Torve - The part where it kills you

Chronique CD album (23:01)

chronique Torve - The part where it kills you

Tu sais quelle est pour moi la ville la plus rock de France ?
Non, pas Clisson. Pas Belfort, non plus. Ne cherche pas, il ne s'agit pas d'une ville qui accueille un festival quelques jours et tente de capitaliser dessus tout le reste de l'année pour faire rentrer du fric dans les caisses de ses commerçants ou gonfler (pardon, on dit "dynamiser" dans le langage des collectivités territoriales) les chiffres du tourisme local.
Non, la ville la plus rock de notre pays, qui ne donne pas la part belle qu'à la variété, au rap de supermarché, à la chanson lisse : c'est Besançon.

Ouais. Besançon. Dans le Doubs. 116.000 habitants : Capitale du rock hexagonal.
Et j'te l'dis sans trembler des genoux.
J'ai grandi avec des groupes de Besançon au début des années 2000, j'ai forgé ma culture rock sur ces groupes (Gantz).
Je me suis souvent demandé : pourquoi ? Pourquoi y'a t-il (eu) autant de bons groupes à Besançon (dont Gantz) ?
Pourquoi pas à Paris ? Pourquoi pas dans ma région (on a le temps en plus avec tout ce chômage) ? Pourquoi les Franc-Comtois arrivent-ils à prendre une dimension artistique dont les traces sont si importantes des années après leurs splits qu'ils sont ont parfois le statut de groupes "cultes" (à défaut de ne pas avoir été populaire, la France n'étant pas un pays de rock) ?

La réponse est là dans un reportage de France 3 Franche-Comté de 1986.
 


 

Une quinzaine d'années après sa création on a pu y voir l'éclosion de groupes avec des musiciens toujours actifs, créatifs...ou qui ont fait des petits. Aujourd'hui, même si la culture prend un coup dans la gueule depuis des années pour des raisons politiques, sociologiques, financières...et maintenant sanitaires, il y a toujours un petit chaudron qui mijote à Besançon qu'ils soient ou pas intégrés à des programmes d'accompagnement culturel. Avec dedans des petits jeunes...et d'autres dont le CV commencent à bien se noircir.
Les membres de Torve appartiennent plutôt à la seconde catégorie même s'il y a ici une rencontre presque...intergénérationnelle.
Dans sa biographie, le groupe a été formé en 2017 avec des membres de Horskh (ça en fait bander une paire par ici), Sorry for yesterday, Second rate (ça ça m'a bien fait triquer aussi) et Aura. Je ne sais pas si les noms te parlent, mais si ce n'est pas le cas, sache que ce ne sont pas des manchots : les quatre bonshommes sont plutôt à l'aise dans leur art.
Oui, mais voilà, un trop plein d'aisance est parfois synonyme d'ennui, alors les membres se sont efforcés de sortir de leur petite zone de confort et font d'une pierre deux coups avec Torve.

Ils s'épanouissent personnellement et créent une sorte de rock hybride que votre humble serviteur ne saurait résumer en deux mots pour lui coller une étiquette.

C'est insaisissable mais pas inaccessible. Structurellement, la leçon est bien apprise, hyper classique, avec des morceaux dont la durée est comprise entre trois et quatre minutes avec une certaine recherche (et richesse) mélodique. Ces allures conventionnelles, qui peuvent paraître un peu sages pour les plus aventureux sont balayées par le fond, l'écriture, le mélange des genres.
Un peu screamo, un peu rockin'core, math, post-hardcore 90's, punk-rock : ce groupe est l'affiche d'un festival à lui tout seul.

Une certaine (allez, je vais dire le mot) "fraîcheur" (la honte, quelle expression de merde) se dégage de The part where it kills you : c'est blindé d'énergie, de bonnes idées tout en s'appuyant sur un socle rassurant pour les oreilles les moins aventureuses.

 

 

photo de Tookie
le 07/05/2021

1 COMMENTAIRE

pidji

pidji le 07/05/2021 à 21:55:27

Second Rate, punaise tu sors les excellents souvenirs là... Du coup je vais jeter une oreille attentive 😁

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