Totimoshi - Ladrón

Totimoshi - "Ladrón"
chronique Totimoshi - Ladrón

J'ai menti à Pidji.

Je lui avais dit OK pour m’occuper d'une chronique du dernier album du trio mexicano-américain. Sauf que non. Je vais commencer par évoquer mon préféré (je n'ai toujours pas écouté le dernier en date), avant tout. Vous comprendrez peut-être pourquoi, si vous prenez le temps de lire autre chose qu'une série d'onomatopée abrégées et de petits bonshommes jaunes relativement expressifs (des signes pour des singes).

 

Sur Ladrón tout spécialement, Totimoshi a écrit des chansons. C'est à dire que les mélodies sont essentielles et fouillées, obéissant à un cycle qui leur est propre, une certaine logique narrative, dirait-on. C'est un compliment, là : les meilleures musiques sont celles qui nous racontent des histoires. Oui, c'est la force de la bonne musique, je crois.

Alors, que ce soit réellement des chansons, ici, ou non, on s'en cogne. Totimoshi parle vrai, à notre imaginaire, à notre cœur, et diffuse un rayonnement d'une réelle beauté, enveloppant et chaud, quelque chose qui fait du bien à l'auditeur, vraiment ! Totimoshi est bon. Comme dans « bonté ».

Mais pas seulement : tout cela est aussi délicieux que de se réveiller un matin, se laisser aller, faire l'amour à moitié endormi, et finir par étaler son sperme perlé sur son ventre chaud. Et se rendormir après un dernier baiser, tendre et rédempteur.

Bien-sûr, la douleur est passée par là : on la distingue dans les rides au coin des yeux, dans les cals sur le corps, dans les vieux os, dans les muscles raidis, à travers les regards fatigués. Car Totimoshi est tragique, parfois. Prenant, presque tout le temps. La voix nasillarde et cassée a un charme fou, comme si elle ravalait sa colère et sa frustration.

Je ne m'étendrai pas sur la guitare, tout simplement unique, aussi bien dans le son, que dans le jeu complètement à part. De la nonchalance gorgée de soleil à la rage oppressante, passion brûlante, transcrite à la perfection par des doigts abîmés, fiévreux, mais agiles et tellement expressifs. Des doigts de travailleurs, des mains d'homme, mûr et affirmé, des mains qui ont vécu et vivent encore, avec intensité.

Et que le disque soit produit par machin-truc, qu'est-ce que ça peut foutre ? Ce genre de trivialité n'intéresse que les frustrés sexuels qui se vengent sur le répertoire vaguement exhaustif des références.

Car ici Totimoshi s'adresse à l'âme (quel que soit ce truc-là, ce cliché), chante l'amour et la perte, l'espoir, la loyauté et la trahison, bordel !

Bordel !

 

Alors non, je ne citerai pas d'autres groupes, je ne citerai pas de titre de chansons, je ne parlerai même pas de style. Je m'arrêterai là.

Écoute ce disque, avec tes amis, avec ta femme, avec ton homme, en buvant un bon verre de vin, en baisant comme de chauds serpents, ou en festoyant gaiement. Chante, tape dans les mains, vis.

C'est tout ce que donne ce disque : envie de vivre. Plus longtemps, plus fort.

Merci Totimoshi.

photo de El Gep
le 01/03/2012

2 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 01/03/2012 à 09:53:46

Excellent disque, "The Dance Of The Snakes" est tout simplement terrible. Le meilleur de Totimoshi pour ma part.

Geoff FaTbaStArD

Geoff FaTbaStArD le 02/03/2012 à 11:44:51

La classe en somme

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