Soilent Green - Pussy Soul

Chronique CD album (47:22)

chronique Soilent Green - Pussy Soul
Je vais vous demander de faire un bond dans le temps pour cette chronique, jusqu’en 1995 exactement, pour vous parler du premier album de Soilent Green : « Pussy Soul ». A l’époque, le groupe fut formé par une bonne partie des membres de Nuclear Crusifixion (un groupe de Death metal n’ayant sortie que deux démos…) et il a fallut attendre quatre démos et deux splits CD avant que ce « Pussy Soul » voit le jour.

En sortant cet opus, Soilent Green avait donc eu le temps de peaufiner un peu son style et savait quelle direction prendre. Déjà avec « Pussy Soul », le groupe voulait mettre en avant leurs origines sudistes (les membres étant originaires de Louisiane et Nouvelle Orléans) en incluant des passages Sludge à leur Grind/death. Le guitariste Brian Patton fait alors partie d’un autre combo déjà vieux de quelques années répondant au doux nom de Eyehategod… Le gratteux sait donc s’y prendre en la matière et le fait sentir sur la quasi-totalité des morceaux. Même si cette facette de leur musique sera bien mieux maitrisée au fil du temps, les jeunes brutes de Soilent Green s’étaient alors forgé leur personnalité (hé oui en ce temps là c’était encore possible…). Déjà sur ce premier album le combo nous fait profiter de leurs passages basse/batterie fumants et puant l’alcool (« Needlescrape »).

Cependant, bien qu’ils soient friands de ces passages lourds et crades, Soilent Green est avant tout un groupe de Grind/death (plus grind que death d’ailleurs sur cet album). En effet, on sent une grosse dose de punk attitude dans leur musique, à la manière de Napalm Death à la même époque, et les convictions politiques qui vont avec. Cela se traduit par des passages blastés, des lignes de grattes incompréhensibles et un chant criard écorché et hystérique ! Le chanteur troque parfois sa voix criarde contre des vocaux d’un guttural profond, ou même contre un chant plus scandé presque Hardcore sur les passages les plus lents.
Même si ça n’a rien d’impressionnant, on se rend compte de la polyvalence dont fait preuve la session rythmique, avec un batteur qui laisse entrevoir un certain groove par moments, bien que cet aspect sera largement plus visible par la suite…

Bien entendu la grosse faiblesse de « Pussy Soul » reste le son, qui est à la hauteur de ce qu’on pouvait faire à l’époque…C'est-à-dire un son assez brouillon, qui ne dégage pas autant de patate qu’aujourd’hui. Il faudra plusieurs écoutes pour réussir à s’y habituer, et à pouvoir juger cet album objectivement en le replaçant dans son contexte. Néanmoins, cela rend l’album d’une spontanéité indiscutable, et montre bien l’état d’esprit du groupe.

« Pussy Soul » est donc un objet plutôt difficile d’accès à cause du son, surtout aujourd’hui où on a l’habitude d’entendre des musique assez standardisée à ce niveau. Toutefois, cet album nous fait découvrir les prémices d’un combo qui encore aujourd’hui ne manque pas de personnalité. Tout ce que Soilent Green sait faire aujourd’hui commence avec cet album.
photo de Domain-of-death
le 22/03/2009

1 COMMENTAIRE

frolll

frolll le 20/01/2011 à 02:34:43

C'est bourrin, sludgy à souhait, on patauge dans une fange bourbeuse toxique de manière vraiment jouissive et éprouvante. Ca reste un "classique" de la scène NOLA imho.

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