The Firstborn - The Noble Search

chronique The Firstborn - The Noble Search

« … Attends, attends, écoute celle-là: un groupe de viking black metal du Burundi, avec un rappeur coiffé d'un casque à cormes derrière le micro!

* rires * - T’es trop con! * rires * Bon à moi. Euh… Du depressive doom-calypso from Papeete. Disons qu’ils s’appelleraient… Dark Archip’Hell!

* ouarf & hîn-hîn-hîn en cascade *

- A moi, à moi! Tiens, le pur truc improbable: un groupe de dark/goth metal blackousant mené par des bouddhistes portugais …

- ...Et qué s’appellorio The Firstborn!

- Gné? C’est nul comme nom: on avait dit drôle »

 

The Firstborn, ça n’est peut-être pas tordant comme blaze – moins que The Bouddha-Pandas from Porto, c'est sûr –, mais la vérité vraie c’est que le groupe existe, qu’il s’est formé à Amora (c’est là-bas que la mayonnaise aurait pris semble-t-il), qu’il a déjà 4 albums à son actif et qu’il pratique un metal sombre, de coloration gothique, empruntant largement à la scène black metal, mais également – plus sporadiquement – aux musiques extrême-orientales, ceci via l’utilisation d’instruments exotiques comme le gong, le tabla, la sitar, les maracas et autres "boîtes à Pouët-Pouët".

 

Les 8 morceaux de The Noble Search sont souvent longs et ambitieux, ce qui – en ajoutant dans la marmite la nationalité du groupe, une certaine spiritualité, et le savant dosage gotico-dark-beuhmeu ci-avant évoqué – ne manque pas d’évoquer la silhouette de Fernando Ribeiro et de son illustre rejeton Moonspellien. A ce tableau il faut également ajouter une touche « stoner fumette doomeuse » qui contribue grandement à la nonchalance mélancolique ambiante, l’alliance de cette dernière avec l’imagerie « Si tu vas à Katmandou, ramène moi 2 barils de chakra STP » évoquant parfois l’image d’une procession de hippies neurasthéniques se rendant clopin-clopant en pèlerinage au Temple de la Sandale Sacrée.

 

Vous le sentez sans doute, ce mélange inédit est relativement riche en possibilités. Et nos amis ne se privent pas d’essayer un peu toutes les options à eux offertes, quitte à parfois se vautrouiller, comme sur un « Water Transformation » bien long et trop mou. Moins affriolant encore, le goth rock plaintif de « Śūnyatā (The Wisdom of Emptiness) » s’avère par moment particulièrement pénible. A noter encore – pour rester sur ma lancée diatribesque, mais néanmoins sans animosité – que vous aurez intérêt à kiffer le black-psyché-doom apocalyptique pour vraiment profiter du grand final « Ocean of the One Vehicle », parce que ça englue autant le moral que les shoes de tels au-revoir…

 

Heureusement, la mixture ethno-dark-métallique pratiquée par les portugais opère aussi pour le meilleur, comme sur « Illumination of the Five Realms » par exemple... Et plus encore sur « Flesh To The Crows », qui propose un black/death véhément rehaussé des éléments stylistiques propres au groupe, plus quelques voix rappellant étrangement Orphaned Land, le tout pour un rendu excellent. « In Praise of Reality » mérite également qu’on s’y arrête, notamment pour ses élans mélodiques fougueux, sa dimension épique (nom de Zeus, quel panache lors de la chevauchée fantastique démarrant à 0:55!) et sa fusion world metal extrême particulièrement fructueuse.

 

The Noble Search se présente donc comme un excitant laboratoire où sont pratiquées des expériences d’hybridation tantôt mouaif-bofesques, tantôt superbes. Les amateurs de metal sombre devraient trouver que la qualité moyenne de ces expérimentations est particulièrement élevée, tandis que ceux qui préfèrent le death au black, évitent comme la peste les geignarderies du goth et ne jurent que par la fusion groovy trouveront parfois le temps long. En tous cas on ne peut que conseiller aux amateurs de se ruer sur les 2 opus précédents, ainsi que sur le 4e et dernier album, Lions Among Men, qui prolonge plus loin encore le trip.

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: dark metal plein de spleen, black metal blasté, gongs de temple tibétain et hippie-doom se donnent rendez-vous sur The Noble Search pour vous proposer une expérience qu’on serait bien malhonnête de ne pas trouver intéressante…

photo de Cglaume
le 18/08/2013

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