Sojourner - Empires of Ash

Chronique CD album (57:56)

chronique Sojourner - Empires of Ash

Le terme "black sympho" est devenu un gros mot depuis qu'il a été dévoyé dans les années 2000. Le style a pourtant engendré un grand nombre de groupes et d'albums intéressants (Limbonic Art, Mundanus Imperium...), mais il est actuellement mal vu de le pratiquer. Gageons que d'ici une poignées d'années, il reviendra en grâce sous l'impulsion cyclique des effets de mode. Sojourner ne s'y est pas trompé en revendiquant un black atmosphérique épique, plus dans l'air du temps, mais les claviers, chants féminins ne laissent pas de toute de la manière dont le groupe aurait été étiqueté en 1998. Comme quoi, ce jeu des étiquettes ne veut pas dire grand chose.

 

Premier constat, en matière de sons, le groupe a fait des choix, comment dirais-je... étranges. J'ai du mal à croire qu'en 2016, on ne fasse pas sonner une batterie de manière aussi cheap volontairement, on dirait presque une BaR. Passage est sorti il y à 20 ans bordel! Ici, on est plus proche du premier Godkiller. D'ailleurs certains sons de synthé peuvent également y faire penser. Manque de moyens (avec un label comme Avantgarde Music, j'ai du mal à y croire), volonté de sonner daté (retrouver les grandes heures de Summoning?) ou alors naïveté sincère? J'ai envie de laisser à Sojourner le bénéfice du doute et de croire en la dernière option. C'est cette croyance qui me fait adhérer au propos du groupe. Une fois passée la barrière de ces sonorités, l'auditeur n'est pas déçu voyage.

 

Les trois premiers titres offrent un black aux riffs épiques, dans la pure tradition scandinave des 90's. A défaut d'être follement originaux, ils sont plutôt efficaces. Ils sont surmontés de nappes de piano ou de synthé, dont on a déjà parlé, parfois les deux en même temps. Sur la fin de "Aeons of Valor", une voix féminine fait son apparition en soutien des shrieks. Elle inaugure le temps plus calme de l'album. C'est elle qui chante seule la balade "The Pale Host" à instrumentation dépouillée. La suite redevient plus traditionnelle, bien que plus calme et atmosphérique que le début de l'album, mais bien plus émotionnelle, avec le chant féminin toujours présent mais discret. Malgré les défauts décrits plus haut, ce Empires Of Ash arrive à m'embarquer dans le voyage qu'il propose, et c'est bien là l'essentiel.

 

photo de Xuaterc
le 27/06/2016

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