Terra Tenebrosa - The Purging

Chronique CD album (47:70)

chronique Terra Tenebrosa - The Purging

 

Aujourd’hui, c’est cadeau. Toute schizophrénie mise à part, je vous donne l’extraordinaire opportunité d’assister au débat intérieur qui se joue à chaque rédaction coreandcorienne. A la façon d’une Charlotte Rampling dans le rôle de la raison (check la pub de je ne sais plus qu’elle agence d’assurance), voici donc un aperçu du merdier cérébral potentiel qui me permet parfois de torcher quelques paragraphes lisibles dans ces pages.

 

Prêts ? ok… c’est parti alors.

 

 

Le chroniqueur « objectif » (et donc langue de pute) :

 

Bon pour une fois, je fais pas la chronique de vagues copains de je ne sais quel coin de l’hexagone dans laquelle je vais devoir faire semblant de ne connaître personne. Je vais donc pouvoir me concentrer sur la musique, chouette. Pas trop le choix d’ailleurs vu qu’on voit même pas les tronches des musiciens du groupe et qu’ils commencent tout juste à se produire sur scène. Bon l’artwork déjà… Ben c’est le même que celui de leur premier album non ? Ah ouais, il est en couleur cette fois et y a les gars du dernier Mass Hysteria en fond, c’est joli mais ça n’a probablement rien à voir. Bon, on met la rondelle… Putain, c’est pas joyeux tout ça… Pas joyeux et pas facile à suivre. Le batteur aide pas et le chant guère plus. On dirait des braillements de pandas norvégiens mixés super en avant et avec des effets chelous. J’avais déjà trouvé ça un peu dérangeant sur leur première galette et c’est pas mieux sur celle-ci. En tout cas, c’est original hein, c’est sûr. Expérimental même ! Quand j’écoute « the Nucleus Turbine » par exemple, j’ai juste l’impression qu’ils ont involontairement décalé les pistes de batteries sur  Pro Tools. Ok, ça produit son petit effet zarbi mais bon, c’est pas carré quoi, sans rire. Heureusement qu’il y a des samples pour souligner qu’il s’agit plus ou moins d’une piste ambiante (7 minutes quand même). Pour le reste, ça sonnerait surement du feu de dieu s’il n’y avait pas toute cette reverb tout le temps… On sait même plus vraiment ce qu’on écoute des fois tellement le son part en couille. Je crois même avoir du baisser le volume de ma chaine trois ou quatre fois à cause des voisins tiens. C’est pas un disque à passer en soirée entre amis (ouais, ça faudra que je le mette dans la chronique, ça fera une bonne vanne).

 

 

Le chroniqueur « passionné » (mais probablement un peu émotif aussi) :

 

Je suis vraiment con de m’embarquer dans ce second disque de Terra Tenebrosa. La première fois j’avais pas dormi pendant trois ou quatre nuits. Et vu la gueule de « Black Pearl in a Chrystalline Shell », le titre que les suédois ont mis en écoute il y a quelques mois, je risque fort de me taper de nouvelles crises d’angoisses. Et ben oui, modèle géant même. Même si j’ai comme l’impression  que le son, les structures et le contenu brut de ce nouveau disque se font un chouilla plus accessibles, l’ambiance y est, elle aussi, plus noire et claustrophobique encore, comme si ce regain de clarté générale dans le propos avait rendu ce dernier plus insidieux encore. Les riffs dégagent toujours cette même tension dramatique, les patterns rythmiques se font encore plus tribaux et chaotiques et tout le reste (chant, samples, effets, textures, arrangements) sont tout juste issus du plus infâme coin des enfers. Putain, limite, The Tunnels c’était de la rigolade à coté de ça. Ici chaque seconde transpire le malaise sans parler de cette foutue ambiance occulte à vous faire passer tous les groupes de trve black metal de la planète pour des Teletubbies. Un titre comme « Disintegration » par exemple serait très probablement à même de me terrer dans une catatonie en bonne et due forme si je venais à l’écouter de trop.

 

 

Le chroniqueur monomaniaque (et fan de Breach, oui) :

 

Putain, c’était bien Breach quand même. Vraiment bien. En fait je crois qu’on peut dire qu’aucun groupe n’a su reproduire ce putain d’équilibre entre drame, violence et noirceur depuis leur dernier album. Même eux n’y arrivent pas avec leur nouveau projet d’ailleurs. Y avait-il vraiment besoin de se terrer derrière des masques et une noirceur théâtrale surlignée à grand renfort d’ambiance et de sample. Merde, à l’époque, une bonne grosse disto et un chanteur qui se faisait péter les veines du cou suffisaient amplement, non ? Parce qu'avec Terra Tenebrosa, on se mange le cortège des diablotins et des succubes au complet... Bah, ils mettent pas de pentagramme dans leur artwork, c’est déjà ça. Après coté musique, je retrouve une fois de plus ce que j’aimais tout particulièrement dans Breach et à moindre échelle sur The Tunnels, l'album précédent de ce nouveau projet (que j'avais adoré à sa sortie, un peu moins par la suite)... Des harmonies déchirantes, des cavalcades passionnées, des mélodies entêtantes et, gloire absolue, de bonnes grosses rythmiques bien sauvages et rock n’roll comme je les aime... C’est dans ces moments là d’ailleurs que l’on sait que c’est pas du vulgaire black metal qui suinte à travers nos haut parleur mais bien la très sainte parole des maîtres incontestés (incontestables du moins) du rock le plus sombre qui soit. Alors ouais, c’est pas Breach que j’écoute là, malheur. MALHEUR ! Mais bon, le malheur lui va bien à cette musique de toute manière... Peut être même plus que j’’aurais pu le croire à la première écoute. Du coup, même si j’ai pas forcément envie d’aller courir nu dans les bois avec des signes cabalistiques taillés sur la peau, je dois bien dire que The Purging reste un fabuleux héritage du hardcore sombre et chaotique que j’aime tant, peu importe que le propos ne soit pas le même. Peu importe qu’il faille oublier son groupe préféré pour coller à une actu qui refuse parfois la nostalgie abusive. Peu importe.

 

 

Le chroniqueur synthétique (celui qui a le dernier mot) :

 

Ce disque est incroyable. Vraiment. Putain, je peux pas lui mettre 10/10, j’en ai déjà mis deux depuis le début de l’année. Et puis ma légère subjectivité aurait tendance à ne pas adhérer aveuglément à tous les partis pris de ce projet passionnant. Mais ouais, je peux conclure là dessus : ce projet est passionnant, ce disque est passionnant. Rideau.

photo de Swarm
le 04/04/2013

3 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 04/04/2013 à 11:07:27

Pas réussi à entrer dedans encore, il faut persévérer je pense.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/04/2013 à 18:24:15

Idem. Pas sûr que j'essaie à nouveau d'ailleurs.

GorGonopsia

GorGonopsia le 20/04/2013 à 11:30:15

Une descente aux enfers interminable...la claque totale !!

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