The Filaments - Land Of Lions

Chronique CD album

chronique The Filaments - Land Of Lions

Faisant partie de la fine fleur du streepunk rosbif, The Filaments officient depuis l'année 2000 et n'avaient pas pondu de son pendant six ans avant la sortie de Land Of Lions.

Dès le premier titre de la plaque, on se dit d'entrée que ce ne sont pas des rigolos. Chant vindicatif à l'accent prolo, chœurs de hooligans, rythmique marteau pilon, même les cuivres se font méchants. Car The Filaments cuivre son keupon de crevard de la plus belle des façons. En effet, trombone, trompette, sax ne sont pas vraiment là pour amuser la galerie mais plutôt pour honorer la tradition du Roots Rock Reggae.

Bien sûr la Oï ! pointe son nez dès le troisième morceau avec ses sing alongs plaisants, additionnés d'un discret piano bien martelé. On n'est pas loin d'un The Kings Of Nuthin' (rip Torr Skoog) mais en moins rythm and blues tout en ayant les mêmes ambiances de mauvais garçon. Ainsi le titre "Tales From The Barside" aurait pu figurer facilement sur la disco des Bostoniens. Et puis quand The Filaments tape dans le ska, le roots de blanc, on n'est pas dans UB 40. L'énorme "Tomlinston's Ghost" est là pour le prouver. Avec "Insult To Injury", c'est carrément le fantôme de The Clash qui est convoqué.

 

The Filaments a ainsi l'excellente idée de varier leurs ambiances, n'hésitant pas à se placer, par exemple, dans la case du Punk HxC de malade avec les furieux "Tables Turn" ou "Pisstake". L’influence de Rancid se fait alors diablement sentir avec un côté braillard jubilatoire, en plus. Le chant est d'ailleurs, de par sa verve crachante, un gros atout du gang. Jon Fawkes (comme Guy donc) constitue ainsi un solide frontman, avec son timbre à couper au crandouf. Le genre oblige évidemment les vagissements de rude boys houblonnés en soutien. Les amateurs de Dropkick Murphys retrouveront peut-être certaines de leurs touches commandos pogo quand les Bostoniens oublient le bignou pour un temps. Et alors que "If I Did Believe" se la joue presque rockabilly, on se dit que les Londoniens ont vraiment pas mal de cordes à leurs frondes pour balayer le spectre du keupon d'hier et d'aujourd'hui, le fort en odeur, celui du prolo, pas le post de l'introverti.

 

The Filaments a accouché d'un album accrocheur en diable en posant leurs propres rangeos dans les traces des plus illustres sans démériter à aucun moment.

photo de Crom-Cruach
le 16/02/2015

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements