Tankrust - Opposite Terror

Chronique CD album (33:42)

chronique Tankrust - Opposite Terror

A l’occasion de la chronique de l’album d’avant – The Fast of Solace, qui est aussi le tout premier de Tankrust – mon Tookie de collègue décrivait un opus qui « a une bonne base Thrash tout en titillant le Hardcore et le Death mélo » et un groupe qui « n'est pas révolutionnaire, mais [qui] est d'une efficacité terrassante ». A la lecture de ces mots, alors que de manière concomitante Opposite Terror se livrait à un massage vigoureux de mes terminaisons auriculaires, j'étais à la limite de me demander si mon camarade de colonnes n'était pas alors tombé sur une faille spatio-temporelle cachée quelque-part dans les ch’tites mines au milieu desquelles il crèche, et si son Moi du futur – rencontré pour l’occasion, et ayant eu l’opportunité d’écouter l’album suivant – ne lui avait pas demandé d’en toucher quelques lignes avec 3-4 ans d’avance. Plus discutable par contre: le style affiché en vis-à-vis de l'opus N-1: « Thrash metal mélo ». Parce qu’autant on est d’accord que les grosses séances de labourage de tympans auxquelles nous expose ce skeud sont souvent contrebalancées à l’arrière-plan par une lead égrenant des chapelets mélodiques typées « douceurs suédoises » (faut-il parler de guitare Daim dans ce cas?), autant mettre l’accent dessus pour décrire Opposite Terror serait risquer de mal aiguiller le lecteur.

 

Parce que ce que l’on retient au terme de la grosse demi-heure que dure l'aventure, c’est à quel point le parpaing granuleux qu’on vient de se prendre dans le groin était mastoc, et non pas à quel point les rossignols à 6 cordes qui pédalent dans le fond ont lancé de jolis rubans colorés sur les compos. Parce qu’il ne faut pas se fier à cette pochette dans les tons roses arborant une imagerie guignolesquement décalée: un artiste plus investi par son sujet aurait représenté un cyborg prolo dont le musculeux bras droit serait prolongé par un marteau en adamantium, et dont l’avant-bras gauche – tel Cobra – aurait été remplacé par un M16. Et il y aurait des flammes et du crâne fracassé à l'arrière-plan. Mais le mieux est encore de s’écouter « In Despair of Despair », le premier morceau de l’album, pour s’en convaincre: le gros boulet Thrash/Death/Groove/Core qui nous part en pleine trogne est aussi frontal que rustaud, et fort d’un refrain qui – si l’on ferme les yeux – n’évoque guère d’autre image que celle d’un ring ensanglanté. Alors certes, une mélodie Hardcore flotte en filigrane, on ne fait pas que se faire crassement poinçonner. N’empêche: au bout de 3 minutes on a des bleus plein la gueule, et plus un seul souvenir de ces quelques pièces de soie qui nous ont furtivement caressé les oreilles.

 

Alors c’est vrai, comme le disait Tookie les compos sont quand même variées. Parce que, quand on pioche dans plusieurs sous-genres du Metal extrême, on a matière à éviter l’effet 1-son-1-riff-1-tempo. Le groupe use – et abuse – d’ailleurs de l’effet de contraste [roucoulades à la At The Gates / sulfatage de Panzer tatoué / mosherie à munitions lourdes]. Par ailleurs Kootoh postillonne dans tout plein de registres: grunt Power Thrash, aboiements coreux, trilles à la limite du shriek, à une ou deux voix (oui, il ne fait donc pas toujours ça en solo, ou alors il est fort le bougre). Et puis certains morceaux se focalisent un peu plus sur tel ou tel aspect du spectre stylistique couvert par le groupe. Comme le morceau-titre qui force sur le gras en s’autorisant du gruik et un début quasi-Grind. Du coup, sur le papier, pas de risque qu'on s’ennuie a priori. Sauf qu’à la longue la chose devient un peu trop bourrative. Car les mêmes recettes reviennent en boucle, aucun morceau ne surnage vraiment en terme de mémorabilité, et que les blagues de collègues de régiment, ça fait ricaner grassement une fois, deux fois, mais à la longue c’est un peu saoulant.

 

Alors OK, Opposite Terror est aussi efficace qu’un suppo au Destop dans un rectum constipé. Sauf que l’album met un peu trop exclusivement l’accent sur le remuage primaire de moshpit en utilisant généreusement des poncifs vus et revus… Du coup il peine à marquer vraiment les esprits. Mais les amateurs de Metal pour bidasse boxeur et de Metalcore sans édulcorant mélo-émo-sucré devraient quand même y trouver leur compte.

 

PS: pour la petite histoire, les 2 guitaristes qui gratouillaient sur l’album précédent ont été remplacés. Peut-être que cela explique que ce 2e album soit plus orienté « Rythmiques qui tabassent » que « Thrash mélo » – cf. la chro de Tookie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: trapu, létal et rustaud comme un Gimli version Power Thrash/Death/Core, le 2e album de Tankrust fait efficacement saigner des oreilles. Mais une trop grande homogénéité et un recours trop fréquent à des gimmicks Mosh/Brutal/Swedcore rendent la chose un peu bourrative, voire poussive sur la longue.

 

 

photo de Cglaume
le 17/01/2020

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