux pour garder un album cohérent, riche, généreux, soigné, réussi, presque parfait. Clairement un album de la maturité.

photo de Moland Fengkov
le 04/02/2024

6 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 04/02/2024 à 10:17:12

L'un de ces - nombreux - groupes sur lesquels j'ai complétement fait l'impasse. Mais la chronique et la pochette font envie...

Moland

Moland le 04/02/2024 à 10:24:27

La plupart des gens citeront "Thundersteel", excellent album de speed mélodique, s'il en est. Je préférais chroniquer celui-ci, plus varié. Tu me diras skeu t'en penses, si tu combles ces lacunes.
Merci d'avoir lu.

cglaume

cglaume le 05/02/2024 à 18:32:23

J'ai écouté "On Your Knees", "Dance of Death" et "Black Leather"... Les deux derniers sont du vieil Helloween pur jus, pas vilain, mais très typé. Par contre ce morceau d'intro a vraiment pas classe. Les arrangements le tirent vraiment vers le haut !

cglaume

cglaume le 05/02/2024 à 18:33:38

a vraiment LA classe.

Moland

Moland le 05/02/2024 à 21:24:04

Ah oui, "Black leather..." et "Dance of death" sont les 2 titres speed mélodiques de l'album. Très helloweenesque, en effet, mais c'est de la même époque, donc pas étonnant. Et mine de rien, le côté technique et speed fonctionnent très bien sur ces morceaux. Et le titre d'ouverture est magnifique, je suis d'accord. Y a des morceaux plus convenus sur l'album mais l'ensemble s'équilibre bien. J'adeure cet album, moi, OKAYE 

Moland

Moland le 06/02/2024 à 07:54:32

Ceci dit, c'est quand même différent de Hellowwen : la  batterie est plus nerveuse (sur "Black leather..." notamment), le chant, même s'il pousse dans les aigus, se montre moins lyrique que celui de Kiske. Et globalement, le riffage, assez nerveux, se démarque de la rigueur prussienne. Mais oui, on navigue dans le même genre. 

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