Slapshot - S/t

Slapshot - "S/t"
chronique Slapshot - S/t

31 ans de HxC, ça force le respect.

Pondre un de ses meilleurs album en 2014, faut le faire.

 

Le combo de Boston tire son nom d'un tir frappé utilisé en hockey sur glace : le tir le plus puissant qui existe, pouvant balancer la rondelle à près de 190 km/h.

C'est aussi le nom d'un film où Paul Newman entraîne une équipe de quinzième division composée de gars bien frappés du cigare. Le blase français de cette comédie brutale et jouissive, objet d'un véritable culte au Québec, est La Castagne.

Et pour le coup, La Castagne c'est Slaphot. Suis-je bien clair ?

Un surnom qui irait comme un gant, lesté de plomb, au groupe : c'est limpide là ?

 

Car la formation bostonienne est liée depuis ses débuts à la mouvance la plus dure du SxE. Dure comme je te pète la gueule à la doc coquée, pas comme je fais le con en moulinant dans le vide. D'où une réputation de mauvais garçons patentés.

Sur scène aussi, Slapshot, c'est du costaud, du méchant, du saignant, du HxC donc.

 

Après un passage à vide de cinq ans, le groupe réapparaît dans les viseurs des punkcoreux en 2012 avec un Ep. Deux ans plus tard, un autre format court, Everything Wants To Kill, affiche un Grand Blanc sur sa pochette. Sur l' album qui suit, le masque de hockey n' a jamais autant ressemblé à celui de Jason Voorhees.

Nous voilà prévenus : ça va saigner. Inusables, les gaziers.

 

Leurs compos foncent toujours tout droit, cross à la main. "I Told You So" résume ainsi le style : rapidité rythmique à la punk, riffs caillasseurs, timbre de voix inimitable, chœurs de barbare et là, une basse qui vous lacère les parties.

"Go Hard", c'est la guerre oldschool, tout un pan de l'histoire du HxC ricain, renvoyant aux temps où les mecs de la scène faisaient flipper avec leurs tatouages et pas rire.

On se ramasse ensuite "Kill It With Fire" et on se dit qu'à ce rythme de sulfatage, la partie va être difficile à tenir. Avec son refrain collégial, et son riffing de marmule, le morceau dégomme.

On crache une molaire, on change de dentier pour un lourd "Fuck It", tout en rage larvée. L'arbitre est éjecté de la glace avec "Soft". Plus vintage, tu pisses le sang dans les vestiaires.

Le bombardement ne cesse pas une seule seconde ensuite. Même si "Freezer Burn" apparaît comme une virée entre potes craignos, presque joyeuses, pleines de dents cassées.

 

La surprise de fin, bonne ou mauvaise : une reprise du "Personal Jesus" de Depeche Mode. Là, pas d'avis tellement l'exercice est étrange... Écrire Depeche Mode sur une chro de Hardcore.

 

Concentré de ce qui faisait le HxC de patriarches avec une prod moderne et une gniak de morveux, cet éponyme prouve que c'est dans les vieux pits qu'on fait les meilleurs traumatismes.

photo de Crom-Cruach
le 10/01/2017

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