Temporary - Nothing Lasts Forever

Chronique CD album (10:48)

chronique Temporary - Nothing Lasts Forever

Nouveau bébé dans la scène hardcore française, voici Temporary, un jeune groupe parisien dont les membres ont un CV plus chargé qu’un culturiste en compétition (Cry Havoc, Mlah, 78 Finest, Grand Central, Forest In Blood) et du coup, comme un culturiste en compétition, ça en impose.



Parce que, oui, jeune groupe, mais qui défend bec (pointu) et ongles (acérés) son gros hardcore old-school très empreint de ce bon vieil esprit New-Yorkais qu’on aime tant. Les gars ne sont pas là pour enfiler des perles mais plutôt des phalanges, en mode salade avec supplément vinaigrette.



On se fait donc sulfater la face par une voix qui rappelle, dans l’intention (surtout) et dans la tessiture (pas mal), un groupe pas très très connu, Nostromo. Cette voix qui yoyotte entre screams et growls, puissante et gueularde, qui ramone du glaviot acide et postillonne sans aucune distanciation sociale des paroles engagées, simples et sans appel; pas nietzschéennes dans la forme mais profondément dans le style. Le groupe dénonce l’Humain et son cruel manque d’humanité, l’avènement de la technologie, religion détestable et malsaine qui nous fait croire, pauvres putrescibles que nous sommes, que nous serions de riches invincibles. Les thèmes abordés sont classiques, évidents mais tellement ancrés dans notre époque que l'on apprécie cette furieuse piqure de rappel.



Musicalement, on fait dans le Verhoven: 50% sickofitallien 50% madballien, 100 % hardcore. De bons breakdowns bien groovy en mode descente d’organe ("Digital Greed") qui donnent envie de sarcler le sol à mains nues, des riffs punks mid-tempo et fédérateurs (vous avez dit hardcore?), appuyés par des chœurs efficaces auxquels on se joint plus que volontiers. Un potentiel live énorme donc.



Et si Temporary peut être primé pour son style, certes primaire, mais de première, le groupe sait aussi se poser à l’occasion d’ambiances plus tenues, limite sludge avec de la bonne lourdeur bien glaiseuse ("Technoir"). On ne peut que les encourager à persister dans cette voie car cette lichette de diversité ajoute un peu de fraîcheur à leur style très appréciable mais encore très classique.



Le mixage nous rappelle au bon souvenir de ces saintes années 90 (en terme de son, le reste était globalement autant à chier qu’aujourd’hui mais en fluo et avec des coupes de cheveux ridicules). Ces années 90, bénites, lorsque l’on pouvait pousser nos enceintes sans que la “loudness war” vienne s’en mêler. Bref, ici, c’est du mat mais puissant, du simple mais généreux, de l’humble mais maîtrisé pour une belle empreinte sonore, une route bien tracée et sans nid de poule: le grain des guitares a le bon goût du bon gros gravier, la voix y étale généreusement sa chaux vive et le duo basse batterie finit de bitumer efficacement le tout. Du hardcore, Colas en plus efficace



Avec ce premier EP, Temporary ne révolutionne pas le style mais démontre qu’il le maîtrise solidement et laisse entrevoir qu’il a la capacité, le talent nécessaire pour le porter un peu plus loin. En attendant, c’est une nouvelle preuve que le hardcore old-school n’est pas mort en France et que la relève est assurée avec vigueur et rigueur. Bref, "Nothing Lasts Forever, but Temporary might!".



 



On aime bien : du hardcore classique mais parfaitement exécuté, la voix au top, le mixage old-school tout à fait dans l’esprit.

On n’aime moins: vivement la suite...avec plus de prises de risques


photo de 8oris
le 19/11/2020

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/11/2020 à 19:22:18

Je deviens un vieux snob en HxC mais ça passe pas mal. J'attends surtout le dernier MANU ARMATA là...

8oris

8oris le 19/11/2020 à 22:37:27

On va faire un club. Mais en attendant le plat de resistance,Temporary fait le job en entrée!
(Au début, j'ai lu "je deviens un vieux schock")

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/11/2020 à 12:01:27

Ben le MANU, il descend bien !

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